‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 58 sur 72 · PAIX PERPÉTUELLE DE FRIBOURG AVEC LA FRANCE · texte numérisé non relu

PAIX PERPÉTUELLE DE FRIBOURG AVEC LA FRANCE

pour i"expédition d'Italie an cas où l'on restituerait au roi une partie des bailliages italiens, cédés aux Suisses par Maximilien Sforza. François P'* assurait encore à chaque canton un subside annuel de 2,000 francs qui fut porté à 3,000 par le traité subséijuent. Les privilèges commerciaux des Suisses établis à Lyon étaient garantis. Les cantons, en revanche, s'engageaient à fournir au roi une levée de 6,000 hommes en temps de paix et de 16,000 en cas de guerre. Les Grisons, le Vallais, St-Gall, Mulhouse, étaient admis à participer au bénéfice de l'alliance. Tel est le fameux traité de Fribourg, base de tous les traités conclus depuis lors avec les successeurs de François P'' et qui, selon l'expression de Chateaubriand « ne laissait aux Suisses que le stérile honneur de « verser leur sang pour la France sur les champs de bataille de l'Europe ' . »

Cette dépendance de la Suisse à l'endroit de la France ne commencera cependant à proprement parler que cinq ans plus tard, où la paix perpétuelle se convertit en alliance offensive et défensive de douze cantons et de leurs alliés (les Grisous, Mulhouse, Rothwyl, Biennc) avec François P'", à la diète deLucerne, le 5 mai 1521 ". Ce n'est qu'à partir de ce traité de Lucerne que les Confédérés échangent leur rôle d'arbitres de V Italie et de la politique européenne, que leur avaient valu leur supériorité militaire et les grands desseins du cardinal de Sion, contre la position humiliante de champions et auxiliaires de la grandeur et du despotisme des rois de France. Pendant trois siècles, tous les champs de bataille de ces princes seront arrosés du sang de nos compatriotes ; la, libre et glorieuse terre des Winkelried et des Nicolas de Flûe semblera souvent s'être transformée en une colonie et une pépinière de soldats do la France.

La prépondérance de François P'' fit aussi tomber Matthieu Schinner. Frappé de la mazze et proscrit de nouveau par six dixains du Haut-Vallais, le cardinal de Sion avait lancé derechef aussi l'anathème à Geoi'ges Supersax et aux patriotes armés contre lui. Le dixain de Louëche, qui lui était resté fidèle, et les Bas-Vallaisans qui regardaient ceux du Haut comme des rebelles, avaient pris fait et cause pour le cardinal. Tenant tête k l'orage et la menace à la bouche : « Briç^ue, s'était écrié Schinner,

« est le siège de la révolte, je le ferai démolir et raser. » Mais l'orage est plus fort que lui ; ses partisans sont battus ou se soumettent ; Schinner, réduit à fuir pour la seconde ou troisième fois,' se réfugie à Zurich (septembre 1518), où il cherche à se fixer et où il veut acheter une maison. Ce canton seul était toujours hostile à la France et suivait les

^ Chateaubriand, Etudes historiques. Edition Ladvocat, 1831, IV, 242.

^ Ce traité est dans Strickler, eidg. Abschiede de 1521 à 1525, appendice, 1491.

PARTICIPATION DES SUISSES A l/ÉLECTION DK CHAULES V. 'r2\

iii<[)ii";itions de son nouveau curé, l'éloquent Zwingli, granrl anu du cai'dinal, et un ai'dent champion de la j)olili(|ue roniaineV Secondé par cet homme inlluent et les magistrats zuricois, Schinner obtient le renouv(!llemeiit de l'union autrichienne et un vote formel de la diète en faveur de Charles V (rAutriche, compétiteur, |)Our la couronne impériale, de Trançois I'"', le vainijueur de Marignan et l'allié perpétuel des Suisses. Il se rendit lui-même ;i Worms, de la j)art du rf>i d'AnL'Ielerre Henri VIII, et contribua personnellement ii l'élection (jui eut lieu le 28 juin IT)!!), en dépit du pa()e Léon X, successeur de Jules II, (jui ne voulait ()as de Charles V. Mais les Suisses, comme les princes-électeurs d'Allemagne, n'inlervinreutpas gratuitement dans l'élection. La maison d'Auli'iche dut donner 800 llorins ;i clLupic f.intou >ans comptei" les pensions secrètes*. « Quand on parle ;i eu\, disait herghes, l'ambassa- (c deur de Charles V, il faut avoir de l'argent en mains comme si on « allait au marché. » François I'' n'avait pas non plus épargné les largesses, et son ambassadeur, Louis Dessoliers, avait parcouru divers cantons, mais sans succès. Les Fribourgeois eux-mêmes, nonobstant leur dévoucmcMit à la France, se bornèrent à promettre (pi'ils resteraient neutres. De ce cpie les Suisses recevaient de l'argent de Charles V, il ne faudrait donc [)as conclui'e ipTils n'agissaient (|ue sous l'iMiipire de ce métal, car le roi de France en était, comme ou >ait. plus iK'hementpourvu (pie son compétiteur. Unsniitimeut plus «HeviMpie liutérêt privé respin^ dans la l(!ttre adressée [)a!' les canton^ aii\ pniicc> t''lt'vtt'ur> pour les di'loiiniei' (IV'lii'c I-Vaiiçois I''. IIn dtM'laraicnt i|iit* cette élection serait un d»''>li()iin(Mir pour la nation alliMiiaiidi'. poiii' la chrétienté tout entière, et «pie |.oiir leur roinplc il> la vcrraieiil avci- It» plu< ^raiiil déplaisir « attaclu's, (li>ai(Mil-iU, coiuiiic nous le .M)mnie>>. au >aiiil cin- «( pire dont lloll^ avons rccii notre libert»' la meilleure et «tout nous « porhuis l'aigliMlans nos armoii'ies \ » An pipe Lt'on \ el au roi de France lui-même les Sl!i^^ev ('crivii-enl dans K' même ^l\le, >i dillV-rent de celui (pi ils emploNaienl lors de la guerre dt' Soiiabe *.

' (iisi, Ihr /!r:i(lniniffii 'in.^t hni tlv Schm'i: und l'.nijUiml in tien Jahren lôtù bis 1517, 270

-' (^)ir«'S]i(uitl;uii r niiicit'llc (1)> MiM'iîJM's, aiHl>assiul(ur ilii roi tlo Cnstitl»'. DiMUvirnls fxnd' r lli^toiii' (Ir /'V^n/i »•,')! s. I,»» cardiiinl île .Sjon n'«;ut vu cvHv rirronstaucc litoo lloriii> d'or *iii nu Ilniii \I1I. dont il rtait \o pensionnaire, eonune il était cidiii du roi dr CastiUi" et du papt'. * 11 faut, éi-rivait Uerijlïes an roi «le Tas- V tille. ('liarlt'> \', ipK» vous ave/ éuMnl à ee \\[\"\ est poure et ipi'on lui a pris « tous ses ItiiMis. .le lui ai donn>" looo llorins ri sidiieite les 1000 autres promis. v; ("est un leal per^onnaiic. li v a pitif à son eas (('»u>>tanee, 12 avril 151S). »

"' \ Oir la lettre des Contederes aux éltM"teurs. Se^'e^stM". .l/)>(/ii((/e tir lô'Kl à

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