‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 53 sur 77 · ESSAI DE RÉFORME RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

ESSAI DE RÉFORME RELIGIEUSE

levêque de Coire faisait la guerre au duc de Milan, Tallié du roi de Naples, en lutte avec le pape Innocent VIII. Engadins et soldats de la ligue Grise se précipitèrent comme une avalanche sur la Yalteline, brûlèrent Chiavenna et contraignirent les Visconti à rendre à Tévèque la vallée de Poschiavo, ancienne dépendance de son siège, moyennant 14.000 florins. Poschiavo dès lors resta Grison et libre (1487).

Les Grisons et les Confédérés de plusieurs Etats prenaient part auK guerres du duc Sigismond d'Autriche contre Venise, qui perdit 6,000 hommes et Thabile général San Severino dans une bataille Hvrée sur les rives de l'Adige. Au même temps, 8,000 Confédérés combattaient pour le roi de France Charles VIII, fils et successeur do Louis XI, à la journée de Saint-Aubin le Cormier où H, 000 lansquenets tombèrent les armes à la main. Un capitaine saint-gallois, Spâting, y fit prisonnier le duc d'Orléans, l'allié de François II, duc de Bretagne (1 488).

Six ans auparavant Zurich avait déclaré la guerre k ses alliés et bons amis de Strasbourg pour un mauvais drôle nommé le chevalier de Hohenbourg, dont les richesses considérables faisaient à la fois le crime et le mérite. L'intervention des Confédérés arrêta les hostilités. Hohenbourg, abandonné de tout le monde, fut condamné à mort et exécuté à Zurich comme entaché du vice de Sodome.

Grâce k son patriotisme, l'évêque de Sion, Walther Supersax était redevenu le maître au temporel comme au spirituel du Haut-Vallais. On lui remit aussi l'administration du Bas- Vallais conquis sur la Savoie, et dont celle-ci avait dû faire abandon pour toujours. La noblesse du Bas- Vallais se vit supplantée par des fonctionnaires dévoués au prélat. Les pauvres, en revanche, y gagnèrent par la libération de toute autre charge que le service militaire. Plusieurs membres de la famille Asperling avaient marché avec les Savoyards ; la diète vallaisanne les déclara coupables de forfaiture, et séquestra leurs biens.

A la mort de l'évêque Supersax, ce fut le fameux Silinen, l'agent de Louis XI, qui fut élu par le chapitre. Ce Silinen, que son rôle dans les guerres de Bourgogne pourrait faire prendre pour un intrigant vulgaire, se distingua par une administration éclairée et bienfaisante. Il releva la cathédrale de Sion, bâtit des châteaux, des ponts, des églises, institua des bains, fit exploiter les mines d'argent de la vallée de Bagnes.

Mais le cours des prospérités de cet épiscopat fut interrompu par une guerre avec le comte d'Arona, Vital Borromée, le protégé du duc de Milan et de Waldmanu de Zurich. Le Vallais avait pour lui les Lucernois, combourgeois de Silinen. Les gens du comte d'Arona continuant k maltraiter ceux de l'évêque de Sion, ce dernier envoie son frère Albin

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