‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 43 sur 72 · CONQUÊTE DE LA THURGUVIE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LA THURGUVIE

renouvellement de Tantique alliance (18 mars 1454). En échange, Berne restitua aux Fribourgeois la corégence de Grasbourg, perdue dans la dernière guerre.

Le duc Louis de Savoie dut , bon gré mal gré, accepter cet état de choses. Sept ans plus tard, les Fribourgeois, forts de l'appui de Berne, s'emparent de deux seigneuries appartenant à des gentilshommes savoyards, celles deVuissens et Ghàtel St-Denis (1461) sur lesquelles ils avaient des hypothèques \ Le Bailli de Vaud les condamna en vain à la restitution ; le roi de France lui-memp intervint inutilement pour ces seigneurs dépossédés. Sous le faible duc Amédée IX, on verra les Fribourgeois, sans souci de leur suzerain, resserrer encore leurs liens avec Berne (le 12 février 1467) et sous le gouvernement de la pauvre duchesse Yolande, menacée à chaque instant d'être renversée par ses beauxfrères Philippe de Bresse et Jacques de Savoie, comte de Romont, Berne et Fribourg seront appelés par la princesse à jouer le rôle de médiateurs h Montmélian et à Ghambéry, à côté des ambassadeurs de Gharles de Bourgogne et du roi Louis XI, frère de Yolande (1471).

îî. Alliances «les Suisses avec les Étals voisins. — Origine des services mercenaires. — Conquête «le la Thurgovie. — (1460 à 1470.)

Les journées de Sempach, Naefels et Saint- Jacques avaient fait connaître en Europe la république militaire des Stiisses. Le nom suisse luimême, naguère un objet de dérision pour les partisans de l'Autriche, était devenu glorieux et respecté chez tous les peuples du voisinage. Une foule de villes et de petits États de la haute Allemagne, soucieux pour leur existence, cherchèrent un point d'appui dans le redoutable faisceau que formaient les Etats de la ligue helvétique.

Les i\ppENZELLOis, déjà hés aux confédérés par un traité de combourgeoisie (Burg- und Landrecht), obtinrent la faveur d'un lien plus étroit par l'acte de 145i2 qui leur assurait le rang d'alliés perpétuels (Eidgenossen) de tous les cantons, sauf Berne. Les Vallaisans, d'alliés temporaires, devinrent alliés perpétuels de Berne, Lucerne, Uri et Underwald (1475). Les villes de St-Gall, Schaffrouse, Mulhouse, Bottwil, sans cesse en danger de perdre les privilèges attachés à leur rang de villes libres et impériales, se placèrent également sous la protection des sept Etats confédérés, réclamée encore par Strasbourg, alliée de Berne

^ Segesser, eidg. Ahschiede de 1421 à 1477, 277.

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depuis un siècle, et toujours aux prises avec son évêque ou avec les nobles du voisinage*.

Deux souverains ecclésiastirjues obtinrent la mrme faveur. C'étaient le prince-abbé de St-Gall et le prince-évé(jue de Constance. L'abbé de Saint-Call, en s'alliant lui-même aux confédérés (1451), prévenait toute tentative de la part de ses sujets d'en faire autant pour leur compte et de se soustraire à sa dépendance comme l'avait fait A[»[»enzelL Les quatre cantons alliés de ce prélat étaient Zurich, Schwyz, Glariset Lucerne; ils furent l'egardés dès lors comme les Etats protecteurs (Schirm-Orte) de l'abbaye et investis à ce titre de plusieurs prérogatives, comme celle de nommer à tour de rùle le commandant des troupes de la principauté.

Le prince-évêque de Constance désirait mettre un terme à l'abus de ces fameux ti'ibunaux secrets connus en Allemagne sous le nom de tribunaux rclimiijues {Vehme-Gerichi). La Velnm' ou Suinte- Vclime , comme l'appelaient les initiés, était une association de seigneurs et de bourgeois instituée pour protéger le faible et l'innocent contre l'oppression du méchant et du fort. Mais cette institution, qui pouvait étie trèsbonne dans le principe, avait singulièrement dégénéré et donnait lien aux plus graves abus. Tout y était mystérieux et terrible. L'accusé était enlevé de nuit, conduit dans des souterrains dU dans (le> lieux solitaires, et jugé par i\ii<^ hommes mas(jués, qui étaient souvent ses ennemis et (jui lui donnaient la mort sans admettre aucun moyen de défense. Au W'"^' siècle, la Sitinlt'-Vclnnc avait des rainillcations dans plusieurs parties de la Suisse; Haden , Zui'icli . Hàle , Saint-Call , les Crisons com[)taient plusieurs francs-juges rclimiijfics*. Les confédérés, tjui com- |)renaient !e danger de cette société secrète, s'unirent à révè(jiie de Constance et à d'autres villes et princes de rAllemagne |)our abolir une institution {\[w l'on n'eût probableintMit pas osé atlaijuei* lorsijn'elle ("lait il son apogée.

I/alliance des Suisses n't'lait pas .seulement rei'heri'lit'e par le< petite Klats. Les puissances du second et même du premier (M'dre \w dédaignaient pas d(» la solliciter et se montraient heureuses de l'obtenii': ainsi rLinpiic, la Savoie. Milan. l'loreii("t\ la hourgog!ie et la lYaiu'e. Ln l'ir»'i. à la (leinaiide (r.\nii'(l('t' IX, liU di» Loiiis. due de Savoie, venu en pei'soiiiie à Hei'iie pniir liailei' ('el(t» alïaire, (•ell»' ville lui ac-

' li'allianco nvor St-ilaU est do linc», nvrr lîothwvl do 1 108. tiwc Mnlhonso do- 1 1()(! ; tollo do Srluim»ou!so, conoluo i»i)ur 20 uns. do 1 loi. Voir lo loxto de ces allianoos dans Sogosscr, cidtf. Ahschicdc, 870, 878 et 8W.

" Archic fur scluv. Geach.. 111. J'.U.

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