R<>iHle1>aii<l. roi «los Itiirt^iiiHlos (IT<t-5l
Grégoire de Toui*s, évé(jut^ gallo-romain (|ui vivait au VI""' siècle de notre ère, rappoi'le qii'a|»rès la niorl de GundiiH'. i-di i\[^^ niirL:unde»
' .lalin. II, -10!).
^ liCttros de Sidoino Apollinnirc, rv(*(|no et grand sriuiuMir trallo-romain do la Hiirtrimdip. (Lettres VlU et Xll). Ia's sons <:uttniaii\ dos r.iirumnh's l«'s tout surluuniiior i>ar Luitprand liniuiuUioms ((iorLïulliuubj : rr»>i'tor >«n]ioiitiain toto oro lo(iuuiiti!r. ^ AntuiHula^is, III, 11.
*'' Oroso, Vil, \V1.
* .lalin, 1, (1.
La dat(> oxacto «le raNcnonioiit do (londobaud ost inrort«in<^ ot varierait do ICC à ITJ, soloii r.indiiiLT. l>roiniurI, (rVm(i/o//iVo/«<' 7'(i/>(7/o;», donne la date de 47:^ ■.woc un |>oint d'iiifci ro^'ation.
44 KKS PEUPIJ<:S GERMAMOUES.
(après 46G), le royaume fut divisé entre les quatre fils de ce prince, Gondebaud, Godemar, Godégisel et Gliilpéric, et que le premier de ces princes, qui en était l'aîné, fit périr successivement tous ses frères pour régner à leur place et fonder l'unité de l'empire burgunde. La critique a contesté en partie ces données qu'elle taxe de légendaires. Elle nie que Godemar ait jamais régné et que Gondebaud ait pu le faire périr dans les flammes à Vienne. Le récit même de la mort de Chilpéric à Genève, où il aurait été décapité et sa femme jetée au Rhône, ses deux filles Glotilde et Sédeleube bannies, serait aussi une légende recueillie par Grégoire de Tours et embellie de nouveaux détails par Frédégaire, moine du VII'"*^' siècle \ Si l'on en croit môme quelques historiens, la mort de Chilpéric aurait été pleurée par Gondebaud ; la femme de Chilpéric n'aurait pas été jetée au Rhône et aurait, au contraire, fini ses jours dans l'église Saint-Michel, de Lyon, où on lit l'épitaphe de cette princesse nommée Caritène. Ses filles Glotilde et Sédeleube, loin d'être bannies, vivaient à la cour de leur oncle où les trouva l'envoyé de Clovis, roi des Francs, lorsqu'il vint demander Glotilde en mariage. Mais tous les arguments de cette critique sont loin d'être décisifs et se trouvent même en partie annulés par une autre plus savante. Aussi le témoignage de Grégoire de Tours et de Frédégaire concernant le meurtre de Ghilpéric et de Godégisel a-t-il été admis par les historiens français les plus autorisés, Augustin Thierry, Henri Martin et J.-J. Ampère dans sa belle et savante Histoire de la littérature de la France avant le AT/'"*^ siècle. L'opinion de ces écrivains est partagée par Edouard Secrétan dans son Mémoire sur le premier royaume de Bourgogne, et par M. Jahn dans sa savante Histoire des Burgundes \
De ce que l'évêque Avitus louait la piété de Gondebaud, et parle des larmes qu'il aurait versées sur la mort de ses frères, M. Binding a eu tort de conclure à l'invraisemblance et à l'impossibilité de la culpabilité de ce roi. Ce raisonnement n'est pas fondé. Gomme le fait observer M. Jahn, Avitus ne blâme pas non plus Sigismond du meurtre de son fils, mais le loue de l'institution d'une psalmodie perpétuelle à Saint- Maurice. Les idées et les mœurs de ce temps n'étaient pas les nôtres. Les crimes de Glovis n'ont pas empêché Grégoire de Tours de dire que Dieu jetait tous ses ennemis par terre à ses pieds parce qu'il marchait d'un cœur droit devant lui. « Il est déplorable, » dit M. Ampère, « de « voir un homme comme Avitus entraîné par V ardeur du prosélytisme à « faire de telles concessions. Mais là (dans ce prosélytisme) est le secret
^ Binding, 115.
'-^ Jahn, Geschichte der Burgiindionen imd Burgundiens, I, 544.
LKS l'KlIM.KS (,i:i{M\.Mf|LKS. 45
'( de l'adulation d'Avitus *. » On trouve bien d'autres choses étranges (Jans les récits de ce siècle.
Avant d'être roi, Gondebaud avait déjà donné la mesure de son anibition en |)renant une part active aux intrigues de tout genre et parfois aux scènes sanglantes qui entourent le trône des derniers empereurs romains; il obtint de l'un de ces princes, Olybi'ius, le titre de patrice ( i72), et d'Odoacre, le roi des II(*rules et maître de l'ilalie, la cession de la Ligurie (pays de Gênes). Mais la promesse d'Odoacre ne s'étant [)as réalisée, (iondebaud se jeta sur la Haute-Italie avec ses bandes chevelues et emmena plusieurs milliers de personnes captives en Bourgogne.
Vingt aiis plus tard,Théodoric, roi des Ostrogoths, s"em[)araitdu trône d'Italie et se débarrassait d'Odoacre, tué dans un banipiet. Le nouveau dominateur aimait mieux avoir Gondebaud pour ami (jue pour ennemi. Arien comme lui, il avait intérêt h s'en faire un allié ro!)tre ses sujets catholiques orthodoxes. Il donna sa iille Ostrogolha en mariage au liU aîné de Gondebaud, nommé Sigismond, et profita de ces relations de parenté pour négocier le rachat des familles captives en Hurgundie. L'évêque de Favie, Epiphane, chargé de la négociation, se rendit à i^yon, résidence de Gondebaud, puis à Genève où son frère Godégisel tenait sa cour. Gondebaud accorda la liberté sans rançon à une partie des prisonniers et fit payer une rançon aux autres. Godégisel, qu'on appelait le roitelet (regulus), Ji'osa pas faire autrement que de suivr<> l'exemple de son |)uissant frère (494).
La Gaide, à cette époque, était partagée entre les Romains, les Ailemannes, les Hurgundes et les Francs encore idolàli-es.
Les Fi'ancs, de tous les peuples germani(jues le plus iii>e el le plu> v;iillant, se proclamaient eux-mêmes en tête de la loi saliijue t ainsi nommée des Francs Saliens), ^( une race illustre fondée par Dieu, ftulc « sous les armes, dune beauté et d'une blancheur singulières. » Les historiens étrangei-s leur sont moins favorables. ^ Les Francs. « dit Vopiscus, éci'ivaiii lalui du IV""' siècle. « sont accoutumés à violer « en liant leurs sei'mciils cl la foi jui't'e. »
(le polirait, en œ (|ui conceiMie Glovis du moins. \\o parait i»as trop chargé et résume assez, bien le svstènu* alroee et (u'iliiie nn> en ceuvn' par le fondaleui" de la monai'chie frauiiue pour se ilèl)arrasser île tous ses |>ai-enls: les petits lois de (lologne, de Saint-Omei". de (Mimbray et du Man> ". Aussi bi'ave et eiitreprenanl (|ii'av|inMfU\ et ('rnel. Glovi<
' Ampôro, lllstoirc littn'diir dr la France avant le XII*'''' such\ p. 201. - V Clovis, "» (l.t (.'li;it»>:iuliiiainl, * tu;i tous sos parents, petits rois de Colonne, * St-C)iner, etc. v (£t. hist., 111, 322). Tous les historiens de Franee disent -l-^ Tn.'m.v
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tourna ses armes contre tous les peuples qui occupaient la Gaule ou les contrées limitrophes. Les Romains de Soissons, les Allemanues et les Armoricains ou Bretons furent successivement vaincus et soumis. Les Allemannes du Nord tombèrent en 496, prélude du sort qui attendait plus tard leurs frères du sud (habitants de la Suisse et de l'Alsace). Ces derniers ne furent épargnés dans ce moment que grâce à l'intervention de Théodoric, roi des O^trogoths d'Italie, celui qu'on nommait l'empereur de la Barbarie.
Les Visigoths et les Burgundes n'échappèrent pas à la soif de conquête qui dévorait les Francs. Aussi rusé qu'habile, Clovis avait guetté l'occasion propice de s'immiscer dans les affaires des Burgundes €t la trouva en demandant en mariage la nièce de Gondebaud, Glotilde, princesse belle et dévote. Le roi burgunde n'osa pas la refuser (entre 491-496). Glotilde, si l'on en croit Grégoire de Tours et Frédégaire, sortit de Burgundie dans une basterne traînée par des bœufs et escortée de soldats francs. Mais, avant de quitter les États de son oncle, elle ordonna de mettre à feu et à sang tous les villages voisins à douze lieues à la ronde. Ce récit est encore traité de légende par Binding, Fauriel, et éveille aussi les soupçons de l'auteur de V Essai sur la féodalité, Edouard Secrétan. Il en serait de même de la façon dont Glovis noua des intelligences avec Glotilde et que Frédégaire raconte d'une façon si dramatique. Un des agents de Glovis, un Romain nommé Aurélius, se serait introduit auprès de la princesse lorsqu'elle faisait l'aumône aux portes du palais de son oncle et lui aurait remis un anneau que Glotilde accepta avec d'autant plus de plaisir qu'elle avait k venger la mort de son père Ghilpéric, décapité par ordre de Gondebaud.
Ge qui est bien positif, c'est que la guerre éclata quelques années après entre Gondebaud et Glovis. Ge dernier eut pour allié dans cette guerre d'abord l'un des frères de Gondebaud, Godégisel, offensé sans doute de s'entendre appeler le roitelet de Genève, et auquel Glovis avait fait des promesses. Une autre alliance plus utile encore à Glovis fut celle des évêques catholiques de toute la Gaule. La conversion de Glovis au cathohcisme, œuvre des circonstances et de sa femme Glotilde, avait comblé de joie ces prélats. A peine était-il baptisé que le plus influent des prélats de la Burgundie, Avitus, archevêque métropolitain de Vienne en Dauphiné, lui écrivait : « La terre entière doit se réjouir des rayons « de votre soleil. Votre victoire est notre victoire. Mon maître, qui est « le roi de sa nation, doit être le soldat de la vôtre'. » Toutefois, il y aurait eu encore un moyen pour Gondebaud de détourner les armes
* Lettres d'Avitus.
LES PELPLKS (iKlOl X.MmLICS.
des Francs et de se réconcilier avec les évêques, c'était d'abjurer larianisme. Les évêques catholiques de la Burgundie, réunis à Lyon en août 499, à l'occasion d'une fête religieuse, firent une démarche dans ce sens auprès du roi burgunde qui se trouvait alors dans les environs. « Mais si votre foi est la véritable, )> objecta Gondebaud, « pourquoi les évêques n'empêchent-ils pas le roi des Francs de se « liguer avec mes ennemis [)Our me faire la guerre et m'anéantir ? « car l'appétit du bien d'autrui et la soif du sang des peuples ne sont « pas une religion. C'est par les œuvres qu'on prouve sa foi. » — « Retournez à la loi de Dieu avec votre peuple, )' répondaient les évêques, « et Dieu vous donnera la paix au dedans et au dehors de « votre empire. — « Je ne repousse pas la loi de Dieu, » répliquait Gondebaud, « mais je ne puis pas croire à trois Dieux. )> Une conférence des évêques orthodoxes et ariens, présidée par le roi, n'eut d'autre résultat que d'aigrir de plus en plus les esprits.
La guerre éclata l'an 500. Gondebaud. attaqué à la fois par les Francs et par son frère Godégisel, essuya une sanglante défaite sur les bords de l'Ouche, près de Dijon, et dut aller s'enfermer dans la ville forte d'Avignon*. Mais soutenu par ses sujets et ayant i"tMi>-i ii réunir de nouvelles forces, Gondebaud va assiéger la ville de Vienne où son frère Godégisel se trouvait avec des troupes franques, s'enijiare de la place, grâce à la trahison d'un fontainiei* (pu lui ouvie les aqueducs, et tue son frère de sa propre main, au pied des autels. En même temps, j)ar une adroite politiijue, il épargne les soldats de Clovis et les renvoie sans rançon à leur roi.
L'unité burgunde était fondée. Gondebaud en protite pom* assurer le trône à son fils aîné, Sigismond, (pril l'ait reconnaître pour son successeur. En même temps il travaille, par de sages lois, à foiidi-e les races qui divisaient l'empire*. Il cherche aussi à n'parei- les maux de la guerre. Genève en avait soulVerl ; il la rebâtit et l'agrandit, connue on le voit [)ar une inscription découverte au Boui-g-de-Four. dan- rcii,' ville. Dans le dessein de si* i'apj)r()cher toujours phi> de ses sujet> callu»hipies et même de Clovis, il consiMitit ;i «'levei' ses lils dans la reli^'iiMi de Home, il rompit ainsi iinprudennnenl avec la politi(jue arienne it laipielle Thi'odoiic U) Grand, roi {\c:^ Ostrogoths. lui ('onseillait d»' re>tei' fidèle et (jui aurait pu >au\er les Hurgunde> iW> enlrepri>e> dos
' Quelques autours pivtoudtMit (juo Goudoliautl tlut se roconn.iitro tril>utairo i\o Clovis ot lui crdiM- mi ctun do ]i;iys situo c\\ ilerà ilu iKnibs (Porrontruy ot Monti)rliarii).
' (îri'ijoirc tir 'l'ours.