ESSAI DE RÉFORME RELIGIEUSE
bourgnSestres et avoyers des États-villes, et des laniJammans des États • campagnards.
Dans Tintérieur des cantons, l'union ne régnait pas davantage entre les autorités et leurs ressortissants. A Berne, la gouvernement, serviteur trop docile de la France, fut obligé de déposer ses pouvoirs entre les mains de la bourgeoisie. Celle-ci les lui rendit ensuite, satisfaite d'avoir donné une leçon à Guillaume de Diesbach et à ses partisans.
Dans rUnderwald les gens de l'abbaye d'Engelberg, excités par la famille orgueilleuse de Scbaderower, déclarèrent formellement ne plus vouloir reconnaître pour leur seigneur le prince- abbé Ulrich Stadler. 300 hommes des cantons protecteurs du couvent, Lucerne, Schwyz et Underwald, sous les ordres de Pierre Russ, occupèrent la vallée, et le conseil de guerre condamna à mort le chef de la révolte, Jenni Schaderower. Mais le noble abbé refusa de signer la senlence. « A Dieu ne plaise, dit-il, que je ratifie une condamnation capitale de celte main qui bénit au nom d'un Dieu de miséricorde (i486)*.
Les rapports entre l'Église et l'État, améliorés par le code ecclésiastique de 1370, n'en donnaient pas moins lieu à bien des querelles. Une grande cause de désordre était l'usage qui s'était introduit en cour de Rome d'accorder aux nombreux solliciteurs italiens ou suisses, des bénéfices non vacants pour être occupés après la mort du titulaire. Cet abus en entraîna un autre. Les papes, donnaient quelquefois à ces solliciteurs ou courtisans, comme les appellent nos chroniques, des bénéfices dont la collation appartenait aux chapitres ou aux gouvernements suisses. Une double nomination de ce genre causa la guerre de Moûtier- Grandval, où les corps francs bernois soutinrent le prévôt de leur canton, nommé par le pape Innocent VIII, contre le prévôt lucernois, élu par le chapitre. Le traité de Courrendlin, en restituant à l'évéque de Bâle, souverain de ce pays, la propriété du territoire, en soumit les liabitants aux Bernois a titre de protégés, combourgeois et auxiliaires jjerpétuels.
Berne profita de son crédit auprès du pape Innocent VIII pour obtenir la suppression de l'ordre teutonique et le remplacer par un chapitre de chanoines. Mais les gouvernants bernois, si forts quand il s'agissait de dépouiller un ordre religieux et de s'enrichir à ses dépens, ne montrèrent aucune fermeté dans une affaire qui intéressait au plus
' Fassbind, Gischi^hle von Schwyz, II, 134. — Businger, Geschichie von Tinterîcalden, n'en dit mot.— Voir Liebenau, Blicl'e in die Geschichte Engelbergs, 1876, 31. Le savant Lucernois se borne à dire que la grâce de Jenni Schaderower fut accordée à la suite de diverses sollicitations.