LES TEMPS DE L'INÏERRÈGNE
politique. En plusieurs endroits, Tusage s'introduisit de marcher au combat par tribus et par familles; souvent aussi le vote pour l'élection d'un magistrat se faisait à la tribu. Les édits prohibitifs des empereurs purent en retarder, mais non en empêcher l'établissement dans la Haute-Allemagne. Bàle et Zurich prirent l'initiative de cette institution ; elle s'établit ensuite à Berne, Schaffhouse, Saint- Gall, etc.
L'institution des abbayes à Bàle date des premières années du Xlir^^ siècle \ Le miheu de ce siècle est marqué dans la même ville par l'établissement du premier bourgmestre, qui précéda de peu d'années celle du premier landamman dans la vallée d'Uri ". Dans les autres cités, comme Berne, Soleure, Fribourg, le premier magistrat se nomme avoyer. Il en est de même dans les petites villes favorisées de la liberté impériale, comme Morat, ou dotées de privilèges par les seigneurs puissants qui voulaient s'attacher les bourgeois de ces localités. L'usage des sceaux et des hannières date du même temps et marque dans la vie des peuplades de la montagne et de la plaine le moment où elles arrivent à la pleine conscience de leur valeur morale et prennent, pour ainsi dire, possession d'elles-mêmes^ .
L'autonomie des villes se manifeste encore par la création des C0x\- SEiLS de douze ou de vingt- quatre membres que présidait l'avoyer ou bourgmestre. Ces magistrats, nommés d'abord par les seigneurs ecclésiastiques ou civils, sont élus ensuite par la bourgeoisie et composés de chevaliers ou de nobles et de bourgeois notables (bons hommes, prud'hommes). A Bàle cependant on voit déjà figurer des artisans parmi les conseillers dès 1239 et les chartes (Handfeste) données par les évêques consacrent toutes l'existence d'un conseil composé de chevaliers, de
^ Les plus anciennes abbayes sont celles des marchands, des vignerons, des merciers. Elles sont suivies de celles des cardeurs de laine, des boulangers, des maréchaux, des tanneurs et des cordonniers. Les pelletiers datent de l'an 1226, les tailleurs de 1260. Plus tard, se forment les tribus des bouchers, des charpentiers, des maçons, des jardiniers, des tisserands, etc.
^ Le premier bourgmestre de Bâle fut Henri Steinlin (1253), Heussler, Verfassimgsgeschichte der Stadt Basel, 1860, 154. Bourcard Schiipfer est le premier landamman d'Uri, en 1273. Blumer, scliweiz. Democratien, 120.
^ Le plus ancien sceau bourgeoisial est celui de Zurich, au. commencement du Xir^e siècle. Celui de Berne est de 1224 ; ceux de Fribourg et de Bâle datent de 1225, celui de Soleure de 1230, celui d'Uri de 1243, ceux de Schwyz de 1282 et d'Underwald de 1291. Quelques paléographes nient que les sceaux soient un signe de liberté et disent que de simples serfs ont eu des sceaux. Voir de AYailly, Éléments de Paléographie, et Henri Bordier de Genève,] Le Griltli et Guillaume Tell, Genève, 1869, 31.
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bour^^eois et d'artisaiK^'. A Frihoui^, la population piiiiutive Cit >L-iii(iée en hauts et petits bourgeois (burgenses majores et minores) et la composition du conseil des vingt-(iuatre devait olïrir également l'image de cette dualité politique.