TRAITE DE WESTPHALIE
« En quoi ralliance de la Suisse a-t-elie servi à la France, » osa dire le premier ministre ? Mais l'ambassadeur de France en Suisse, La Barde, avait compris lui, que de pareils procédés étaient faits pour aliéner à tout jamais les Suisses et pour empêcher le renouvellement de l'alliance française qui expirait en 1651. Déjà, en effet, l'ambassade suisse, conformément à ses instructions, s'occupait à ramener toutes les troupes dans leurs cantons respectifs. Le ministre alors se ravise: un demimillion est payé comptant aux députés, et trois autres millions en billets et en pierreries sont remis par la reine mère entre les mains du colonel suisse \
Le rôle de Wettstein, si honorable dans la politique extérieure, ne l'était pas moins à l'intérieur de son canton et du corps helvétique. Membre de cent vingt diètes, choisi pour arbitre dans tous les différends, il suivit, quant à la politique fédérale, les traces d'Égide Tschoudi, défendit avec énergie et persévérance les principes de la légalité, de la neutralité et de la parité confessionnelle. Jaloux de l'agrandissement pacifique de la Confédération, il eût voulu resserrer les liens des Suisses catholiques avec révèché de Bâie et la Franche-Comté, et ceux des Suisses protestants avec Neuchâtel et le pays de Montbéliard. Il était secondé dans ses vues par le général Zweyer d'Évebach, landamman d'Uri et chef du parti impérial auquel Wettstein inclinait plutôt qu'au parti de la France. Mais l'élimination de Zweyer (1663) obtenue par l'ambassadeur de France, La Barde, à la landsgemeinde d'Uri, et les conflits confessionnels mirent obstacle à la réalisation de ses vues, sans lui ôter l'estime et la confiance de la nation. < Pendant l'espace de quinze ans, le Bàlois Wettstein, dit un de ses biographes, resta l'homme d'État le plus considéré et le plus influent de la Confédération^ j> (1651-1666).
* Papikofer et Kaiser, eidg. Ahschiede de 1649 à 1680, p. 24, 30 etc., — YaHiemin, Histoire de la Confédération suisse^ XIII, 12.
' Heusier, Der Biirgermeister Wettstein. Basel. Schweighanser, 1851.