‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 21 sur 72 · Intei'Fègiie. — Confédérations «liverses · texte numérisé non relu

Intei'Fègiie. — Confédérations «liverses

Les temps de l'interrègne (on appelle ainsi les vingt-cinq années qui s'écoulèrent depuis les désastres de Frédéric jusqu'à l'avènement de Rodolphe de Habsbourg) sont une période de calamités pour l'Allemagne. Pendant que les sept plus grands seigneurs de l'empire^ s'arrogent cà eux seuls le droit d'éhre l'empereur et vendent leurs suffrages au plus offrant, étranger ou indigène, les guerres privées, les brigandages des seisfneurs ne laissent aucune sécurité à l'agriculteur, à l'artisan, au voyageur. Le droit du plus fort (Faustrecht) règne en maître dans l'empire et met en péril la liberté, la propriété et l'existence même de quiconque n'est pas assez puissant pour imposer aux oppresseurs.

La situation des villes libres, au milieu de ce désordre, était extrêmement critique. Isolées, elles n'auraient pu songer à se défendre; elles eurent recours à Y association, unique moyen de salut qui se présentât à leurs regards. Deux grandes ligues ou confédérations se forment alors en Allemagne, la Hanse ou liajue commerçante dont Lubeck était la

^ Ochs, Geschichie von Basel, I, 331.

^ Les archevêques de Mayence, Trêves, Cologne ; le roi de Bohême, les ducs de Saxe, Bavière et Brandenbourg. On donne dès lors le titre d'électeurs (Churfursten) à ces princes.

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tête et le liJieinhund^ on ligue de 50 villes rhénanes (1250-50), dont faisaient partie les trois villes libres de Zurich, Berne et Hàle.

Gomme nous l'avons vu [);ii' l'alliance des Waldslîotten et des villes, la Haute- Allemagne n'avait pas attendu ce moment pour comprendre le prix de la maxime : r union fait la force. Mais le sentiment du danger communiqua un nouvel élan aux alliances ; de toutes parts ou renouvelle les anciennes et on eu conclut de nouvelles, l.es Lucernois, alors engagés dans une guerre avec les liernois, se réconcilient avec eux et jurent amitié pour cinq aFis avec celte ville et ses confédérés (Eidgeuossen) de la IJourrjorjne (15 mai 1251) '. C'est ici la première apparition de ce nom, depuis si célèbre dans l'histoire et le droit public de la Suisse. Par ce traité avec Lucerne, les Bernois s'engageaieFit à mettre dans cette ville en cas de guerre une garnison de 50 hommes.

Les confédérés de Berne étaient les bourgeois de Moral, de Laupen, les libres paysans du Hasli, et sans doute aussi les Fribourgeois, avec lesquels la ville de Berthold V venait de renouveler à perpétiiilé sa combourgeoisie zacringienne (20 novembre 1243). Une étroite alliance unissait déjà Fribourg aux petites villes de Payerne (1225) et d'Avenches (1239)* . Menacés par l'ambition de la Savoie, Tt-vrijut' et les dizains du Vallais recherchent également rap[Mii de Berne et concluent à Louëche une ligue de dix ans (confederationem et pacis vinculum), pi'emicr traité connu de ce pays avec leurs futurs confédérés \

Pour être devenus les alliés de Berne, les Lucernois n'avaient crarde de laisser se relâcher leurs liens avec leiu's bons amis et voisins, les habilants des forêts d'A'////v'mo/i/ aiiï Outre-lac* , comme disent les chartes.

L'établissement des Tribus est un autre produit de l'esprit d'associalion (pii se manifeste à cette époque. Les tribus appelées aussi corps de métiers, abbayes, coid'réries (en allemand Znnftr), n't'laienl daii» le principe (pie des sociétés d'artisans et. dans ('cilaiiics villes, elles n'eurent d'aboi'd aiicniie signilicalidii poliliiiue bien niai'ijiu'e. mais (laii> d'autres elles U(\ lai'dèi-enl [);is à [n'einire une iin[u)rlance mililaiiv et

' « Allen (l(Mi (lie difscii Uriet* solioiit iiml lurrent \V(>ii](Mi wir chuomltMi \\'n\ ilor ^ S('liiiltli(M/»Miii(l (lie niiri^MT von Uimmi nml nllcr nnser citi^noze von lîuorgomlon. » Ixoi))), rrhundtit, 1.

- La proniiôiT aijijinro (•()nnno de l'iilioui^ avec lîorne est do rannéo 1225. li'aeti» est seellé d'nn sei^ui de ijrande dimension avoe ces mots : SiijiUinn de /-Viliiinin in Ihnutundia. Ce seeau a i»oui* eniMème une tour à trois crénoaux, symbole de la villt» t'orte, avec une denii-lune dont on ne eonnait pas le sons ot Taiglo dos /au*iui!;en.

•' K'opp, dcschirlttc, liucli IV, lMU. L'alliauee valaisanne est du I7 juillet 12r>2.

' Waldlut, Intramontani (innerhalb deni ïSewo). Kopin rrkumlai, I, .').

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