LUTTES DES PARTIS ▲ BERNE
félicita les blancs de leur victoire, n'était pas fait poui* accroître leur popularité en Suisse.
Aussi mal vu, dès le début, par le pouvoir fédéral, le gouvernement Blœsch eût-il à lutter contre une opposition des plus violentes, dirigée dans l'ancien canton par M. Staempfli et par M. Stockmar dans le Jura, où le chansonnier Cuenin harcela le pouvoir des traits satiriques du Zin-zin et du coucou ^ répétés avec un entrain extraordinaire dans tout le pays. La partie allemande avait aussi son chansonnier satirique dans un serrurier de Signau (Widmer). Les procès de presse et les emprisonnements ne firent qu'envenimer les querelles. L'occupation militaire de TErguel, loin d'intimider las esprits, les exalta davantage. Enfin, au bout de quatre ans, le parti conservateur, de guerre lasse, capitula avec son adversaire. Une sorte de fusion ou plutôt de transaction ménagée par le colonel Kourz et d'autres modérés, eut lieu entre les deux partis dont les chefs, Blœsch et Staempfli, entrèrent en même temps au Conseil exécutif avec un nombre égal d'adhérents. Le landamman Blœsch fut maintenu chef du pouvoir par 182 voix contre 23.
> Mais ces sortes de transactions ne peuvent réussir que par des prodiges de loyauté et de délicatesse dont les partis sont rarement capables. Favorisé par la division des conservateurs, le parti radical ne tarda pas à reprendre le dessus et remporta même une victoire inattendue dans les élections au Conseil fédéral, où il parvint à éliminer M. Ochsenbein pour le punir de sa démocratie blanche et de sa rupture avec la Bœrenmatte.
St<empfli, haute intelligence et caractère énergique, avait contribué à la victoire de son parti par son fameux pamphlet sur la Dotation, où, revenant sur une question jugée, il accusait le patriciat bernois de détournement de fonds commis en 1 798, et qui lui valut quatre semaines de prison pour cette accusation déclarée calomnieuse par les tribunaux. Pour le dédommager de ce qu'on envisageait comme une injustice, le Conseil national l'élut pour son président et réussit à le porter à la place d'Ochsenbein au Conseil fédéral. Un citoyen distingué du même
' Zin, zin, ran tan plan, Vivent les Bouges^ à bas les Blancs!... Voici venir la schiague ; Amis, ce n'est pas ane blague, Mais j'entends le chant du coucou Qui dit : les Noirs se sont cassé le cou. Les Bouges (radicaux) étaient dans le Jura opposés aux Blancs qui figuraient là les conservateurs, quand on ne les appelait pas les Noirs, comme le fait ici le chansonnier de Porrentniy, en raison de leur tendresse pour le clergé.