‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 40 sur 72 · ORIGINE DES LIGUES GRISONNES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES LIGUES GRISONNES

joui d'une sorte d'unité politique, grâce aux armes redoutées de ce petit souverain, aussi favorable aux communes que terrible à se^ advei'saires du clergé et de la noblesse. Mais, après sa mort, l'anarchie féodale reprit le dessus. Quatre seigneurs principaux, Sax, Rhsezuns, Werdenberg-Sargans et Montfort, disputèrent le pouvoir à l'évêque de Coire, qui ne pouvait oublier le temps où il commandait à toute la Rhétie, du haut de ses châteaux de Marsoil et Spinoil. Ce prélat avait aussi à tenir en bride les bourgeois de Coire, ardents à profiter de toutes les occasions d'accroître leurs privilèges. Non moins attentifs à étendre leur puissance, les ducs d'Autriche, devenus maîtres du Tyrol (depuis 1364), contraignirent l'évêque à devenir leur vassal (1392). L'évoque chercha un point d'appui dans l'union avec son peuple, et permit que ses sujets fissent alliance entre eux (12 octobre 1396), alliance renforcée quatre ans après par une ligue avec Glaris, plus tard encore, par un traité analogue de 50 ans avec les Zuricois (1418). Telle fut l'origine de la ligue Caddée (Casa Dei) ou Maison-Dieu, la première des trois fédérations grisonnes.

Dans la première partie du XV"^^ siècle, l'histoire traditionnelle de la Rhétie offre une analogie frappante avec celle des Waldstsetten dans le siècle précédent. Les mômes attentats à la pudeur, à la propriété, à la dignité humaine, y auraient eu pour résultats les mêmes actes de légitime défense, les mêmes conjurations, et, enfin, l'établissement de confédérations identiques pour le maintien des droits de tous et la résistance k la tyrannie. Mais tout cela avec les traits particuliers qui distinguent ce pays, le plus original et le moins connu de la Suisse actuelle. Peut-être aussi la tyrannie, en raison du nombre des nobles et de l'isolement des vallées, y fut-elle plus horrible que partout ailleurs. Enfin,, comme dit l'historien populaire des Grisons, Henri Zschokke :

Quand l'iniquité fut arrivée à son comble, il se trouva des hommes de cœur qui se levèrent pour défendre leurs droits éternels et. ranimer le courage des montagnards abattus.

L'un de ces hommes fut Adam de Camogask, dont le seigneur du château de Gardovall convoitait la fdle unique. Dites à votre maître que je la lui amènerai moimême demain, dit Adam aux h^avi ou satellites envoyés par le tyranneau de la contrée. ^

Le lendemain, le père tint parole et conduisit sa fille, parée .comme une fiancée, au château de Gardovall. Mais quand le seigneur accourut au-devant d'elle pour

^ De ces scènes d'audace et. de violence l'histoire authentique ne dit rien, et si nous les transcrivons d'après les chroniqueurs indigènes, Campell entre autres, c'est parce que nous croyons que les traditions grisonnes comme celles des Waldstœtten renferment un fond de vérité historique.

OFtlfilNt DKS LIGUES «JRISONNES. liOo

l'emhriiSSfT sous les yrii\ de son père, cclui-ii tira >nii ('jir»' »'i la jiloiiLçea dans le sein (lu tyiaii. Le iiièine jour, les paysans asseuililés livrèrent aux llanniies le château (Je Gîudovall.

Un autre nom (••'Irlne dans les traditions «rrisounes est relui de Jean Gaïdar uu Cliialda'iai', de i^'aidun. Viiyaut un jour son rlianip l'oid»'- par les elie\;iu\ (jue le sire du village avait fait lAelier dans les blés de ses seiis, il assomma ces animaux, de sou poignet vigouicux. Mis aux fers et torturé pour cette action audacieuse, il dut allendie que les siens l'eussent ra(dietée à force d'arj^^eiit et de larmes.

Pu'iidii il sa famille, il était un jour à table avec les siens, hjisque le seigneur de F\irdun eiiti'a dans sa cabane. Tous le saluèrent respectueusement ; mais le tyran lança sur eux des l'egards de mépris, et cracha dans la bouillie «pi'ils mangeaient. La colère de Chialda-iar s'alhmia comme la toudie : il le saisit à la gorge, le sei"rant de ses deux maius, comme l'aigle des Alpes serre sa proie : .« Mange la bouillie fpie tu as assaisonm-e ! » Il dit, enfonça la tète du misérable dans la nourrituie brûlante et l'étrangla. F*uis il courut hors de sa cabane. Des cris d'alarme retentirent. Le château de Fardun s'ècroida dans le sang et les llanmies.

Le désir de mettre fin au.x. maux dont >outïrait la Hiiélie, donna lieu aux mémorables réunions de Trons, entre Ilanz et Dissentis. Ces réunions étaient formées des députés de 21 communes allemandes et romanches, auxquels se joignirent les sires de Werdenberg, Sa\. ILfzuns et le noble abbé de Dissentis, Pierre de Pontainnga, que plusieurs auteurs grisons désignent comme le promotion- ih' rulhunce. Ce prélat était allié d'Uri depuis l'an 1407. Le Kî mars 1 i2i, ces seignem's d»» concert avec les dé[)utés dei^ (Jommuncs de la Haute-Uhétie, beaux vieillards à barbes blanches, vêtus de sarraux gris, s'assembb'rent en plein air, sous l'érable de Trons, et jurèrent luie alliance (jui devait durer •< :iu»i longtemps (jue le sol lui-même et les cimes escarpées {so Idwj Grand luul iinith .slelit^).>y Ainsi se forma la Haute Lii/iic (Obère Hund) ou Lif/in' Grise (Graue Hund). Le nom de Grisons s'étendit à toutes les peuplades d'alentour, même à une partie de celles qui vivaient ^\\v les di^maines du riche coinle IViMlcnc \'ll de Toggenbourg, dont la donunalion s'étendait au loin dan^ le N'oiailberg et le Tyrol.

Peu de temps aprè>. ('eliii-ci uKuniit sans enlanl>, et, ccMuinc l'on craignait avec raison (|ue sa succession ne lit naître des difticullé.s sérieuses, on tint luie assend)bv des (b'puté's d{'< jin'ulK'tions qm, dans les montagnes de la Ulu'tie, di'qu'ndaienl de la mai>on de Toggenbourg. Il en vint de Davos, de KIosters, de kastels, «le Sclners. d«» Seewis, de .\Lilans, de ALiyenleld, dehrlfort. de ( '.hnrwald.'n. de S(-|ianlik. L'Irir ht'dy. de Da\o>. lils de landanunaii. et l.iiidiniiii.in Ini-inèini'. présidait

^Spgesser, viJfjrmissischc Abschiak, de 1 IJl à U77 . »1. Voir le toxto dans Tschoiuli, L 1.'):). Moor, I lisiorlsch-Chwnolofj» W'efjtvciser thnch thc GciichicMe C'iir-

ntdni^. C'hur, 1873, 27.

MisrniKK sris><i:.

'iO!) OUKilNK DES MGUKS OUlSONNIvS.

r.ij^seniblée. Ils diroiil : « Piiisijiie la, mort <lii romlo de Toprpeiiboui',u !ioiis a leiidii notre liberté, faisons dans celte [)arlie des montagnes nne li^Mie semblable k celle de la Maison-Dieu et à h ligne Grise; respe^Uons les droits d'antriii, mais défendons les nôtres; nnissons-nons à la vie et à la mort. Nnl ne ponrra citer nn citoyen devant nn tribnnal étrangei", ni former an dehoi's nne alliance, sans le consentement de tous. QnaJid on aura reconnu riiéritier du comte de To^uenbonrc, nous ini remetlions son béritage, mais nous ne Ini permettrons pas de dissondi'e noire ligne. » Ayant ainsi jiarlé, ils scellèrent leur alliance [>ar nn sei'menl solennel le 8 juin on le veinlredi après la Fêle-Diende l'an 1436. Telle fil lorigine de la ligne des Dix juridictions on da^ Dix droilares (Zahugericblebnnd)*.

Les andacienx bourgeois de Coire [irorilèi'cnt des circonstances i>onr abaisser le pouvoir de l'évinpje, qui fut obligé de s'enfuir secrètement de la ville.

La fondation i]e> trois lignes est la base «le la confédération grisonne.

La lif/fie Grise s'.dlia, en 1 4*25. avec la ligne de la Muison-Dieu. Quatre ans après, les D x Juridictions contractaient déjà wna alliance du même genre'. Ces trois ligues étaient encore indépeiidanies les nne> i\('> autres. Cbaîjue commune même agissait souvent j)Our son compte. Cliarune (h> lîgui;s avait sa (béte, ses m igisti'als. son sceau, ses archiv*'s et sa bannirre. Lii(! levait ses contribulioiis |)arîicnlières et nommail à to!i!' de rô!(* les biillis (K3> pays >ujels. Le bourgmestre de Coir*' éîail II! clicf de la ligne de la, Maison-Dieu, le landimmaii de Davos, le clief de la, ligut; (Ls Di\ Jui'idiciiorls. Mais de la divcrsilé devait naître nne union {\{i> connnunes et des ligues pareille à relie ih^ co;nmuiies et ligues suisses. Depuis \Ml. les députés (l(v> li'ois ligues grisonnes se réunissent cbatiue année an bameaii de Vazei-o!.

Mal!ieu!'(':is{unent poiii' la Khéhe. r(^\t!nction de la dynastie de T()ti;L;enbouru et dt' cel!e (]^i-^ barons de lïa'ziins profila aussi à, la maison (rAuîi'icliL' . ilonl li's ac(]u silion< successives dans l.i //////r des Dix Droitures el dans la injue Grise" favorisaient les visées and)itieuses dans et' pays.

' St'gosscr, il». It)',). — Wegireiser, 27. — Couradin ton 3IoJi)', Co kx dipJomalicus^ I I, f)!.

'^ I'Vt linîind Meyer, Scliiveiz. Dlusemn, II, 207.

•' Klostrrs, Davos, lielfort. Clmrwaldon, Scl)aiifick et Langvvies, le Prettiiîau antt'riem, Dheisax Teiina, Riezims. Strie Jer, Lchrh. der ScJuv. Cesch., 2 Aufl , 122.

CHAIMTUK IV

i>i: i.A ouKUHE civir.K i>l: zukicii

AUX GUERRES DE ROURGOGNE (de 143« a 1474)

1. I*r€»iiiièr<' KU<»rr€' «•ivil<». — Alli}iii<*<' s<''|»arôi' «!«' Ziiri<'li a\ec* l'AiitrM'he. Iiitcrvt'iitioii fruiK/Hisc suivit' clc la i>ai.\ avec la France et Xurieli. (14»(> à 1460.)

PiMidiiiit (juc l;i mort du coinle <lc To^^ciihoiirL' appelait h's (iri-<»ii> À\ la lil)(M-tt''. L'Ile avait (ie5 suites tout opposées chez les Suisses, ou •elle alluniail les torclies de la guerre civile.

Il faut chercher les causes princi[iales de cette i^'uerre d ii)> l'éjoisine •ambitieux et jaloux de deux Fatals coFilédérés el les l'ivalités dlioiinuo puissants, excitées au dernier point par (V'> pi'élentions exclusives à la •succession einhi'ouillée et litijjieuse du comte de TonLienhour::.

Le comte FrédtMMC VII élail mort saii^ eidanl^ à Feldkiich (le iiO avili l'illf)), el avait ('IT' iidiumé ave.- le caNiiue cl le lnuirlier. comme le derniei* de sa race. Il laissait vacaiil-. d,iii> l:i h lul" Allc- 4na;^'ne, l(!s pays de To.jnenbouru, LIznacli. de la Mari'hc >up''n('nre. du <iasler, du Klieinthal, Sar^u.ms el les Dix jiukIicIimh^ ou didituieN.

I)e noiidireux luM'itiers se pi'éM'nterent pi>iii- partager la riclit'

«(lépouille du comte ; sa \eiive Klisahelh d alioid, dont la |io>itio;i n aNait

■pas été ré;jlée d'uiit' nniiii'n' d 'liiiitive ; di'> ro»i>i!i> L:eianiin> el r>>ii>

^le L!ermain^ du nom île Uav.uns. Karoime. Ib'weii. To-'iienhouru.

NVei'denherL: : le (\\\r dAuliiclu', sii/.iMain du (ainile di'liinl. p(Mir

le Voraiiheru . ria>ter el Saruan<: le< l']tat> de /iiricli cl de

Schwyz, se> alliés, aux(juel> il a\ail promis o;i ilniiin"' ci'rtaiiie> sei-

«jneuries; eiiliii. I empereur lui-même (SijiNinond |>oiti'(a' titre dcpin-

son coiiroiinemt'nt a Uoiiie. I 'lili» i. ijiii. inldiiiu' de lali'^ciKa' de te<-

iainent iéL:iilier, la'clamail le loLiLienluMn'u connue liel niidc de 1 Cmpiie.

D'un antre côl»'. Ie< >\\\c[^ du défunt paraissaient j>en diNpoM'> a

laisser l'éL'Iei' K'iir soit par de^ tier>. lU avaii'iil iK'vant eux l'exemple

■(les Ih.i .lui /(l/Chons ijui Ntiiaieiil ile loiiner nue lune indépendante.

Ksnéraiit airiNcr an même n'^iiîtat. (Ciix d l /.iiacli v[ Aw ToL'L'onliourj

(haut et bas) s'érigèrent en une seule commune et instituèrent des ma^iistrats et des capitaines chargés de défendre les intérêts généraux du pays. Les gens de Gaster et une partie de ceux de Sargans, au contraire, préféraient rentrer sous la domination autrichienne, prévoyant bien que si cela n'avait pas Heu, ils seraient réduits à la condition de sujets de Schwyz ou de Zurich. Telles étaient, en effet, les vues de ces deux Etats, naguère encore si amis de la liberté des autres peuples et ne rêvant plus maintenant que conquêtes et agrandissement. Cette politique nouvelle était représentée par deux chefs puissants, le bourgmestre Rodolphe Stiissi, à Zurich, et le landamman Ital Reding, à Schwyz. Le premier était Glaronnais de naissance, mais ne s"en montra que plus acharné contre ses compatriotes, quand ils eurent fait cause commune avec Schwyz contre Zurich'.

Reding et Stiissi sont deux des plus fortes individualités de notre histoire. Doués de cette volonté inébranlable qui fait les grands caractères, et de l'éloquence nécessaire pour émouvoir le peuple, ils étaient aussi braves capitaines qu'habiles diplomates. Aux qualités de l'esprit, Stiissi joignait une force de corps extraordinaire et une taille imposante,, qui frappait tous les regards dans les cérémonies publiques. Gréé chevalier par l'empereur Sigismond, on avait vu ce prince s'entretenir familièrement avec lui pendant deux heures, en présence de tout le monde, dans la ville de Rome, où Stiissi s'était rendu comme chef d'une députation suisse à l'époque du couronnement. Sigismond, il est vrai, avait fait peut-être encore plus d'honneur à Reding, et avait logé dans sa maison à Schwyz en se rendaint en pèlerinage à Notre-Damedes-Ermites. Mais, autant le bourgmestre de Zurich était fier, impérieux, irascible, autant le landamman de Schwyz était froid, tenace et prudent dans la combinaison et l'exécution de ses desseins. G'est par là. qu'il devait l'emporter sur son adversaire. Tous deux, au reste, manquaient de ce noble esprit national qui place les intérêts et la gloire de la commune patrie au-dessus des intérêts et de l'honneur de chaque canton en particulier.

Déjà du vivant du comte Frédéric, profitant d'un accès de mécontentement que faisaient éprouver à ce seigneur l'orgueil de Stiissi et la perte d'un procès à Zurich, Reding avait réussi à obtenir en faveur de Schwyz la cession de la Marche supérieure. Zurich, en revanche, obtint de la veuve de Frédéric la promesse de la cession de Sargans et d'Uz-

' « Moi aussi, je suis Glaronnais, disait alors Stïissi à ses compatriotes d'origine, « et je serais heureux de vous considérer comme de braves gens » (c'est-à-dire dévoués à Zurich). Chronique (VEdlihacIt.

(iUKKUi: civiu: dl zuiiicii. '4i)*J

iVcich. A la mort du comte, Kedin,^ et Sliiisi, bien loin de songer ii former des Etats vacants du Toggenbour;i un nouveau membre de la li;.^ue suisse, redoublent de moyens artificieux ou violents pour faire reconnaître leur domination sur ces contrées : « Sachez, dit Stiissi aux « hommes d'IJznach, (jui lefusaient de prêter sei'ment aux Zm'icoi<. « que chez vous tout nousappai'tient, jusqu'à vos entrailles. »

Mais ce langap:e brutal, bieii (|u*il s'adressât h des serfs, produisit nu tout autre ellet (|ue celiu (iircn attendait li' bourgmestre de Zurich. Le Toggerdjouiy, Uznach et le Gaster se donnèrent ;iu\ Scjiwyzois, dont le landamman, liai Keding, prenait tous les jours plus d'ascendant dans la (^oulÏMlération, (ll.iris, en particuliei', et son landanunan .lost Tschoudi >ul)issaient complètement rintluence du ni.ipistrat schwyzois. Keding i-attacha délinitivemenl les intérêts de (ilai'is à ceux de Schwyz, en lui olfrant la coiouissance de^ pays eïi litige. Un seul des |),'iys vacants. Sarg;in> ( nioins l:i ville encore», jura lidT'Iitê aux Zui'icois.

Ces dei'uiers fui'ent uuli-(''s au plu> liaiU [xiini de m- V(.»ir eidever une grande partie de riiéritage, à racfjuisitiun duijuel ils avaient voué tant de sollicitude et de peines. La propositioii des Ktals neutres de faire <les pays en litige des bailliages connnuns e( iinlivi- de- trois cantons. Schwyz, (ilaris et Znnrli, lui lejelée avec dédain par ce dei'uier. l)an> un moment oii la (lix'llc lai>ail soulfrii' les cantons. Zurich Ici-uie ses marchés aux Schwyzois cl à Icnis alliés. Craignant la guerre civilf. la diète s'assemble, le S It'vrit'r l'i-'J7. ii Lucci'ne et nomme dix-nciil arbitres pris {lai-ini les magi>lral> le> plus di^linjut^ de la Ci"»nledei-ation'. Dans cette diète. Schwyz et Zurich plaidèrent leur cause avec une passion extraoï'dinaii'e et se [)rodiguèr('nt l'outi-agc et les sarcasmes. Stiissi rappela aux Srhuy/.ois leur fichi'li'' à Arbcdn. lieihng paiia de ScIkcii et (les aulre> Iraitits de Ziiiacli. Le lainlainuian .lost Tsclunidi nul fin ;i celle M*ene >caudaleu>e en piniioncaiil ((K par«>les qui devraient ètr(' gravées en lettres d'or pai'Iout où Idn >'(»('cupe tles alTaires publiques: « Uappel)'/.-\(tUN iiuc ntMi> NninmeN ii-i piun- dt'hbérer non >nr le> [lei'xMini'^. mai^ >ni' 1»'^ choses. » Le^ di\-iienl arbil!'e<. tniil fii i'h(M"clianl à iiii''iiaL:i'i' /iirii-h ilaii^ li'> It'iiiie-. pronoih'eicnl eu lavt'ur de S(-h\\\/. el de (ilaris. doni le dioii d,' (•()inbour:;e(»isie avec le Toggenboiirg. L/nacli el (la-lei* clail inaiiili'nii. p-MidaiU i^w relui de Zurich avet' Saijan> elail eiivi>aL:e coimne dmileux el >ounn> ii Lacceptalion dii x'i^neur du Ih'ii. I<' (•mnli' IbMin de Wt'rdenberg {\) inai*s

* Soijosser, rithienossishv Ahschitiïe^ Ce 1 121 à 1477, apj>»'iulice 7G1. — I>luutsoliIi,

^Cn'srhirhtf drr Iù'i>ubli!: Zurich, I. :UÎ).

1437 \ Une seconde sentence rendue le 23 avril suivant vint confirmer la première. Les efforts tentés par plusieurs États confédérés et une foule de villes impériales et autres (Bàle, Constance, Strasbourg, Fribourg en Uechtiand, Havensbourg, Lindau, etc.), pour amener \m rappi'ochement, demeurèrent infructueux.

Les Zuricois, plus irrités que jamais, renouvelèrent leurs mesuresprohibitives. Schwyz et Glaris s'en plaignirent à Tempereur Sigismond, qui intima aux Zuricois l'ordre formel de rouvrir leurs marchés à leurs voisins et confédérés (juillet 1438). Cet ordre fut réitéré par le roi Frédéric d'Autriche, troisième du nom et petit-filsdu duc Léopold, tué à Sempach. Mais le gouvernement de Zurich n'en tint pas compte, pas plus que des représentations des diètes de- Lucerne, Kappersch\vyl,Zoug. Un certain nombre de Zuricois modérés^ et animés d'un esprit patriotique, à leur tète le bourgmestre Rodolphe Meyss, le collègue de Stiissi depuis trois ans, ayant osé faire entendre des propositions conciliantes, cette minorité honorable se vit en butte aux outrages du parti dominant de Stiissi. Le bourgmestre Meyss fut déposé, jeté au VVellenberg et remplacé par une créature de Stiissi'. Une nouvelle diète assemblée à Berne étant demeurée aussi infructueuse que les précédentes, Schwyz et Zurich prirent les armes. Mais^ Uri et Underwald se portant en armes sur le mont Etzel, aux limites des deux cantons, parvinrent à empêcher une collision imminente (mai 1439). La médiation de l'avoyer bernois, Henri de Boubenberg et celle des magistrats de Strasbourg, ville alliée de Zurich, prolongèrent le maintien de la paix jusqu'en novembre 1440, où les deux Etats entrèrent de nouveau en campagne, chacun avec 12 ou 1500 hommes commandés, les uns par Stùssi, les autres par Ital Reding. Uri et Underwald armèrent également et s'avancèrent jusqu'au pont de la Sihl, où ils tinrent une espèce de Inndsgemeinde pour savoir de que\ côté se rangeraient leurs bannières. Les Uraniens penchaient pour Zurich, lorsque le banneret de cette vallée, Werner Zur Frauen, entrant dans le cercle formé par les guerriers, l'étendard à la main, parla en ces termes : « X Dieu ne plaise, s'écria-t-il, que je porte la bannière « contre ceux qui sont restés fidèles au droit fédéral, en faveur de ceux

* On voit figurer parmi les arbitres : Rodolphe Hofmeister, avoyer, François de- Scliarnachtal, Rodolphe <le Riniroltingcn, et Hans von Muhleren, de Berne, Antoine Russ et l'ancien avoyer Hertenstein, de Lucerne, Henri de Beroldingen, landamman d'Uri, Hemmann Spiegelberg, avoyer de Soleare, etc.

2 Bluntschli, Geschichte der Republik Zurich, 1847, I, 394. Rodolphe Meyss, dit cet historien, se retira des affaires et, brisé par la douleur, vécut dès lors étranger à la politique.

'( (|iii ont co ri s la m mont refusé de s'y sonmellre. » Ces paroles éneri:i(jnes entraînent les gueri'iei's d'Cri, dont l'exemple L:aL:ne l'ndei'waM, et, bientôt a[)i'es, tous les rontedérés'.

~ Attaqués de tous les côtés et saisis d'urie ternMir pininue à Pf.ellikoii. les Zuricois sont obliçîés de capituler. Mais, oubliant a leur loin- la modération et la justice, les vainqueurs C()ntrai,iznefit les Zuricois à acheter la pai\ par la cession île la contr«'e <jmi lun;:e le [lied do l'Kt/.el (l'^'- décembre 1^(0)^

La Confédération ne larda pas à recueillir les fruits d»* celle Iri^le politi(|ue. Les Zuricois, exaspérés de la perle <le leur leiialoire, oublient tous leurs eiijjaLjements envers la Confédéralion el la;!uerre qu'iU avaient faite au duc Prédéric, doiii ils avaient détruit le cliàleiu d«' .Nidbei,:, à Saruans, et s'allient à [lerpéluilé ;ive»* la maison il Autnclie, [lar le traité séparé d'Aix-la-CIiapelIti (17 juin l'ti:2). LtMoi IVéd«''ric IIL reçu en triompliedans ItMirs muiMilles avei: un corl«''i:e de lOtX) t*lievau\. voit rai;j:le d'or de l'empu'e IIoUlm' sur le iriMud moùtiei" fi li plupart des bourgeois se parer de la |)lume de paon ou de l;i croix rou.u'e des ducs dWulriclie. Le dimanche ^IJ septembie. toute la bour-^eoisie préit» serment à l'empu'e, puis jure alliance ()erpéluelle avec l' Aiitiich.'. \ peine un (lelit nomlwe d'Iiabilaiils, restés (idcics à ralli.iiicc ctcriicllt'. osent-ils encoi'e arborer hors des fenélres la (jucuc, d»' x.iclic ou la cn.ix blanc-lie, (jiie [)ortaient l(!s partisans de la Confédération. Hieiitôi le parti suis.se est réduit au silence par rarrivéed'uneu'arnison autrichienne commandiîe [lar le margrave de Ifochberg, gouverneur de rViiinclie antérieure, et Thuring de Hallwyl, oflicier du duc, <pii prend le commandement de la [)lace de Zurich. KntL'îs par des promesses fallacieuses, et par radlu'sion de Ha[)perscli\vyl, Winlerthour, Diessenholen, et d'aulres villes aulrichieniuîs. les Zuricois se llallent d«''j;i de deviMiir I.' noyau et la télé d'une confédéralion nouvelle. L'Aiitrich(\ de son côi.'. es[)ère bien rei'ouvrer tous ses domaines, imi i'oinmtMi«;aiit [tar l'Ai .:o\it'. Knhardi par l'alliance zuricoist^ et la ilésunion d(Vs ctuilV'déivs. Ii' roi Frédéric III rehise à ('es derniers la conlirmation di* lem s pi i\iléges, (jne

* liiuNMMio onvoya IJOO hoimiips, Zom; 100, \W\i\o '0O0. Srliwy/. ot (îlaris avai«Mit mis sur \)\od liOO ) Imimncs; tri (>t l'iiderwild, î>0<). liluutsclili, I, :\<-2 ot suiv.

'M'f.pftikoM, Wolloraii, lIiinltM» ot l'ilo (1'I'1\mkiu. ilans !<• l.ic il»» Ziirirli. — M. niimtschli, tliiiis son Ifi^fiurf ({u Droit Jt'<itr(il, no \vou\o pas iju»» les rotulitions faites à Ziiricli t'ti>s(Mit trop dures. .\|)rès i-c ([ui s'itait i)nsst' ot la nert»^ do tout 1« ur territoire, la cession faite t\ Sehwyz, dit-il, était peu d,» cIms,» (|, :Vx\\. IMus loin, rcpendaut, M. IMuntsehli est tori'«' d'avouer ipie cetti' i-ession. toute uuuiine tpi'elli' «'tait, a\ait laisse un aiguillon dans le coMir des Zurieois, aux<pi«ds il paraissait (pi'uiu^ eou(|uète taite par un Ktat de l'allianee sur un autre avait quelque chose d'antitëderal, I, loo.

les députés des cantons étaient venus de nouveau solliciter auprès de lui à Zurich, comme ils l'avaient déjà sollicitée en vain à Francfort; la députation schwyzoise y fut même l'objet de démonstrations blessantes.

Enfin la guerre civile éclate de nouveau (mai 1443). Première guerre générale de Suisses à Suisses. Les Zuricois sont battus à Freyenbach parles guerriers de Schwyz, leurs retranchements au Hirzel forcés par les soldats de Lucerne, Uri etUnderwald'. Une diversion tentée par Stiissi et Hochberg du côté de Blikenstorf, sur le territoire de Zoug, échoue. Bremgarten, assiégée par les confédérés et défendue avec intrépidité par les Zuricois, qui veulent maintenir leur portion de souveraineté sur cette place, est prise et livrée aux llammes. Le sort de Bremgarten effraie Baden, qui aurait voulu rester neutre et se voit contrainte d'ouvrir ses portes aux confédérés. Ni la tour de Riimlang, ni les forteresses de Grûningen et de Regensberg ne purent résister aux Suisses. Pour comble de revers, l'armée bernoise longtemps indécise, se décide à joindre ses armes à celles des Schwyzois victorieux, après une délibération tumultueuse des soldats de ce canton à Langenthal.

Réunissant leurs forces, Schwyz, Uri, Underwald, Glaris, Zoug et Lucerne passent l'Albis avec 15,000 hommes pour marcher sur Zurich. A la nouvelle de leur approche, l'armée austro-zuricoise, emportée par la fureur, brave lordre des chefs autrichiens Rechberg et Hallwyl, et vole au-devant des Suisses, conduite par le bourgmestre Stûssi. L'action s'engage dans les prairies, entre le village de Wiedikon et la chapelle de Saint- Jacques (le 22 juillet 1443). Les Zuricois et leurs alliés combattent avec acharnement, mais sans ordre et sans disciphne.

Tout à coup, 200 jeunes gens de Schwyz, auxquels Reding, un des chefs suisses, a fait attacher la croix rouge des Autrichiens sur la poitrine, pour abuser l'ennemi, tombent sur ses derrières et en font un grand carnage. Une terreur paniqué s'empare de l'armée austro-zuricoise, qui se débande et repasse dans la plus horrible confusion le pont de la Sihl. Le bourgmestre Stûssi, imposant par son héroïsme et ses cheveux blancs, se place au milieu du pont, et brandissant sa hache d'armes : « Arrêtez ! citoyens, arrêtez ! » Mais un citoyen de Zurich, nommé Zurkinden, lui crie d'une voix terrible : « Tout le mal nous

^ Au nombre des morts se trouvaient un Meyer de Knonau. chef des troupes zuricoises, un Landolt , un Trinkler. — Les Waldstsetten perdirent aussi beaucoup de monde: des Liitishofen, Zelger, Jauch, Imhof, Zweyer d'Evebach. Jean Piintiner, un descendait du héros d'Arbédo, sauva le drapeau d'Uri dans cette journée. Les gens de l'Entlibouch sauvèrent également le leur, criblé de cent coups de lances et de traits.

(.LtIUU. CIMI.h l)\. ZLltlCH. jii

vicMit de loi, (jne la foudre t'écra>e! » et lui i)a.s>e sa lance au travers du corps. Le bour^imestre tombe avec Tracas dans >on aFinure. Ami>. ennemis, tout passe sur son cadavre, et se précipite vers les portes de la ville'. Elle eut été envahie, sans la présence d'espi'it d'une couraL'euse femme (la ti'adilion la nomme Anna Zieglerj, (jui lit tondjei' la lierse et donna ainsi le temps à ses concitoyens de se rallier |»nur repousser les confédérés. Ceux-ci se ven^uèrent sur lefaubouriz «jiii fut pillé et réduit en cendres. S'asseyant ensuite au milieu des cadavres sanglants, les vainqueurs boivent et uKuigent à la lueui* de l'incendie i|ui dévme le faubourg et les villages voisins. « Voilà, dit Jean de Mull»;r, les maux de la auerre civile. »

Ce n'était là que le prélude de [)lus grandes liori'eui's. be> soldats glai"onnais ayant reconnu le corps de Stiissi, (pie son orlirine Ifiir faisait envisager comme un traître, le mettent tout nu contre un arbre avec des rpieues de paon au nez et dans Tanus. lui arrachent le civwv avec les dents, enduisent leui-s chaussures de sa grais<»^ et jetlfut >e> restes mutilés dans les (lots de la Sihl.

Après avoir campé trois jours devant Zui'icli. 1»'^ confédérés levèivnt le siège le (piatrième jour pour allei- allaiiuer le unuviMU l\apper>cli\\\l. dont les habitants, hommes et femmes, se défendirent avei- la ménir intrépidité (ju'en 1)]88, après la bataille de Na'fels. l^endant le siège «le Happerschwyl, l'évèiiue de Constance, Hem'i de lleweii. tidèle à sa mission èvangèliipie, chercha à négocier un armi>tic(\ pui> une paix définitive. Ses tentatives de conciliation trouvèrent de l'écho dans le parti fédéral zuricois, auipiel la mort de Stiissi avait rendu le eourage et une certaine iiilliience au sein des conseils. Le> membi'e> les |)lus considèi'ablcs de ce pai'ti, le conseiller .lean Meyss, h'ei'e de l'ancien bourgmestre Ibidolphe Meyss, ses collègues .lean Hlunt>chli et riman Triukier, fuient envoyés à la diète de Hadeii. et truuvanl les conditions (|u'on leui* faisait très acceptables pour Zurich, ils conclurent la paix de leur [>ropre chef et >ans attendre raulorisalion du gouvernement (\r leur ville. Ces conditions ('taieiit tpu' Zurich renoncerait à l'alliance aiitiicliKMiiie. moM'iiiiaiil i|iimi toutes ses possession- bu seraient rendues et les choses i'ètablu»> sur l'aiicien pied imai- I i i V).

' M. Miiclvlcr [l.rltrhiicln tlii : ^^ J\r f^tarh von (hr Jlund ('in>s Miti'ini/ers. » M. r.lmitsilili «'st moins ('X|tli(it«' et dit : « les uns aUirment 4iril (\<t nu»it «le la V. nuiii» (l'un /micois, Zurlviiulen ; les autres de relie des Suisses (I, «lini. * I>ans une (Miqnrtc taite à /miili, en juin 1111, sur les cruautés des eontV'diTé.s pendant lii uuinrc iMtcediMite. deux t'enwnes (Melehtilde l.einibacher et Klisabetli ."M.lnNerin) aUirnuMit avoir vu tu(>r Stiissi par les Suisses, avec les circonstances révoltantes d(»nt il «>st parlé jiius loin. Théodore de Liebenau, Inthcateur (Vhi^toiix suisse^ \>1'2, '2M et L*;5S.

Mais les chefs du parti austro-zuricois n'avaient consenti à la trêve et aux négociations qui suivirent que dans Tespoir de gagner du temps. Ils s'étaient même adressés aux cours de France et de Bourgogne pour en obtenir des secours contre les confédérés. Exaspérés par un traité qui ruinait toutes leurs espérances, les chefs de ce parti, qui étaient alors, outre les chefs autrichiens [)roprements dits, le bourgmestre Schwarzmaurer et le bailli Relier, répandirent les bruits les plus odieu-c contre les généreux auteurs du traité de Baden. On les accusa en plein grand conseil d'avoir trahi les intérêts de leur ville, calomnié le bourgmesti'e Sttissi, et de vouloir faire du landamman Reding le patron et l'arbitre des Zuricois. Les négociateurs repoussèrent avec indignation ces attaques, et leur justification trouvait faveur auprès de l'assemblée, lorsque da^. cris de mort retentirent aux abords de l'hôtel de ville, où était réuni le grand conseil. Le peuple de Zurich, trompé par des démagogues et des agents autrichiens, demandait la tête des malheureux auteurs du traité de Baden. Une troupe de forcenés avait déjà pénétré dans la salle. Le grand conseil, intimidé, vota la mise en jugement des cinq négociateurs, (jui fiu*ent aussitôt conduits au Wellenbei'g, au milieu des imprécations d'une multitude égarée et furieuse. Le même jour, un tribunal, présidé par le bailli Relier, condamna à mort ceux qu'on regardait comme les plus coupables. Meyss, Trinkler et Bluntschli fui'ent mis k la question et décapités sur le marché aux poissons, martyrs de leur zèle pour la paix et de leur patriotisme fédéral' (4 avril 1444). Dix autres citoyens éprouvèrent le môme sort et tombèrent sous la hache du bourreau, comme complices des trois négociateurs \ Une foule de braves gens furent punis par la prison, de leur attachement à la Gonl^dération et de leur fidélité à l'alliance éternelle. Le traité de Baden fut déclaré nul, et l'arbitrage de l'évoque de Constance ou des villes impériales offert pour la forme aux confédérés. Ceux-ci repoussèrent avec indignation celte offre dérisoire et se remirent en campagne, en accompagnant celte prise d'armes d'un énoncé de leurs griefs adressé à deux des princes de l'empire, l'archevêque-électeur de Cologne et le comte palatin du Rhin'.

Tout autre sentiment que celui de la vengeance était éteint chez les confédérés. Ils mirentle siège devant Greiffensee, forteresse zuricoise défendue par Jean de Breitenlandenberg, surnommé Jean le Sauvage. Après quatre semaines d'efforts inutiles, désespérant de s'emparer de la

^ Bluntschli, Gesch. der Rcpublik Zurich^ I, 427.

^ Strickler, LehrbuchderSchweizer-Geschichte. Zurich, 1874,96.

^ Segesser, eidg. Ahschiede, de 1421 à 1477, 176 et 177.

(JLKIIRK CIVILK I)K ZL'HICH. ^!5

place, ils allaient lever le siège, lorsijii'uii paysan «lu tjailliapi <le (jreiiïensee montre aux assaillants un en«Iroit où le ch;Ue;in ponv.iil aisément être entamé par les machines de L:ii»;rre. Dans ce «langer pressant et ne recevant pas de secours d{i> /iii-icois, la garnison se lendit .à discrétion.

C'(''t;iil, dit un ('lironicjiit'iir /.iiii.cois |ii<'S(jiie conlcmpor.iiii, I»' nuM'credi av.-int la Poiito('(M(\ 27 iii:m «li; l'an liii. L»'s maiiicun'iix prisonnij'rs, an ju)mliri' «1»' 72, (losceiidirent du cli.lu^aii pardcséclu'Ilt'SL't furtMit aiissitùt ^^arroUi's et rondiiits nus dans ntio prairie où l'arNU'e suisse tout entière se forma en ronseil de j^uerre ou plutùl en IdniUjjcmeindf. pour prononcer sur leur >nit. Le landainnian (lai f»edin«5 opine le pieinier et demande (pie luns soient mis à nioit sans exception. « Oui, oui, (pi'ils meurent tons, s'énient les guerriers altérés de vengeance. •> Néanmoins, un oHicier zougois, linlzacli de Men/.iiiL^en, ose (nivrir un avis opposA à celui du larouclie landaunnan. " C.oid'é.léii's, diî-d, re> liomiues, après tout. n'ont lait (pie leui" d(^voir, les uns en citovens ou eu suj(»ts (idéles à li'ur ville, d'autres au service du seij^neur (pii les avait pris à sa solde, (le sont pour la plupait de pauvres i^ens chargés diî l'am lie. (".ruyez-moi, cpari^nez le s;in^ inimceiit et iMi pn)vo(piez pas la c-iléi^e de Dieu par vod.' injustice. •> « f^onfédérés, reprend TuMlin^-, n'écoutez pas cet hoiiuiH^; il a encore (K; la [»iume de paon dans le cirnr. On'ils meurent sans exception. » Des Imrlements furieux suivent ce discours ipii entraîne la maj(Miié, et h; honi'rean de PuM'iie e>t invité' à remplir xui (errible niiiii>lére. i.;i t('le de .le.iii le Sanvai»"e tomhe la preiuiéie. Klle est suivie de plu>ieinN autres. I.e lumri'eaii s'ai réie oi rei^arde les ju'j^es d'un air siipplianl. •• Fais loi) devoir, lui dit rK^linj»-, du un autr(* le rtMiiplira sur loi-mé'!iit\ ■• u Le droit impérial, dit le liduireau, m'accoivle le di'oit de faire ^ràce au dixième. ■> -< Nolic rè^le ici est le droit fédéral, -> reprend l'inexorable landamman ; alors toniluMit les li'Ies de .lean Oit, de Denzler, de .lean Ksclier, de Zurich.

La nuit étant survenue, liediujj fait allumer {U'> l(U('li('s de paille pour éclairer <'ette scène sanglante. L(irs(pie la soixante-deuxième tète fut tombée, liediii}; s'éloigne enlia de et* llii'àtre d'iKUTeui". Dix hommes seuls avaient trmivé gri\ce i\ cause de leur jeumsse ou de Iimic âge a\an(é V <( ('l'jdiir-là, dit \\i\ bivioi ii-u zurirois,

' (-'(vst la versioinriMIi!» icli, le c1iro)i(|neor d»» Zurich et hiwu-tils de Waldmaim. Mais l'épisode du bouinvui coinj)atissant a trouvé <li's cootradiiteiirs. (\ir ce in>MMe boiTrreau (pii , i);ir parenthèse, s'aiipolait Ulrirli et non Pit^ie , comme rap^>ellr> Kdliltaeli, l'ut assassiné «laiis iio«« aulierL,'e de Friltouri;, l'année suivant»'. La correspondance do Uerne vt do l''ril)ouruf pul)liee par le (ieschicldsjorstht'r (Vill) ne dit pas, il est vrai, que ce filt eu haine de son ci ne! ministère ;\ (ircitTensee, mai;» en raison de ses paroles hautaines et provi>cantes (J<i4 fuufi und lippi^jr r-v/). La Chronifjne zuricoi'^e ftttii!)ue le principal rôle dans cette trag«die :\ Ital lledinjjf le vieux, landaininan d(î Scinvyz. Niais il résulte do deux lettres écn.V.s* pnr /r-î r.iliitditirs drs tnmjies Inrrruoi^'i à Irnr (jouvitumrnt on date des 2:1 et 27 mai, donc la veille et l'avant-veille du drann» sanglant, que sans rint(TviM\tion d(* Uedinç. la sentence eiU été la même, tant ranimo.'ite était grande. Les troupes de cliacnn «les Ktats confédérés ayant délibéré à part et non dans une landsifemeinde générale, IlediiV!:: n'a pu exercer l'intlneitce que hii prêtent les chriuuqiieurs /.uricois, dans leur haine pour ce chef de paiti. L'exocntioa eut lien non le 27, mais le 2S et «>nsnite d(» la tb'cision rtMulue par It» conseil de i^nerre des Ktats de l'.i>rne, Solenre,

Iieiliii^, qui s'était luuntré jusqu'alors plus graud ([uo Sti'issi, souilla son glorieux nom d'une tache inetVaçable ^ »

Le massacre de Greitîensee remplit de slu{)eur toutes les âmes honnêtes dans la Gonledéi'ation. La conscience publique, indignée, attribua k ces exécutions odieuses tous les désastres qu'éprouvèrent deux mois plus tard les Suisses à la journée de St- Jacques sur la Birse, où Ton prétend avoir entendu des mourants s'écrier avec Taccent du repentir : « Oh! Greiffensee, terrible est ta vengeance. » Au commencement du siècle suivant, une chapelle expiatoire s'éleva sur le lieu de l'exécution, par les soins du bailli Gérold Edlibach, auteur de la chronique zuricoise , à laquelle nous devons le récit qu'on vient de lire.

Le massacre de Greiffensee fut suivi du siège de Zurich. Les Suisses cernèrent de nouveau celte ville au nombre de 20,000. On vit alors ce que peut faire le dévouement de quelques citoyens. Seize Zuricois, surnommés les Boucs, formant un corps franc semblable à celui des Renards de Pierre Dûrr, au siècle précédent, rendirent de grands services et firent beaucoup de mal aux confédérés, qu'ils attaquaient en partisans. Toutes les mesures furent prises, d'ailleui^s, pour mettre celle cité en état de défense. Tout autour de la ville on abattit des arbres, on creusa des fossés, on planta des pieux pour arrêter les opérations de l'ennemi. La constitution fut suspendue et une commission de douze membres investie de pouvoirs extraordinaires. Un officier autrichien, Jean de Rechberg, disposait en dictateur de toutes les forces militaires de Zurich. Le grand sautier Asper commandait les Boucs, dont le nombre fut porté de 16 à 60 hommes ^

Mais tout l'héroïsme des Zuricois n'eût pu k la longue résister aux Suisses, si un secours extraordinaire ne fût venu faire diversion et attirer sur un autre point l'attention des confédérés. L'empereur, impuissant k secourir lui-même efficacement les Zuricois, était parvenu, k force de supplications et d'ambassades, k intéi^esser k leur cause le roi de France, Charles VII, dont le royaume était couvert de troupes indisci-

Uri, Underv.ald, Zoug et Glaris. Les conseils de guerre de Schwyz et Lucerne avaient voté dans un sens différent, mais plus cruel encore : c'était de brûler la ville avec tous ceux qui étaient dedans. Théodore de Liebenau, Indic. dliistoire de 1873, 302. Quelques écrivains récents prétendent, mais sans preuve, que l'impitoyable promoteur du massacre de Greiffensee fut Ital Reding le fils, et non le vieux landamman.

^ Bluntschli, Geschichte der Rqmhlil- Zurich, 1, 430.

^ L'é])isode des Boucs, leurs exploits et l'existence même de cette société sont contestés par un savant lucernois, M. Théodore de Liebenau, dans l'écrit intitulé: Die B6cl:e ion Zurich. Stanz, 1876.

«JUEUHK «:i\if.K DE /.union. 317

plinées, recrutées de toutes nations, dans le ,Lrenre de celles (|ui avaient envahi la Suisse sous En^caieirand de Coucy, soixante-neuf an< :in[)aravanl \ On appelait ces troupes les Ecorcheurs en raison de leur cruauté, ou les Arnntfjndcs, (\\\ noiTî d'un chef qui commandait dans la ;:uerre civile précédente. Le i"oi les réunit, au nombre de '">(), (jOO homnus, sous les ordres de l'héritier de la couronne, le dauphin Louis, plus tai'd roi sous le nom de Louis XI ^ Arrivé* à .Monlbéliard avec le ^^ros de son armée, ce prince en envoi»' uul' partie en avant-garde aux ordres de BueiL comte de Sancerre, poui* faire lever aux Suisses le siège de Farnsbour;:. Selon le bruit i|ui couiMit autour du dauptun, Louis ne songeait à rien moins (pfà détruire la ville de Hàle, piu^ ;i anéantir les confédérés pour établir sa suprématie en Allemagne \ Il païaît même qu'à la veille d'engager la lutte avec ces derniers, le dauphin voulant voir de ses propres yeux la ville (pTil se proposait de détruire, se rendit dans un château situé à trois milles de Bàle (le château df Waltiijhofen dans le Sundgau), y demeura cinq jours et de là s'avanra sous un déguisement jus(ju'à cette porte de la cité du Rhin, appelée Sjnilf'nflinr\ Pendant ce temps les Soleurois, aidés par des troupes de Berne, de Lucerne et de B;\le, faisaient le siège de la tbi'teresse de Farnsbouri!, appartenant au seigneur de Falkenstein, qiu avait traîtreusement mis le feu à la ville de Brougg (juelque temps auparavant. C'est ce que Ton nomme le massacre nocturne de Brougg (.MoFilnacht). Ceux-ci expédièrent en haie des messagers au cam[) devant Zurich, pour demander du secours contre les nombreux Ai'inagnacs. « Ce ne sont i|ue de pauvres

' L:i lettre »lii commaïuUnir (rissonluMin , citT'O pins loin, montioniu' l;i prêstMice dans rann»'^ du Dauphin, de clu^fs tVan«;;us, ôfossais, italiens, espajinols avec leurs troupes, un Salazar par cxeniph» et un Mont^onimery, p. âli;.

- :{0,00() lionunes de pied et 20.000 cavaliers, selon un témoin oeulaire, le commandeur de St-Autnini' de \'i.'iiii()iv, d'issenheim, dans une lettre latine adressée aux ltour,uei»is de Strashourij: (T.» août I I H) ^ Vlirinti millia eipiitum quos ejîo oculis. ■< i)ropriis couspexi et dicitur i|Uod rétro suut X\X millia quos ei;o non \idi. > L^s

< Écurchettrs soia ('liarlis VII. Kpisodea militaires de la France <ln AT""* siècle d'nj>rh des documents inédits par Tnetey^ Montbéliard \<1\, ".(Vt.

" < Volui a notis meis et amicis pr;i'S(Mitir»' tpiid i>te dominus iutendat tacere,

< niliil aliud seucio iii>i ipiod velit primo llasil^am destruere et deiutle Suitenses» « totaliter cont'undere et demiuii lu Allemanïa regnare. ^ Lettre du roninian«leur

V citer. M. Tuetey, Les Kcorchenrs, â()!>.

* ^ Veuit ad (pioddam parvum castrum dictuin \N aii. .uitMi avl tria milliaria « i)roi>e jlasileam et ilu stetit per «luinque «lies, ipiiluis durantiltus ipse in pn^pri.i

V pcMsona voliiit viili rc Hasileani et venit cum pauoo numéro usqueail portam civitatis ^ iu liahitu dis>imulato et lior fuit teria «iecuuita in «lie Sti lîartolomei et in rrasti-

V uum Suitenses circa duo millia fuerunt a-icressi et interfVcti ]M'ope rka<;deam. > Tuetev :>l'.

;n8 GUEUKK (.IVILK DK ZURICH.

Jacques S) répondirent les assiégeants, et ils se contentèrent d'envoyer à Farnsbourg un renfort de 000 hommes, commandés j)ar Antoine Huss, de Lucerne. A la nouvelle (jue les Français couvraient déjà les champs (leiMonclienstein, non loin de Bàle, on expédia à leur rencontre 600 des assiégeants, et les GOO hommes (jui venaient de Zurich dont faisaient partie 50 Neuchàtelois, alliés lidèles de Berne, commandés par Albert (le Tissot. Chemin faisant, ces guerriers rencontrèrent deux chanoines de Neuchiàtel cpii revenaient du concile de Bàle et cpii, tout effrayés par le s|)ectacle (\es grande.s forces de l'ennemi, cherchèrent à dissuader ces braves gens de courir à une mort inévitable. « S'il en est ainsi, ré[)ond un chef ûe^ Ligues, et que nous ne puissions rompre à la force les dits em[)êchements, nons bailhrom nos dmus à Dieu et nos corps aux Annagnacs '*. »

Le 26 août 1444, au point du jour, les Suisses, forts de 12 à 1600 (y compris le contingent de Soleure et de la campagne de Bâle), divisés en trois corps, surprennent ^lOOO Armagnacs commandés pai' ie comte de Dammarlin, devant le village de Pratteln; ils leur livrent un combat sanglant, les repoussent dans leurs fortifications près de Multenz, puis les forcent d'en sortir et de se jelei* dans les tlots de la Bii'se qui coule ()rès de là.

Du haut des tours de leur ville, les habitants de Bàle étaient témoins <1e la. valeur avec laquelle une poignée de Suisses tenait tète h un ennemi si supérieur en nombre. Tout à couj), sans attendi'e les ordres du Conseil, un boucher saisit la bainnère et sort avec 3000 hommes [)our soutenir les Confédérés. Mais bientôt les cris de détresse des sentinelles placées sur les tours les rappellent à la défense de leur cité, menacée j)ar les mouvements »le l'ai'mi'e française. Acharnés au combat et bravant l'oidre des chefs qui veulent les retenir, les confédérés, pendant

' Le nom do jxiuvrrs Jacques {nrmcn Jaclrn en alleinond) ost à la fois une allusion i\ la Jacquerie ou révolte des paysans en P'rance, et la traduction ironique de la dénomination (V Armaf/nacs. Voir pour ces importants épisodes de l'histoire suis<e l'écrit de M-. Fecltter, Baselim Knege qe^^jf^n die Armngnaken (i^S64).

'^ Extrait de la Chronique des ckanoincs de NenchàteJ^ pai* Samuel de Pury. Xeucliâtel, ISoî). Jjés paroles c.tées sont tirées de, la i)artie de la Chronique rédigée par Henry Pury de Rive qui était lui-même un des deux chanoines envoyés au concile de Bâle. Pury ne nomme ])as le chef des Ligues et dit simplement qu'il ressemblait à un seigneur ou chevalier />a/' anoir auetoritc.: ci grâce el 'souperbs prestance. C'est par p ire conjecture qu'on a ])arlé de Matter de Berne, dont le prénom était Jacques si l'on en croit Tillier, Geschichie des Freistanies Bern, II, 484, et qui ne sernit donc point l'avoyer de ce nom aj)pe!é Jean. M. Auguste Bernoulli,danssa notice critique publiée en 1877, sous le titre : IJie Schlacht Si -Jacob an der Birs, dit que c'est à Liestal que les chanoines de Neuchâtcl auraient fait la rencontre de l'auteur du mot sublime cité ci-dessus.

re t(!inj)<, lî'.iversaienl l.i Hirse ol HiTiv.'jieiil au rivacre opposé, mal^'ié Its tLMi-il)l(is (l(H'liai-^e> fie rarlillerie, raii^'ée mii' Ic> bonis iIl' la l'ivière. Mais là, a<saillis |)ar fies forces supérieures. r(Mii)ie> sousle> onire- <lii f*f)Mite (leSancerreen [)ersoiiiie, ils se jelteul le> uus (]d\\< une île fie la liirse. les aulres derrière reuclos de la It'prosorie de Sî-.laiNpit'> «t du jaidiu altenanl. Terribh^ coninie (le> lif)n>. Ic^ di-feii-eui"^ de lile lultenl avec aciiai-nemeut ju>'pi';i ce fju'ils loinheut >ur lo (Mda\re> (Kis ciiueMHs nombreux . uioiii^ vaincu^ (dil un ((''It'hit' (-(Uilemporaiii.

I évêtpie .^Jiea< Syl\ iuN INccoloirniii, (lepur> pape s()ir> le ikcu df Pu* Il i (pie t'aliLTués de vaincre; l(Mir> raii;-[s élaieul aus^i >l'Viv< (pic |>ciidaiil la haladle'.

L('s déleuseurs de la léproserie coinhallaieiit avt.*c la niéine valeur: liois fois ils repoussent l'assaut iks .\rina;:nac> : deux loi> il< tentent une sortie. « On vit, dit li; inêine écriviiin, des L:uerriei> >uis.>e> ana- « ('lier des javelots fie leurs plaies saiiLdantes poin- lc> renvoyer à I cn- « nenii; d'anîres, cril)lé< de li'.aits, s'(''lancer au luilicu de^ >(>ldal- du " daiipliin. Knfin le imir croula; l'hospice et l.i cave hrrilèrent. » Plusieurs foi>, pendant l'actif)!!, on avait ollei l l,i vie sauve aux cniifédéré<. L(; clievaliei- l(âl()i> noiu'cai'd .Miincli. sei^L'iieiii" de Laii<l>l\!(iii ci l'un di's plus m'and< (Mineinis des inonta;jn.'irds. avait l'ii'' cli au»' de leur appoi'tt'!- de> paroles de paix: il le fil en teiine^ liaiilaiiiv p'iiN piopixs il irritei- ce> l)onime> inlréj)id(vs (piii Iciii' persuade!' de >e la-ndic. (>e inT'ine >eiL:neii!'. parcoinanl à cheval le champ de lialaille et voyani a|»pr(>chei- le niomenl oi'i le< d.'i'iiiei's de- cont"(''di''!a''s >iii'C(»inl>t'iaieiit dans le jardin de la lép!'o>eiae où il> avaient cheicht' un supir-iui' asile, s'i'ciaa dans la joie de son àme: « .le me vois dan- un jardin de l'n-es. » " !iii>e e!ii'i)re celle roM'-ci » ri'-pii i I un i.ieiaaer m );iranl : en même te np> il I iiice a roî-Lmeilleiix chevaliei' une pierre ipii l' I Ht idiiI.t d iiila p(iM>-iei-e el I (''tend >an- <amnai>-ance au milieu de> cadaMo di' ceux aiixipiel> il iiisiillail avec lanl de jaclaiice.

Miinch a\ ni nu aiili'e inriait plus L'i'ave à expiei". celui d"a\t>ir moiilia'' aux l-'iaiicai- le c'ieiiiin de xm piN-. La nii>:l de (c eiilillioinme ne lui pav in>tantaiiee, lomnie le ili-eni (pielpieN hi-Iicieii-.

II m'm'iiI eiicoïc li(»iv joiii- dan- tl lion ihle- -oiillraiici'N. l/aiineau de le!' du che\alier Irijoi- a ("'le lelfoine apie- ijuatre sièi*le> Slll' le champ de halaille ^

' Aciic.is S\l\iiis et lit :ni «oiuilc <!»' Haïr sccrrlairi' d»' rollr assrmlijoo Mais il a\ait ([iiiltr la Suisse en iiiiNciiilir • 1 \\2 et m» tut pas Irinoiu ornlairi».

'^ ("est (loue lurt à lor, i| i • M. Mirlu'lct. dans s(»n Itisloite tic Fmncf (v. 252), a taxe dv conte la iiioit de MmmcIi. i'!II(» est relaté(> d'ailleurs par drs écrivains ron-

o20 GUERRE CIVILE DE ZURICH.

Douze à cjuiiize cents confédérés li'ouvèrent un trépas glorieux à Saint-Jacques '.

Mais il n'est pas vrai de dire avec quelques historiens que tous les confédérés mordirent la poussière dans cette journée, à l'exception d'une dizaine de lâches, condamnés dès lors à traîner une vie déshonorée dans leur patrie. Deux cents blessés furent recueillis dans les maisons de Bàle. De ce nombre était le Glaronnais JeanOEbli de la famille des Kilchmatter, couvert de sept blessures et qui aurait, dit-on, survécu seul aux guei'riers de sa contrée. Le nombre des Armagnacs tués dans cette journée a été évalué différemment et varie de 5 à 8000.

A l'ouïe de ce qui se passait sur les bords de la Birse, les confédérés avaient en toute hâte levé le siège de Zurich. Mais le Dauphin^ admirant l'héroïsme de ses adversaires, ne jugea pas à propos de porter plus loin ses armes et de marcher sur Zurich, comme le lui suggérait la noblesse allemande, altérée de vengeance. Cependant il n'avait pas renoncé à l'idée de s'emparer de la ville de Bàle. Il chercha à persuader aux bourgeois de cette ville impériale de se placer sous sa protection, en leur reprochant leur haine pour la noblesse et l'alliance qu'ils avaient contractée avec Berne et Soleure.

Le roi Frédéric III, auquel les Bâlois eurent recours dans cette situation critique, était plus occupé des intérêts de sa maison que de ceux de l'empire. Mais les députés de Bâle, le bourgmestre von Batberg et le grand tribun André Ospernell, secondés efficacement par les Pères

temporains, comme Erhard Appenwiler, chapelain des environs de Colmar, et Georges Schamdocher, écrivain très-favorable à l'Autriche (Oefele, Scriptores rerum boicanim^ I, HIG et 317). Mais, ni les contemporains, ni Egid. Tschoudi ne donnent le nom du guerrier qui porta le coup mortel à Miinch. C'est l'historien moderne d'Uri, Schmid,qui a hasardé le premier la conjecture que cet homme énergique pourrait être le capitaine Arnold Scliick d'Uri, qui trouva en eiïet la mort dans la bataille de St- Jacques sur la Birse.

^ Au nombre des Suisses tués à St-Jacques figuraient deux Zweyer d'Evebach d'Uri, Jost Reding, frère du landamman de Schwyz, Hans Matter de Berne, Rodolphe Netstaler, trois Loriti, un Huphau, un Gallati, de Glaris, Bràndli, d'Underwald, Hoffstetter de Lucerne, un Mérian (le premier de son nom) et un Falkner de Bâle, et ce Heemann Seevogel, le chef des volontaires de Liestal, auquel la ville de Bâle a érigé une statue devant l'hôtel de ville. Une épitaphe insérée dans le Miroir cV Autriche met la bataille de St-Jacques, qu'il désigne sous le nom de Thermopyles helvétiques, au-dessus des Thermopyîes grecques et en donne une bonne raison, la mollesse du Perse, tandis que l'adversaire ici était un Français.

La bataille de St-Jacques, qui a inspiré le ciseau du sculpteur Schlôth, a dicté aussi à un poète national, Richard d'Orbe, de magifiques vers qui commencent ainsi :

« Us sont là douze cents couchés sur la poussière. »

du concile et le pape Félix V, l'élu de ce concile, parvinrent à changer ks dispositions du Dau[)liiiL Bàle y gagna de rester ville d*em[)ire et l'alliée des Bernois.

En même temps (ju'il faisait la paix avec les Bàlois, le Dauphin liguait une trêve de 20 ans, puis une paix délinilive avec les Confédérés à Einsislieiin en Alsace, le 28 octobre 1444*.

Mais le traité d'Einsislieim ne mit pas fin aux brigandages des Armagnacs, (pn prirent ;i tâche de justifier le nom d'Écorclieurs (Schinder) qui leur avait été donné, en se livrant à tous les excès d'une soldatesque elïrénée et cruelle. Plus de vingt mille hommes, dit-on, tombèrent victimes de la cupidité et de la rage de ces bandits. Dix nnlle d'entre eux périrent à leur tour sous les coups des paysans exaspérés de l'Alsace et des contrées voisines. Mécontents de ce que les Bàlois avaient fait la paix avec le Dauphin, les Strasbourgeois, leurs alliés, s'en prirent à ces derniers et dans leur fureur faillirent mettre en pièces le grand tribun André Os[)ernellet les autres d(''[)utés (jue Bàle leur avait envoyés pour justifier leur conduite ^

Cette dernière ville, dont les confédérés venaient de >auver pour la seconde fois l'indépendance, se rallia franchement à ses libérateurs. Ee Grand Conseil élimina du sein du Petit Conseil ou ijouvernement proprement dit, ceux des nobles et des ()atrii'iens (jui étaient vassaux de l'Autriche ou d'autres seigneurs, et (pii refusaient de renoncer à leurs fiefs, sans en excepter les anciens bourgmestres von Uatberg et vnu Berenfels\

IMus libres de liMirs monvenitMits et renforcés par les troupes de leurs alliés de Berne et de Soleure, les Bàlois firent alois la uuerre aux sei- ;;iieurs d'identour (jui avaient fait cause connnune avec les Armagnacs. lU pi'irent les châteaux de Blolzheim , Pfeningen , Tirmenach, sans ('[larguer ce manoir de \ValliL:liofeii (jui avait sei'vi de ri'sidence au Dauphin.

Ouel(|ue>-uns des ennenus jur(''> i\c> (•onfedt'res. Thiuin, dt' Il ilwyl et Jean d«; Falken>lein oi'cnpaient la forteresse de lUieiidelden. appeh'e Stein connue celle de Badeii. La forteresse fut prise, ainsi ijuc la ville de l''en-elle appartenant à Pieii'e de Morsperg, un autre ennemi implacable de la hlieile suisse. Ea ville de Bheud'eldeu proprement dite sym[>athique an\ (•niilV'dérés, avait ctMiclii niie alliance de !'•

' SiMTossor, ciihj. Ahschietic il.> 1 IJl à 1 177, 181 et 185. Voir le traité iPHinsisijciin ;i l'apiuMulioo 887.

•' Ochs, (it'schichtc der SUuU und Lamhchafi BascK HE 410 et suiv. -' neus>li<r, 302. — Ochs, III.

UtSlDtUK SUtSiili. 21

ans avec Bàle. Elle fut surprise par une bande d'hommes armés, déguisés en pèlerins, revenant soi-disant d'Einsiedeln. Ils débarquèrent subitement sur la plage, sous le commandement de Jean de Rechberg, massacrèrent une pai'tie de la population et chassèrent l'autre de ses demeures (1448). Les fugitifs trouvèrent asile à Bâle, qui prit aussi les armes pour les venger et les rétablir dans leur ville. Mais la paix signée plus tard avec l'Autriche devait faire rentrer Rheinfelden sous la domination de cette puissance.

Cette même année 1448 fut marquée par la dissolution du concile de Bâle, provoquée par le versatile et bigot empereur Frédéric lll, d'accord avec le pape Eugène IV. Les Bàlois, menacés à la fois de l'excommunication et du ban de l'empire, abandonnèrent malgré eux la cause du concile qui se transporta à Lausanne, sous une nombreuse escorte de gens armés fournie par Bàle, Berne et Soleure.

De i 444 à 1450, la Haute-Allemagne ne présente que petites guerres, brigandages, hostilités de tous genres. On se bat en môme temps sur tous les points du territoire, aux bords du Rhin, de la Reuss, des lacs de Zurich, de Constance et de Wallenstadt, devant Rheinfelden, Baden, Rapperschwyl , Wollerau, Wyl, Bremgarten, Wolfhalden, Ragatz et tout autour de Fribourg dans la Suisse occidentale.

La seule action considérable est celle de Ragatz, le 6 mars 1446. Un corps de 1500 Glaronnais et Schwyzois aux ordres de JostTschoudi et d'Ital Reding le jeune, fils du célèbre landamman du même nom et qui vivait encore à Schwyz', remporta une victoire complète sur Jean de Rechberg et 6,000 Autrichiens. Plus heureux sur leur lac, les Zuricois détruisirent avec leur flottille toutes les petites forces navales de Schwyz (16 décembre 1445) \

Jamais guerre ne fut conduite avec plus de fureur et marquée par plus d'excès de tous genres. Au meurtre, au viol, à l'incendie, au pillage, les Suisses égarés par la haine joignirent les profanations les plus odieuses. Plus de trente édises furent dévastées, les tombeaux violés, les vases sacrés brisés ou enlevés, les hosties répandues, les images et les crucifix livrés aux derniers outrages. Ces dévastations étaient accompagnées d'horribles blasphèmes contre le Dieu, la Vierge et les sainu des Zuricois, comme si la croyance de ces derniers n'eût pas été celle de

^ Ital Recling le vieux n'était pas mort en décembre 1445, comme le dit son biographe, M. Rel)er. Sa mort doit être placée entre le 23 janvier et le 8 février 1447. Voir l'article de M. Théodore de Liebenau dans V Indicateur cV/iistoire, 1875, 132. Reber n'a-t-il pas aussi fort exagéré l'importance de son héros en disant : Si nous portons le nom de Suisses, nous en sommes redevables à Reding ?

GUERRE CIVILi: DE ZURICH. '.^-^^

leurs voisins et confédérés des autres cantons. Triste exemple des aberrations auxquelles peuvent entraîner les passions politiques!

Une lutte aussi longue et aussi coûteuse avait épuisé tous les cantons, et causé un tel mécontentement parmi le peuple qu'il y eut des émeutes contre les ma^^ristrats, que l'on envisageait à tort ou à raison comme les instigateurs de la guerre. Ceux qui avaient le plus contribué à la lutle, Stiissi et Ueding, n'étaient [)lus là pour raviver les haines. Les villes imj)ériales d'Allemagne et le comte [)alatin Louis IV de Bavière, jeune seigneur plein de [)i-udence et d'habileté, proiitèrent de ces dispositions pour ménager une entrevue entre les chefs des deux partis à \Va?denschwyI, sur le lac de Zurich. Cette entrevue donna lieu à des scènes louchantes. Debout, dans des barques pavoisées aux couleurs de Zurich et de Schwyz. les magistrats des deux cantons ennemis se donnèrent de nouveau !♦■ nom de confédérés. Les députés de Schwyz et des autres cantons man- «juant de provisions k bord, les Zuricois leur firent |)art du vin ri des jielils pains (Wechcn) qu'ils avaient apportés en abondance.

L'entrevue de Wa3denschwvl fut suivie d'une sentence du bourcrmestre d'Ulm (1447) et des deux arbitraires de Pieriv d'Argun. bourgmestre d'Auesboure, et de Henri de Boubt*nberi:, avover de Berne, désignés par les villes impériales. Par sentence ai'bitrale datée de Lindau, sur le lac de Constance, d'Argun confirma le jugement rendu pailes dix-neuf arbitres fédéraux à Lucerne, en i4»>7, et condamna Zurich à res[)ecter l'alliance et le droit fédéral. Henri de Boubeid>erg, siégeant il Einsiedeln, aniuila l'alliance de Zurich avec l'Autriche (13 juillet li.lO) '. \]\\ l'evanche, on restitua aux Zuricois tmil le territoire dont s'était enq)arée la Confédération, sauf le petit pays conquis (laii> 1 1 première guerre et (|ui mettait Schwyz en communication avcr le lac à l'est du [)ont de IMiellikon. Le Toggenburg, du consentement dt' toutes liN pai"ti(îs contractantes, fut abandi^iiiit' au sii'e de Barogne, parent du comte déhmt.

Le rétablissement de la paix causa une joie universelle dans la Haule- All(unagne; elle fut annoncj'c au son des clenches. Ouelques citoyens cej)endaiit dcmiMirèrcnt rxi'lus i\o> bieid'aits [\o ranniistie générale. (Vêtaient li's lioiirs oii (•()i[i> iVaiii's zuricois, dont le trop grand zèlo pour la défense de leur ville natale avait profondément irrité les Suisses.

' Soj^pssor, ciihj. Ahschii'tk do 1421 à 1 177, ^11. \.\ so trouvent réunis les textes <lo tous les !irl)itr;iLr»^s ot jiii;.Mn«Mits auxciu»^!-; a (lonno lion oetto tjranilo qurrolie. On y voyait tii;iiror coniino no^ïociatnirs pour Zurioh. Ilonri Kt'tin^er et Rodolphe do Ciiani, clianrelior, et pour los confodorôs Ital lîoding do Schwyz et Golschmid <lo Lurorne.

Pour ne pas mettre obstacle à la réconciliation, ils s'étaient retirés volontairement à Holienkra}lien, château fort au delà du Rhin. Un généreux ennemi, le laiidammau Rodolphe Fries, d'Uri, ne put s'empêcher de les plaindre et de dire : « Si j'étais l'un des Boucs, je ferais prisonnier quelque magistrat considéré et ne lui rendrais la liberté qu'au prix de la mienne et de celle de mes compagnons. » L'avis, rapporté aux exilés, fut trouvé bon; ils enlevèrent le landamman Fries lui-même un jour qu'il traversait le lac de Zurich, et le gardèrent au château de HohenkrcThen. Pour obtenir l'élargissement du premier magistrat d'Uri, il fallut comprendre les Boucs dans la paix générale et leur compter 300 florins \

Mais la haine des Suisses pour les corps francs ne s'était pas calmée par leur exil. Elle éclata au carnaval de Zurich, en février 1454, où le grand sautier Asper, chef de la société des Boucs, se déroba par la fuite aux tireurs des autres Etats suisses qui voulaient le précipiter -par les fenêtres de l'hôtel de ville.

Moins heureux fut le savant chanoine Félix Hemmerlein, dont les pamphlets, très-répandus en Allemagne, lui avaient attiré à la fois la haine des moines mendiants et celle des confédérés ^ Sans égard pour son grand âge, ses lumières et son patriotisme local, il fut saisi, chargé de chaînes, jeté à GottUeben, dans la prison qu'avait occupée JeanHuss, et ensuite enfermé à perpétuité au couvent des Franciscains à Lucerne. Il y finit ses jours (1460), après avoir eu quelque temps pour compagnon de captivité, sinon de prison, un franciscain nommé Regenstorf, coupable de menées autrichiennes contre les confédérés, et dont le gouvernement de Lucerne avait obtenu l'extradition de celui de Zurich. Trois autres individus avaient été, pour le même motif, incarcérés par les confédérés à Rheinfelden pendant que cette ville était encore entre leurs mains. La vie du noble et malheureux Hemmerlein a été décrite avec détail par son disciple et ami Wyl de Rremgarten '.

^ Dans une notice intitulée : Die Bôcke von Zurich und die Kreyenïeute, Stanz, 1876, Th. de Liebenau révoque en doute l'existence même de la société des Boucs et nie leur identité avec les soudarts du château de Plohenkraehen. Ces soudards auraient enlevé, il est vrai, le landamman P'ries, mais pour se faire payier leurs arrérages de la dernière guerre.

2 Dans son livre en latin sur la noblesse {De Nohilitate), composé sous la forme d'un dialogue entre un noble et un paysan, les Suisses sont accusés des crimes qui ont attiré sur Sodome le feu du ciel. Reding est comparé à Judas Iscariot et Charlemagne déclare qu'il en est des Suisses comme des hommes de loi : il n'en a pas trouvé un seul en paradis.

^ Voir sur Hemmerlein la biographie susbtantielle qu'en ont donnée M. Reber, de Bâle, et M. Fiala, de Soleure [UrJciindio, I, 281), le commentaire des écrits de

AMÉDLfc: Mil DK SAVOIE. :j:2o

2. AiiiC'fli'C VIII, duc de Savoie et baron de ^ aud. — Fribourj;. éiiiaiicii»é de TAiitrielie et de la Savoie, devient l'allié de*» Suisse». — (1400 à 1160.)

Pendant la ^'uerre de Zurich et toute la prijuiiùre moitié du XV'"^ siècle, les populations ronnandes des bords du l.éman étaient soumises à la domination ou à l'inlluence d'Amédée VIII, le plus célèbre des anciens princes de Savoie après le Petit-Cliarlemagne. Sa prudence el son habileté le firent surnommer le « Salomon de son siècle. » Duc de Savoie (131)1-143 i), ensuite ermite, puui- la forme, à Ui[iaille, il avait été nommé pape au concile de Bàle sous le nom de Félix \. et reçut, à Moral, /Eneas Sylvius et les autres ambassadeurs du concile qui lui annoncèrent son exaltation (1431)). Mais, dix ans plus tard, lassé de sa lutte contre le pape Eu<îène IV, pour leipiel le roi Frédéric III avait pris fait et cause, il avait abdiqué à Lausanne et échangé la tiare contre le chapeau de cardinal et la mitre des évéques de (lenève qu'il réussit à transmettre à son petit-lils, càgé de huit ans >eulement. d ;i plusieur> princes de sa famille. L'acijuisition du comté de (ienevoi>. en augmentant sa puissance, accrut ses prétentions. 11 chercha d'abord à soumettre entièrement à sa maison la cité d'Arve et Uhùne, située au cœur de ses Etats, puis toutes les principales villes de la teri-e romande, entre autres Lausanne et Sioii. dt'jà si souvent occupées [)ar les Savuyard>. A Genève, comme nous l'avons vu plus hauL une concession épiscopale était veiuKî sanctionnei' l'élection [lai- le dui- de Savoie du vklomnt' ou juge épiscopal et du chàtchnii ih' liiHlnnL chargé de présidci* à l'exécution des criminels pronnncée par les syndics ou |)remiers magistrats de la ville. Mais Amédée VU! ayant entrepris d'étendre ses droits légaux, ses tentatives échouèrcnl dcvanl la rt'sistance des ch('l'> de famille ou vidffn's d'hùtcK (jui, assembh's au son de la cloche, au nombre de 7:27, |>ar les quatre; syndics ou premiers magistrats de la ville déi'larèivnt solennellement '< re[)ousser à jamais toute domination t'trangere. "

Le gouvernement deiienève con.NeiNadoiit'.Na forme» m/.r/<', c'est-ii-dii*e ;i la fois monarchiipie par l'évètpie, aristoi'ratique par les chanoine^, le conseil et les syndics, et démocratique j»ar le nm^ul tjôutral des chef> de lamille (jui >e n'uiiissaiciil deux l(U> l'aiint'c au ><mi de la grande cloche de Saint-Pierre. Les hl»eilt'> de (lenève furent fitnliinu'es par renq»e-

Ihimmt'ili, \n\h\w Y'.w M. .Iran-llciiri \ Oirrli ( ISTU), ot un .nrtiolo ilo .M. Ih. ilo ],i('l»(Mi:ui il;uis V Imlndtntr tl'histoiic suisse, 1S7C), ISi). Le nom du sav.int et infortiiiu- cli.iiioino s'rrrit intlirtViominont H«Mnnunloir., Hiviumorlci.i ou Ilauimerii ; au moyen àijo, on n'y rt\u;:u-il;ut pas do si près.

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