NOUVELLES AUTORITÉS FÉDÉRALES
l'école polytechnique ( le 1 5 octobre 1 855), ne sont pas les seuls actes remarquables de cette première période de la nouvelle organisation fédérale. Il faut ajouter aux principaux bienfaits de ce régime la loi sur les heimathlosen, qui a guéri une plaie honteuse et saignante du corps social helvétique ; la loi sur les péages, qui, en supprimant les entraves à la circulation intérieure, a démontré une fois de plus les avantages du système de liberté et de Ubre échange ; la réduction des frais de guerre imposés aux Etats du Sonderbund.
Cette réduction équitable, jointe aux grandes dépenses faites par le gouvernement fédéral pour la correction de la Reuss et pour l'établissement de voies de communications dans le Waldstsetten, n'a pas peu contribué au rapprochement des esprits, et a rattaché la Suisse primitive à un ordre de choses qu'elle n'avait accepté d'abord qu'avec répugnance et appréhension.
Le Conseil fédéral de la première formation avait cherché aussi à réaliser l'idée d^me Université fédérale exprimée par projet de Constitution. Cette institution, rêvée déjà sous la Constitution unitaire et réclamée par les meilleurs esprits, sous la Restauration et après 1 830» fut en effet votée par le Conseil national ; mais elle échoua an Conseil des États devant les tendances positives à l'excès d'une partie de la Suisse allemande, et devant l'antipathie déclarée de la Suisse française pour une centralisation des études qui ne lui semblait pouvoir s'accomplir qu'au détriment de sa langue et de ses propres établissements d'instruction supérieure.
Les rivalités des cantons qui se disputaient le siège de l'Université n'étaient pas faites non plus pour faciliter la création projetée. Cette situation, et les inconvénients attachés à la création d'un centre unique et qui ne serait peut-être stmse et national que de nom, ont fait dès lors surgir l'idée que la Confédération ferait peut-être mieux d'appliquer au perfectionnement des institutions existantes une partie de la somme que lui coûterait la fondation de toutes pièces d'une grande Université.
Le Conseil fédéral de 1848 eut l'occasion de montrer sa sagesse dans les questions internationales qui forment toujours Tune des grandes difficultés de la politique helvétique. Le roi de Sardaigne, Charles-Albert, étant entré en guerre avec l'Autriche pour délivrer la péninsule du joug de cette puissance, demanda k la Suisse une alliance offensive et défensive. L'ambition de jouer un rôle en Italie à l'instar des Suisses du XVI"* siècle, et le désir généreux de travailler à l'émancipation des peuples, tentèrent plusieurs têtes politiques dans la Confédération. Il