QUESTION D*ITAUE RT DE SAVOIE
n'était question de rien moins que de jeter 25 ou 50,000 hommes en Lombardie^ et déjà des citoyens de pinceurs cantons s'agitaient dans ce sens. Mais Ochsenbein et Munzinger soutinrent avec énergie dans les Conseils et firent prévaloir contre Slaempfli la seule politique qui puisse convenir à la Suisse et qui Ta sauvée pendant les grandes guerres des XVI"* et XVII"* siècles, la polUique de neutralité armée (1 4 avril 1848), envers et contre tous. Cette politique n 'empocha pas un certain nombre de volontaires de passer les Alpes et d'aller combattre pour ritalie contre l'Autriche \
On a reproché au Conseil fédéral de cette époque d'avoir entendu trop étroitement cette neutralité en néghgeant l'occasion d'occuper les provinces de la Savoie conformément au droit que lui en donnaient les traités de 1815. Mais à cette prise de possession s'attachaient des dangers de plus d'un genre dont le principal eût été de s'aliéner peutêtre le pays qu'on aurait occupé malgré lui. Un État comme la Suisse, d'ailleurs, n'a rien à gagnera la réunion dépeuples qui n'ont pas vécu de sa vie et ne peuvent s'associer à son passé et à ses souvenirs.
Le droit d'asile est intimement lié à la neutralité. A la suite des révolutions avortées de Bade, du Wurtemberg et de la Bavière, un grand nombre de réfugiés se trouvèrent de nouveati jetés sur le sol suisse. On comptait à certain moment jusqu'à 11,000 fugitifs dans la Confédération. Le Conseil fédéral dut lever 24,000 hommes pour désarmer ces malheureux et pourvoir ensuite à grands frais à leur entretien.
L'Autriche et les autres cabinets monarchiques s'émurent de cette agglomération d'hommes entreprenants et réduits au désespoir. Vainqueurs de la révolution dans leurs États, les monarques européens, se souvenant de 1847, prêtèrent l'oreille aux conseils intéressés de ceux qui leur dépeignaient la Suisse comme le siège de la propagande et le berceau de la révolution européenne. Une conférence se réunit à Paris dans le but avoué de prendre des mesures militaires pour éteindre ce foyer d'incendie (7 janvier 1850). Siegwart, retiré à Sigmaringen, Bernard Meyer et les autres chefs exilés du Sonderbund se prirent à espérer une restauration. Le parti royaliste s'agitait sourdement à Neuchàtel et méditait un coup de main contre la république. Pour déjouer les trames des ennemis de la Suisse, le Conseil fédéral ne recula pas devant le blâme de la presse et l'impopularité qui s'attachait à des me-
* Parmi les défenseurs de Venise, l'histoire d'Italie a enregistré le nom du capitaine thurgovien Debrunner.
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