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avait bien mérité de Rodolphe, en célébrant sa victoire sur le roi Ottokar.
Grâce à ses savants et à ses poètes, Zurich, connue seulement jusqu'alors comme centre religieux et commercial, prenait rang parmi les villes littéraires. Elle était aussi, depuis Arnold de Brescia, un foyer d'opposition religieuse. L'hérésie de ce disciple d'Abélard se perpétuait par la parole et les écrits, malgré les savantes réfutations qu'en avait données le moine Frowin d'EinsideIn, depuis abbéd'Engelberg (1178). Un cordonnier bernois, nommé Berthold, se fit le chef de la secte des frères du Ubre-esprU, et détruisit le cloître de Riiti, à la tête d'une bande de fanatiques (1216). L'inquisition sévit contre eux. Le dominicain Humbert en livra plusieurs aux flammes dans le Gouggisberg (1277). Un franciscain de Bàle les poursuivait dans les environs de cette ville où Honoré d'Augst répandait ses idées mystiques et comparait le monde à une immense harpe où tous les tons discordants « doivent se fondre en une harmonie parfaite et divine. »
Les fils des Alpes avaient pris part aux dernières croisades, comme aux premières. Celle de 1204 fut prêchée par l'abbé Martin de St-Alban, à Bàle, et entraîna beaucoup de monde. La première croisade de St-Louis (1248) fut suivie par beaucoup de nobles Vallaisans. Des Bàlois, en nombre, partirent également pour la seconde et dernière croisade de ce prince (1270) '.
Les croisades, malgré les horreurs qui les souillèrent et les calamités dont elles furent accompagnées, eurent les suites les plus heureuses pour l'émancipation des peuples et de l'esprit humain. Que de droits donnés ou vendus aux communes à l'occasion du départ des seigneurs pour la Terre-Sainte! Que de serfs, devenus soldats de Dieu et libérés par l'Église ! que de seigneurs durent la vie k leurs serfs dans ces guerres lointaines et apprirent k connaître et k honorer la dignité humaine !
L'étude du droit recommence k cette époque. Les épreuves judiciaires perdent de leur prestige et sont remplacées peu k peu par le droit écrit. Le spectacle d'un combat singulier fut cependant donné encore en 1288 k Berne, où un homme et une femme combattirent en champ clos et ce fut la femme qui l'emporta. Nous en trouvons encore quelques exemples dans les siècles suivants. Les juges ignorants sont remplacés par les légistes. Aux us et coutumes observés dans une grande partie de
^ Furrer et Oclis ont donné les noms de ces croisés. On y remarque des Mônch, des Schaller de Bâle, des Blandrati, des Walter, des vom Thurn (de la Tour) dont plusieurs prirent feinmcs et enfants avec eux. Geschichle von Wallis, I, 91.
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l'empire, on commence à substituer des codes uniformes et réguliers, comme le Miroir de Souabe (Schwabenspiegel) qui régissait la Haute-Allemagne. Zurich eut son code spécial ou Hiclitbrief, copié ensuite par Constance et par Schaiïliouse ; Lucerne, sa lettre des jurés (Geschwornenhrief de l^ôl). FriboiH\L% Berne, St-Gall, Hàle, avaient leur flandfeste ; le pays de Vaud, les statuts du comte Pierre. L'usage des jugements sommaires, sous un vieil arbre, le tilleul d'Altorf ou celui de Montpréveyres, près de Lausanne, se maintint cependant encore longtemps dans la Haute-Allemagne.
La constitution des villes subit des modifications importantes. Le pouvoir des baillis impériaux décline progressivement et se confond de plus en plus avec celui des avoyers et bourgmestres. Un grand conseil de deux cents membres s'établit à Berne à la fin du XIII™"^ siècle et tend à remplacer les assemblées générales delà bourgeoisie. Une tentative des tribus pour arriver au pouvoir échouait à cette époque et provoquait la création de la magistrature des 10, dont i par (piartier. L'avoyer Jean de Jioubenberg était à la tète du parti de la résistance aux ti'ibus ou corps de métiers (1294-1295). A Zurich, au contraire, ville [»lus démocratique, les assemblées générales se conservèrent et avaient lieu au son de la cloche, sur le Lmlcjif tuf ou place des Tilleuls. Le code municipal ou Richtbricf de l'an 1304 interdisait cependant encore aux artisans l'entrée au Conseil. A Bàle, au contraire, les artisans siégeai»Mit. comme nous l'avons vu, dès le milieu du Xlil'"'' siècle, à côté des chevaliers et des anciens bourgeois*. A Berne, des prêtres siégeaient avec les laïques.
L'institution des Unnnerets introduit un nouveau rouage dans le gouvernement de Berne et Fribourg à cette épocpie. Les baniierets étaient à la fois chefs politicpies, militaires et civils des divers (juartiers d'une ville bourgeoise. En temps de guerre, ils étaient porte-étendards et ca[)itaines des hommes de leur (juartiei-. Porlei- la bannière était un grand honneur au moyen âge; [)erdre la bannière, une tache inelTaçable. C'est (jue la l)annière était le symbole d(^ la puissaiici» et des hberlés d'une ville.
Le droit de bourgeoisie s'acijuérail alors aist'inent. Dans plusieurs cités devenait bourgeois (|uicon(jue avait séjouriit' un an et un jour, sans avoir v\v réclamé par un seiL^iuMU" du voL^inajc. l'.u (•eitains
' l>nns (Ttto viUo, lo (Nmsoil se composait, «mi IJTl, «lu liouriîincstro, ilf» qu.itrt» rlicvaliors, dr liuit ancinis hoiirirrois ou patrii'irns (liosol»lrrlit«MiO «^t de «jiiinze artisans commo rcpirscntants dos oorps do motiors ou Zunjic.