‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 111 sur 127 · LUTTES WTESTINES DANS LE TESSIN · texte numérisé non relu

LUTTES WTESTINES DANS LE TESSIN

Le sort des émigrés tessinois émut toute )a Suisse. Malheureusement le temps n'était plus où le refus d'un mauvais batzou plappart de Berne suffisait pour faire courir aux armes tous les guerriers des cantons. Loin de faire de cette expulsion inique et humiliante un tasus belU contre l'Autriche, la Confédération se borna à envoyer des secours abondants aux malheureux expulsés. La résignation et le courage avec lequel le peuple tessinois supporta celte cruelle épreuve dut servir du moins à prouver aux plus incrédules que le cœur des Tessinois est suisse et ne descend pas vers le Pô avec leur rivière. La convention de Milan (février 1855) permit aux émigrés de rentrer en Lombardie; mais cette convention, conclue par les envoyés du Conseil fédéral, stipulait en faveur des capucins lombards une indemnité de 115,090 fr. en guise des pensions viagères dont la concession à l'amiable deux années plus tôt, eût épargné une affront âanglant au pays et de grandes calamités aux familles.

C'est à peine si les souffrances du Tessin eurent le pouvoir d'y assoupir pour un temps la lutte des partis. Les élections conservatrices de 1854 furent cassées par le Conseil fédéral. En février 1855, le meurtre d'un radical, nommé Degiorgi, tué dans un café de Locarno, dont il avait provoqué les habitués appartenant au parti conservateur, amena une prise d'armes ou pronunciamenlo marqué par des excès semblables à ceux dont la Jeune Suisse s'était rendue coupable en Vallais. Trois presses furent brisées, des chefs conservateurs mis en prison et des contributions énormes imposées aux communes et à des citoyens de ce parti. Le Grand Conseil tessinois, assemblé le 1*''' mars, sanctionna en quelque sorte ces violences, apporta plusieurs modifications k la constitution du 4 juillet 1830, et statua en outre que les ecclésiastiques seraient exclus de l'assemblée législative où naguère ils siégeaient encore au nombre de vingt-deux \ Aux cris des condamnés, le Conseil fédéral annula lui-même le décret relatif aux contributions. Peu après, la condamnation aux fers de l'avocat Franzoni, l'un des chefs du parti conservateur, et l'élimination des juges qui avaient acquitté des prévenus dans l'affaire Degiorgi, produisirent une pénible sensation en Suisse. Plus tard, les doubles bureaux qui signalèrent les élections de 1859, donnèrent lieu aux vives récriminations du parti conservateur-

^ Par une disposition analogue, la Constitution vallaisanue, promnlgaée le 3 décembre 1652 (art. 64), a déclaré incompatibles les fonctions civiles et les fonctions ecclésiastiqaes. A Fribourg, Tévèque a renoncé pour le clergé aux fonctions cîtî* ques. Le chef du parti clérical de Lucerne, Leu d'Ebersol, en avait fait de même en 1841. En avaient-ils le droit? c'est une autre question.

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