‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 60 sur 72 · GKNEVE ALLIÉE DES SUISSES · texte numérisé non relu

GKNEVE ALLIÉE DES SUISSES

bourgeois, tint tète au duc, qui relira son armée. Les principaux chefs des Eigueuots étaient Bezanson Hugues et Philibert Berthelier. Le premier était un mai'chand de fourrures, éhi en 1518 premier syndic de la ville, homme prudent, grave, énergiijue, :^urnommé\e pérft de la patrie. Il était en grand crédit à Fribourg. où il avait acquis la seigneurie de P('Mo!e, aux portes de la ville, et où l'avoyer le fit un jour asseoir à côté de hji dans une séance des 200, assemblés pour les affaires de Genève. Lu second, châtelain épiscopal de Peney, était regardé comme un mauvais homme par quelques-uns à cause de la dissipation de sa vie, mais n'en était pas moins un grand citoyen par son dévouement sans bornes il la cause de la liberté. Bien qu"il eût plus de cinquante ans, il s'était mis à la tête de la jeunesse et, sous prétexte de partager ses plaisirs, il l'avait organisée en une compagnie pohtique et militaire sous le nom d'enfants de Genève et de confrérie de St-George, avec cette devise: « Qui touche l'un, touche l'autre. » Au coup de sifflet bien connu de leur chef, les enfants de Genève et les confrères de St-George accouraient se ranger autour de lui sur le Molard. Proscrit déjà, en 1519, par le duc de Savoie, il avait trouvé à Fribourg, dont il avait été reçu bourgeois deux ans auparavant, une réception honorable. Mais ne pouvant vivre hors de sa patrie, il était rentré à Genève et continuait à faire une opposition audacieuse au parti savoyard. Souvent des rixes meurtrières éclataient dans les rues au cri de: à moi les enfants de Genève; au Rhône les Ducaux, les Mamelus. On distinguait les deux partis à la plume de coq que portaient au chapeau les Eiguenots et à la branche de houx qui décorait celui des Mamelus.

A côté de Hugues et de Berthelier, et combattant comme eux pour les libertés de Genève, se faisaient remarquer un gentilhomme, savoisien d'origine, François de Bonivard, prieur de St-Victor, esprit fin, élégant autant que hardi et plein de naïveté malicieuse, peu économe de son bien, et passionné dans ses écrits comme dans sa vie; le syndic Pierre Lévrier, déjà incarcéré en 1507 pour avoir défendu contre le duc les libertés de la ville; Jean Pécolat, que sa qualité de commensal de l'évêque .Jean de Savoie n'empêcha point de joindre pendant 15 ans ses efforts à ceux du parti national ; accusé d'avoir prédit la mort de l'évêque, il fut mis à la torture et fit, vaincu par la douleur, des aveux compromettants pour lui et pour Berthelier. Ses amis ne trouvèrent rien de mieux, pour le sauver, que d'en appeler à l'archevêque métropolitain de Vienne dont relevait l'évêque de Genève.

En même temps, le duc, parvenu à faire rompre par la diète suisse la combourgeoisie de Fribourg et Genève (17 mars 1519), rentrait

Page 1