‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 59 sur 72 · ACCROISSEMENT DE LA LIGUE HELVÉTIQUE · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DE LA LIGUE HELVÉTIQUE

Trois ans après l'infatigable Schinner reparaissait en Lombardie à la tête de 6,000 Suisses, contribuait à l'expulsion des Français et au troisième rétablissement des ducs de ce pays. Cette campagne, appelée la Guerre des draps de lit, parce que les soldats n'eurent presque pas occasion de camper en plein air, fut le dernier acte politique de la vie de cet homme extraordinaire'. Il mourut le 30 septembre 1522 dans la ville des papes, où il s'était rendu pour le conclave qui avait nommé Adrien VI * (9 janvier de la même année). Peu de temps avant sa fin, l'évêque de Sion avait obtenu de l'empereur Charles-Quint la confirmation de tous les droits contenus dans la Caroline ou fausse chai-te attribuée k Charlemagne. Mais il n'eut pas le temps de la faire valoir, et n'aurait d'ailleurs pas réussi à l'imposer à un peuple qui bravait les foudres de l'empire comme celles de l'Eglise.

4. Nouvel accroissement de la Ligue lielvétique. — Appenzell foriue le XIH''^^ État de la Confédération. — Hugues Berthelier et Bonivard. — Alliance de Genève avec Fribourg et Berne. — Lausanne se rapproche également des Suisses. (1513 à 1530.)

Georges Supersax, l'implacable ennemi de Schinner, ne fut pas beaucoup plus heureux. Maître un instant du Vallais, qu'il gouverne sous le titre de Curateur de la république et auquel il donne un évêque de son choix (Philippe de Platéa), Georges Supersax vit le parti des neutres s'élever contre lui, et frappé de la mazze à son tour, il alla, neuf ans après, mourir à Vevey, où l'on voit son tombeau dans la grande église.

La période de 1513 à 1520 est remarquable par l'accroissement de la ligue helvétique. Les Appenzellois , simples protégés des Suisses en 1411, admis ensuite au rang d'a/fe p^rp(?/?(^/s (Eidgenossen), avaient obtenu leur entrée dans l'alliance fédérale à titre de ligue ou de canton. Mais, considérés néanmoins comme inférieurs aux autres Etats, il leur était interdit par l'acte d'alhance de faire aucune guerre ni aucun traité sans l'approbation des Confédérés. En cas de guerre entre ces derniers, Appenzell devait, comme Bàle et Schaffhouse, observer une stricte neutralité (16 décembre 1513).

^ Scliinner eut dix voix pour la papauté. Mais il résulte, de sa correspondance secrète avec le cardinal Wolsey, premier ministre d'Henri VIII, qu'il travaillait dans l'intérêt de ce dernier qui, en 1518, lui avait fait avoir une pension de 1000 florins d'or. Manuscrits anglais, analysés par MM. Bachofen et Stehlin, de Bâle, dans les Archives de la Société d'histoire suisse, XII. A Rome, Schinner possédait une belle maison sur l'Esquilin. Fabroni, Viia, Leonis.

2 « Tout va bien à Rome, » écrivait à ce sujet le cardinal français du Bellay, « le cardinal de Sion est mort de la peste. »

ACCKOISSKMK.M DK I.A I.ICli: nr.r,\ KTInUE. 'i^'^

L'annexion d'Appenzell ajoute un tieizième Etat aux douze ligues do la Haute-Allenrta,i,^ne et clôt la Confédération des Treize Cantons, qui se maintiendra ainsi constituée jusqu'en 1798.

Les allu's perppluf'ls des Suisses (lù'df/f'nossfn, ZurjciKandh' Orte) s'accroissent de deux Klats nouveaux, Mulliousii cl Kohlwvl, unis jusque-là aux li,i,uies par un lien purement temporaire. Deux autres villes du voisina'ze, la cité impériale de Besancon et celle de Montbéliard, s'allient à cei'tains cantons; la première avec Hei'ue, Fribourg et Soleure (2i déc. ir)18), la seconde avec Soleure seulement.

La Cordédération agrandie à Touesl pai' rocnipalion de XeucIrUel (1512), s'étendait encore de ce côté [)ai- la ('(jmbourgeoisie de (ienève avec Fribourg (1510).

Suisses de cœur, sous leurs piinres français et germanirpies, les Neuchàtelois avaient combatlu daii> les rangs {U'> ConIV'dt'rés à Saint-Jac- (jues, à (irandson, à Dorneck, et s'y trouvent encore à Xovare et à Marigfian. Il eût été facile aux Suisses, pendant l(Mir administration qui dura 19 ans, de faire de ce peuple lein* allié |»(m pt-iucl : mai^ \w ^t* considérant que comme diîtentcurs du comté, et liabilui'.N ;i traiter en sujets les pays conquis, les (^onfédt'rés se boi'néi'ent à gouverner le pays en attendant la restitution ipiise fit en avril L")29. où la diète de Haden se laissa persuader [)ar iUi<> raisons sounuutfs di' rendre le pays de \eucliàtel à la maison de LoFigiievillc a[q)uyée par le^ ambassadeurs de François I''''. Mais les ipiatre cantons alln's. Berne surtout, l'onservèrenl ini cei'tain patronage sui- les Xeudiàtelois.

Genève, dont rallianci^ de I i77 avec Berne et Fribourg avait été l'œuvre de révêijue seul et de la peur, plutôt que de la sympathie, devenait maintenant Talliée dircM'te (U'> Suisses appelés à protéger son indépendance dans ses luttiN suis lin avec la maison ili^ Savoie. Deux partis divisaient les citoyens de cettt^ ville, les /w7//<'/m/.v(^Kidgenossen) ou j)artisans {\{i<< Suisses, les Ducaux ou Mameliis ( Mameloucs). Le premitM' parti l'ayant enq)ort('' en ^-'o//v'7y7^'//c////on assembh'e île tous l('> ('it(^yen>, se mit sous la piolectioii des l'Viboiirg(M)is. L'alliance jm'ée d'aboi'd seuliMuent par 7V (ienevois (7 janvier 1511)) le lut eii^iiito par tout le pe(q»le, le (\ le\riiM\ sur la place du Motard. •> ce (iriitli gtMievois. » Mais ralliaiicc {\r< deux \illes avait iiKM-tellenieiit (»tyens<'' IT'véqui'-prince .lean-Loiiis et --oii puiN^aiit (•oiism d pinlerjeur Cliaile- III . iliii" «le Siivoie ( 15()'i- |55;i). Charles essaya de loiiqire l'e tiailt' par la force et piMKMiM dans (leiievt' a\ei' mu» aiaiiiM' de Id.iMIO hommeN. \ii\ j-pis de donleui" de^ Liumiciio!^ diMil un ^ciiid iioinlce a\ail chi-rclu' asile à FiihoiirL!. ce ('aiilon le\,i ÔOOO .^ars. el IVidiilin Maiii. renvové fri-

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