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LUTTES INTESTINES A FRIB0UR

sures dictées en apparence par la crainte du fort et le mépris du faible. Druey, alors chargé du département de justice et police, fit usage, même contre la volonté expresse de plusieurs cantons, du droit que l'art. 57 du pacte donnait à la Confédération d'expulser des étrangers dangereux pour la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse. L'opposition que firent à Druey, son ancien ami politique Eytel et Weder de Saint-Gali, ne trouva aucun appui sérieux dans les Conseils.

Pendant tout ce temps, la plus grande tranquillité n'avait cessé de régner dans les cantons qui avaient fait partie de la ligue séparée. Fribourg seul faisait exception.X'exil de six des chefs du Sonderbund \ l'imposition mise à la charge des auteurs et fauteurs présumés de cette alliance, l'opposition de Tévêque Marilley à la suppression des couvents et à certains articles de la Constitution et le serment de fidélité à cette même Constitution exigé de tous les citoyens habiles à voter, telles étaient les causes visibles de la fièvre qui consumait ce pays depuis le jour de l'entrée en fonctions du nouveau gouvernement.

Une lutte acharnée s'engagea entre le clergé et l'État. Pour résister avec plus d'avantage, le gouvernement radical de Fribourg avait conclu un concordat le i5 août i848 avec les autres États compris dans le diocèse de Lausanne (Genève, Berne, Vaud, Neuchâtel). Un ultimatum fut fixé à l'évêque pour se soumettre (23 octobre 1848). Celui-ci s'y refuse, et, en même temps, une insurrection éclate à Rue et à Châtel, lieu natal de Mgr Marilley. Prenant alors une résolution extrême, le Conseil d'Etat, présidé par Julien Schaller, s'entoure de bataillons vaudois et bernois, et fait saisir, le 25 octobre, à minuit, révêque Marilley dans son palais épiscopal, pour être livré à l'autorité vaudoise et enfermé au château de Chillon, d'où il sortit deux mois après pour vivre en exil à Divonne, à deux lieues de Genève.

Mais l'éloignement de l'évêque, loin de rendre le calme au canton de Fribourg, ne fit qu'exaspérer les masses. Les recours inutiles adressés à l'Assemblée fédérale achevèrent de pousser les esprits à la révolte et firent surgir plusieurs insurrections. Dans presque tous ces mouvements figure, tantôt comme sergent, tantôt comme général, un marchand de bestiaux, ancien maître d'école, nommé Carrard. Le 22 mars 1851, suivi d'une poignée d'hommes résolus, Carrard, le sabre nu, pénètre jusque dans la ville et braque au haut de la rue de Lausanne deux pièces d'artillerie enlevées dans un arsenal adossé aux remparts. Mais il

* MM. Fournier, avoycr, JEbi, doyen, Week (François), yaiUant, Ammann Gardian.

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