‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 3 sur 72 · Conjuration d'Orgétorix (de Cl à 58 av. J.-C · texte numérisé non relu

Conjuration d'Orgétorix (de Cl à 58 av. J.-C

L'issue déplorable de l'expédition des Cimbres n'avait point éteint l'esprit d'émigration et d'aventures chez les Helvètes. Sous le toit du pâtre et du chasseur on s'entretenait chaque jour encore de la beauté du climat et de la fécondité du sol de l'Italie et de la Gaule.

Un chef ambitieux sut tirer habilement parti de ces dispositions de

^ Partie de la Bavière, de rAiitriche et de la Styrie.

^ Jean de MuUcr avait placé le théâtre de la victoire de Diviko sur les bords du Léman et même près de Villeneuve (Pennelocus). Tite-Live dit simplement: Sur les frontières des Alîohroges (in finibus Allobrogum), et Orose, autre écrivain latin, que l'action a eu lieu vers VOcéan (qu'on a transformé en Léman). Mais Mommsen a prouvé, à l'aide des meilleurs textes de Tite-Live. qu'au lieu d'' Alîohroges il fallait

ses compatriotes. C'était Orgétorix ou [)liitût OrcUirix\ dont le nom celtique ^v^\\\^\ii chef des cent vallées. 10,000 vassaux et esclaves faisaient paître ses troupeaux et cultivaient ses terres. Il avait, en outre, un»^ foule de clients et de débiteurs à ses ordres. Considéré chez les Helvètes, il ne jouissait pas d'un moindre crédit clnv. les chefs gaulois du voisinage. Il se lia avec plusieurs d'entre eux dans le but de s'em[>ai'er de la souveraineté de toute la Gaule. En même temps, il travaillait les principaux du {leuple lielvète pour les engager à émigrer avec lui el aller s'établir sur les bords de la Garonne dans la Gaule méridionale. « Quittons, disait-il, un sol ingrat à |)eine suffisant pour nourrir se> « habitants et leurs troupeaux, et qu'il nous faut disputer aux (ier- « mains. Si l'émigralion précédente n'a pas réussi, c'est qu'elle « n'était [)as générale. Parlons en masse, personne ne pourra ré- « sister à nos armes et nous régnerons en maîtres sur toute la « Gaule*. »

Ces discours émurent tous les esprits. Une assemblée générale décida que l'émigration aurait lieu, et donna deux ans à la nation pour se préparer à cette grande entreprise. Pendant ce temps, on sème le blé nécessaire, on se procure les chariots et les bêles Je somme destinés au transport: on s'assure la coopération des Haïu'aijues. des Boïes, des Tulinges et des Lalobriges, sans négliger, cela va sans dire. le concours des tribus gauloises sur le territoire desquels doivent passer les émigrants.

Chargé de ces négociations, Orgétorix en profita pour s'allier jtlus étroitement aux chefs éduens et sécpianes: il donne sa fille en mariage à l'éduen Dunniorix, le plus grand ennemi de Home ilans ces contrées, et fait lVap[)er des monnaies d'argent en riionnenr de cette alliance conclue sous les auspices {\q<^ divinités gauloises '.

lire NUiolmijes^ jiri'S d'Aî^cn, et (|ut^ c'(''tait vn ciVct ])ivs de l'Oi-ran y\\\o l>iviko avait vaiiiru Cassius. Aussi ost-co ilans ces mrmos contrées, dans le jkws îles Santons (Sainton^'e),(|ue les Helvètes comptaient (lirii;er leur seconde éniii^ration, comme on le verra plus bas. Tons nos énidits, Kellcr et dcoim' d(> Wyss, (îisi, etc.. sont «raccord sur ce point avec Momin-^oii. Mais le patriotisme local et le l»ean tablean de Cilevrc ont iiopnlarisc roi>iiiion contraire vers la(]nelle stMnble iiudiner anssi M . Vnllicniin (///.s/onc dr ht < 'oiih'ilrrddoti suisse, 1, 11». [.ansannc. ISTrii.

' ("(>st le nom qu'il porte dan^ los monnaies il(^ lui qu'on a trouvées on (iaule et dont nous parlons plus loin.

■^ César. 1. L».

•■' Ces nuMuiaics ont sur l'avtM-s la tîuMire de la déesse Artémis avec le nom des Kdnens (l'.duis) et sur le rev«M*s se trouv»» i^ravé le nom d'Orcit'irix. avec nn mirs qui était le syndude de cette «léessi^ et non nn si/mholt- uaiioniil, nn ours île Herne. comme le croit M. de la Saussaye. M. Mommsen a voulu attribuer ces monnaies à

Mais au moment où Orgétorix se croyait assuré du succès, ses menées sont découvertes. Ce chef audacieux est accusé de trahison et cité à comparaître. Craignant le sort qui lui était réservé, Orgétorix s'entoure de ses vassaux et brave les juges. La nation entière alors est appelée sous les armes, et Orgétorix sans doute n'eût pas échappé à la peine capitale, si on ne l'eût trouvé mort dans sa demeure.

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