LUTTES DES PARTIS A BERNE
homme nouveau. Il avait occupé te poste de landamman, présidé le Grand Conseil en 1 840 et siégé à la Diète avec son combourgeois Neuhaus. Il s'était ensuite séparé de lui dans la question des couvents d'Argovie dont il n'approuvait pas la suppression. Son principal mé* rite, aux yeux de beaucoup de gens, était d'avoir mis fin, comme arbitre, au déplorable conflit qui s'était élevé eutre la ville de Berne et le gouvernement au sujet de l'acte de dotation de i803 et qui avait pris une tournure irritante, plus politique que judiciaire.
Les principaux orateurs du parti des noirs étaient St^empfli, Nigge- 1er et l'éloquent professeur Antoine Henné de Saint-Gall, appelé huit ans auparavant par Neuhaus à la chaire d'histoire de l'Université. Ochsenbein, l'ancien compagnon d'armes de Staempfli dans sa double campagne contre Lucerne et contre Neuhaus, s'était rapproché du parti delà Leuenmatte et opposait maintenant la démocratie 6fancA^ à la démocratie noire ou rouge de Stœmpfli. Les élections du 5 mai suivant donnèrent gain de cause aux noirs par 45,000 suffrages contre 38,000. Blœsch le premier, puis un patricien, nommé Fischer de Reichenbach, un aubergiste de la campagne, nommé Straub, le marchand de fer Foueter, et le boucher Stoss devinrent les chefs du nouveau régime avec les avocats Moschard de Moûtiers et Elsœsser de Porrentruy. Blœsch fut mis à la tête du conseil exécutif avec le titre de landamman.
La majorité conservatrice au Grand Conseil n'était que de 16 voix (117 contre 1 01) ; la modération semblait donc commandée par la prudence au nouveau régime. Mais au lieu d^ se borner à être libéral et conservateur, le gouvernement Blœsch se montra réactionnaire et persécuteur. Pour combattre l'influence du parti de Nassau et du gouvernement des corps francs (comme l'appelait Jean Schnell), il supprima l'école normale de Munchenbuchsee et mit à la porte sans autre forme de procès rhabile et honorable directeur Grunholzer et ses collègues. L'école normale de Porrentruy où les deux confessions avaient vécu €ôte à côte en bonne intelligence depuis 1836, fut fermée aux protestants et le collège de la même ville soumis à l'influence cléricale par l'élimination de trois professeurs qui avaient le malheur d'être libéraux, M. Xavier Kohier entre autres. Une loi en projet sur l'instruction publique amoindrissait le traitement des instituteurs primaires, en diminuant le nombre des années d'école. La presse devait être bâillonnée, la bastonnade maintenue pour certains délits, conformément d'ailleurs à ce qui se pratiquait dans plusieurs cantons de la Suisse allemande, jiiais au grand scandale d'une partie de la population française. L'appui donné à ce régime par le futur empereur Napoléon dont l'ambassadeur