‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 42 sur 72 · FRIBOURG ET LA SAVOIE · texte numérisé non relu

FRIBOURG ET LA SAVOIE

Dans ce moment critique, le premier magistrat de la république, Guillaume d'Avenches, que l'on venait de destituer et de punir d'emprisonnement à la Tour Rouge*, comme concussionnaire, trahissait sa patrie adoptive. Retiré à Romont et protégé par Amédée YIIÏ, ce vassal de la Savoie faisait, nouveau Coriolan, une guerre de plusieurs années à ses concitoyens, portant dans tous les villages environnants le meurtre, l'incendie et le pillage. Les Fribourgeois, secourus par leurs auxiliaires vallaisans, usèrent de représailles, noyèrent, décapitèrent ou précipitèrent du haut des rochers les émissaires d'Avenches qui tombaient entre leurs mains. Le traître Ricca ayant montré aux ennemis un côté faible du rempart, vers la porte de Morat, fut écartelé. Néanmoins l'audace des partisans de Guillaume d'Avenches était telle que l'un d'eux, nommé Drochat, pénétra dans la chambre de l'avoyer Felga et y déposa sur un buffet une lettre de défi. Les efforts que firent à diverses reprises les Fribourgeois pour obtenir de la Savoie une paix équitable, restèrent infructueux. Le combat malheureux du Gotteron, où ils perdirent 260 hommes contre les Rernois alliés des Savoyards, acheva leur ruine. Ils furent obligés d'accepter la paix humiliante de Morat (16 juillet 1448). Cette paix les obligeait k indemniser et à rétablir dans ses honneurs l'avoyer Guillaume d'Avenches; à payer 40,000 florins au duc de Savoie pour frais de guerre; à renoncer à la combourgeoisie de Rerne et à toutes leurs prétentions sur le bailliage de Grasbourg, possédé en commun par les deux villes, et en dernier lieu à envoyer une députation au duc de Savoie pour implorer à genoux leur pardon de ce prince.

Albert VL duc d'Autriche, surnommé le Prodigue, frère de l'empereur Frédéric ÏII et seigneur de Fribourg, ne s'était jusque-là que trèsmédiocrement inquiété des loyaux sujets qui s'exposaient à tant de malheurs par dévouement à la cause de sa maison. Mais cédant aux instances des chefs du parti autrichien et des députés des paysans qui s'étaient rendus auprès de lui, il se transporte à Fribourg accompagné de son maréchal Thuring de Hallwyl, casse le conseil, fait jeter l'avoyer Felga et ses collègues dans les tours de la ville, les remplace par des magistrats du parti autrichien et disparaît, en enlevant l'argenterie qui avait servi à le régaler lui et sa cour. Après avoir encore indignement rançonné les cinq plus riches des conseillers destitués qu'il avait traîués à sa suite jusqu'à Fribourg en Rrisgau, il abandonne Fribourg en Uechtland à

^ La Tour Rouge est cette tour qui s'élève fièrement entre les deux ponts suspendus, sur le roc vif qui domine la route.

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son cousin Sigismond, qui entre en march»î avec le duc Louis de Savoie, fils d'Amédée VIll, pour la cession de cette ville. Les paysans allemamJs. d'accord avec les bourireois allemands aussi du quartier de l'Ange, s'emparent des portes de la ville dans le but de la livrer à 4U0 soldats autrichiens de la garnison de Hlieinlelden et de faire de Fribourg un simple baillia;;e des Habsbourg. L'un des conjunîs, nommé Grauser, révèle ce projet. Treize paysans sont saisis et décapités sur la |)lace Saint-Georges, devant l'hôtel de ville; d'autres, condamnés ii de fortes amendes ( 14 février 1452). Salicetti, le gendre de Guilhmme d'Avenches, s'était réfugié dans la ville de ce nom, dont l'ancien avoyer était originaire: il se croyait en sûreté dans cette ville épiscopale (elle dépendait de l'évéque de Lausanne) et avait eu soin de faire excommunier les Fribourgeois. Sans respect pour l'immunité épiscopale, et désirant en tinir avec cet ennemi irréconciliable, les gars de Fribourg enfoncent les portes d'Avenches, s'emparent deSalicetti et le traînent à la Tour Uouge(;14ô4) où il sera décapité six ans plus tard. Une sentence analogue fut rendue contre Ulric Techterinann, chef de la conjuration de^ ()aysans de 1432 appelée la conjuration de Vogds/Knis, du nom du hameau oii elle s'était ourdie'.

Trois partis décliiraicnt la r«'publi(|ue: le j)aili di' l 'Aiitiichc, le parti du gouvernement existant et crhii du L'onvcriieniciil dtVhu. dont les chefs, Felga en tête, s'étaient réfugiés à Moral. Le dui' Loius de Savoie, jugeant le moment favorable, reconnnence à [)resser la ville [lonr !.' paiement des sommes (ju'elle lui devait depuis le Iraih' de Morat. Les troupes savoisiennes occu[)ent les hauteurs de Berligny et de Cormanon,.(jui domineul la ville. Alois l'Ktat de Fribourg, réduit aux abois, se décide enlin à ac('e[>ler le duc de Savoie poui* prolecteur et suzerain du pays. Le samedi 10 juin 1452 ', la croix blanche de Savoie est. arborée sur les tours ; le Petit Conseil, les Deux-Genls et la communaut»'. réunis au son de la cloche à Saint-Nicolas, sous la présidence de l'avoyer Jean l'avilliard. juieul lidéhté à leur nouveau seigneur sous la condition expresse (piil ik» pourrait être établi ni forteresse ni maison lorliliée dans la cili'. Les Fiiboui'geois durent renoncer ;i leur ancieinie combourgeoisie ave»' lierne. Mais deux anut'es apre>. ensuite d'un jugement aibitral prononcé par les Confédén-s, les Hernois obluu-ent le

* « ]*rrjit,'itam niiisam morti condemnatas, » lit -on dans le Grand Une dfs ]ii)nni(<>is (le l''ril)t)iirLr ;\ la siiito do sa roconnaissanre do ltour.:îOoisio ot do colle de son 1)010 lloin/niann. l'no main ooniplaisanto avait uiatto los mots soulignôs.

" Kt non (Il M:>o, oonnno tlit M. Cibrario qni parlo à tort lUuièdidon vohntaire. îSogossor. (/(///. Ah6clu('d(- ilo 1 121 à 1 177. appoiulioo. SC»tî,

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