‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 53 sur 72 · ESSAI DE RÉFORME RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

ESSAI DE RÉFORME RELIGIEUSE

Il n'est point fait mention, dans le Stanzer- Verkommniss, de l'admission de Fribourg et Soleure. Cette alliance fut l'objet d'un traité particulier (Bundes-Brief) qui accordait à ces deux villes des conditions plus favorables qu'à Saint-Gall et Appenzell, mais non cependant l'égalité complète avec les huit anciens cantons. Éclairés par l'expérience, ces derniers défendirent à Soleure et à Fribourg de contracter des alliances sans le consentement de leurs confédérés.

La diète de Stanz ne mit point fin aux luttes intérieures de la Suisse. En 1483, à la requête des Lœnder, les huit États exclurent Soleure et Fribourg des délibérations de la diète qui ne regardaient pas directement ces deux cantons. Une partie des États renouvelèrent aussi leurs prétentions sur les conquêtes faites par Berne et Fribourg dans la dernière guerre. Choisi pour arbitre, Henri Gœldli, bourgmestre de Zurich et chef des Zuricois à la bataille de Grandson, décida la question en faveur de Berne et de Fribourg, moyennant le paiement de 20,000 florins aux autres États de la Ligue. Le même magistrat prononça entre Fribourg et Soleure, qui se disputaient la préséance aux diètes, et l'accorda à Fribourg, alors tout occupé à se dépouiller de ce qu'il avait d'idées et de mœurs françaises, pour s'assimiler aux neuf autres États tout allemands du corps helvétique ^

D'autres conflits surgirent parmi les Confédérés, d'abord au sujet de Constance, ancienne alliée des Suisses, que la médiation de Nicolas de Fliie sauva d'une nouvelle guerre. Ce fut ensuite l'affaire des monnaies, heureusement terminée par la sagesse de Waldmann, élu bourgmestre de Zurich à la place de Gœldh (1485). On cherchait déjà alors, mais en vain, à obtenir une centralisation des monnaies. Les tentatives de centralisation politique ne furent pas plus heureuses. On parvint cependant à s'entendre pour renouveler à Berne le serment de l'alliance perpétuelle; ce qui eut lieu avec beaucoup de pompe en présence des

approuve l'interdiction des assemblées populaires, « inutiles et dangereuses, dit-il, dans des États où le peuple a ses assemblées annuelles et régulières.» Tout en louant les efforts des villes pour réprimer la démagogie et d'ignobles rancunes, M. Meyer de Frauenfeld trouve que les articles 2 et 3 du Convenant étaient des épées à deux tranchants dont on se servit plus tard pour comprimer t oute manifestation libre au sein du peuple. Gesch. des schweiz. Bundesrechies^ 1878, I, 468.

^ L'introduction de la langue allemande comme langue diplomatique avait précédé l'admission de Fribourg dans la Confédération. Mais alors la germanisation va plus loin et se manifeste par la suppression des écoles françaises et l'appel de maîtres d'école et de greffiers allemands. Certaines familles avaient déjà germanisé leurs noms de famille. L^s Faulcon étaient devenus Falk; Veillard, Alt; Mettraux, Amman; Praroman , Perromann, D'Avry, Daft'ery ou D'Affry; Lombard, Lumbart, etc.

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bourgmestres et avoyers des États-villes, et des landammans des États campagnards.

Dans l'intérieur des cantons, Turiion ne régnait pas davanta,i:e entre les autorités et leurs ressortissants. A lierne, le gouvernement, serviteur tro[) docile de la France, fut obligé de dé[)0ser ses pouvoirs entre les mains de la bourgeoisie. Celle-ci les lui rendit ensuite, satisfaite d'avoir donné une leçon à (iuillaume de IJiesbach et à ses partisans.

Dans rUnderwald les gens de l'abbaye d'Eiigelberg, excités jiar la famille orgueilleuse de Scbaderower. déclarèrent formellement ne plii< vouloir reconnaître pour leur seigneui* le piince-abbé riinli Stadier. )]()() hommes des cantons protecteurs du couvent, Lucerne, Scliwyz et Underwald, sous les oiilres de Pierre Huss, occupèrent la vallée, et le conseil de guerre condamna h mort le chef de la révolte. .Iruni Sehaderower. Mais le noble abbé refusa de simav la sentence. « A Dieu ne plaise, dit-il, que je ratifie une condamnation capitale de cette main (|ui bénit au nom d'un Dieu do misi^'icorde (1480)'.

Les rapports entre l'Eglise et l'Etat, amélioré^ par le code eci'lt'siastique de 1^70, n'en donnaient pas moins lieu ;i bien des (pierelles. Une grande cause de désordre était l'usage qui s'était inti-oduil en cour de Uome d'accorder aux nombreux solliciteurs italiens ou suisses, des bénéfices non vacants pour être occupés après la mort du titulaire. Cet abus en entraîna un autre. Les papes donnaient quehpiefois ;i ces solliciteui's ou courtisans, comme les appellent nos chroniiiues, des bénéfices dont la collation appartenait aux chapitres nu aux gouvei iieinenl- -lisses. Une douille nonunation de ce genre causa la guei're de Moùtier- (irandval, où les coi-ps h'ancs l)ernois soutinrent le prt'vni de leui" canton, nommt' par le pape Innocenl N'Ill. contre le pri'vôl luct'rnois, »''lu pal" l(^ chapiti'e. Le trait»' de Coui'rendliii. en ic-liliiaiit a l'i^vèque de Hàle, souvei'ain de ce pays, la pi'opriét»' du territoue, en >ouunt les habitants aux HenioiN à litre de iirofnjrs, rotnhoiin/rois et (in.vihairt's jh'ijn'fnrls.

Keriie pi'olila de >oii ccimIiI aupies du pipe Innoi'eiil \lll pc»nr ohlenii' la suppression de idi'dre teuloniipie et le l'emplai'er pai- un chapitre de chanoines. Mais les ;jouv(Maiaiil^ beriuus. si liM'ls (juaiid \\ s'agissait de dépouiller un onli'c {•eli^ieiix el dt' s iMirit'lur ii >e> dt'p»Mi>. ne iiioiilicii'iil aucune Irrineli' dans une alTaire qui intéressait au plus

' l';issl)inil, (r'sahichh^ vnn Schtci/:, II. l:U. — Businiror, Geschichtt' van fnterud'ilrn, \\'n\ dit mot.— Voir Liolionau, lillrke in tlic Grschirhtr KnfftU>rr;fS, 187(», 'M. fiC savant Lnccrnois si» l)orno ji diro 4110 lu graoo ilo Jenni Schadorower fut ac- (•(Mil«M' M l;i suite lie tlivcrsos sollicitations.

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