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LUTTES DES PARTIS A SAINT-GALL, ETC

uUramontain du Tessin, et motivèrent la cassation d'une partie des élections radicales de ce canton.

Pendant la période de dix ans qui suit la guerre du Sonderbund, la lutte des partis n'avait pas cessé d'être ardente dans le Clinton de Saint- Gall. Fortifié par la chute de la ligue séparée, le parti radical s'était cru assez fort, en 1849, pour tenter une révision de la constitution de 1831 et faire de l'instruction publique l'affaire de l'État, au lieu d'une affaire confessionnelle. Mais la tentative échoua devant la coatition des ultramontains, des protestants orthodoxes et de l'anciea pasteur et secrétaire d'État, Pierre Steiger, archiradical de 1847, qui désapprouvait la marche du gouvernement dans la question des réfugiés (1850). Mais, aux élections de 1855, l'étoile de Steiger ayant pâli, les radicaux, dirigés par trois avocats, Hungerbûhler, devenu le principal antagoniste de Baumgartner, Curti et Hoffmann, seraient parvenus à l'emporter, si l'avocat Weder, le principal chef du parti radical, eût consenti à entrer au Conseil d'État avec ses amis. Weder, cependant, eut le crédit d'obtenir le rétablissement d'une école cantonale non confessionnelle, pour le terme de dix ans (1856).

A Soleure, où le conseil d'État était tout et où les élections indirectes étaient maintenues pendant qu'elles tombaient à Zurich et dans d'autres cantons, il se forma aussi une coalition des extrêmes contre le gouvernement qui, trop radical pour les um, ne le paraissait pas assez pour d'autres. Aux élections de 1856, le parti giis ou gouvernemental fut vaincu par les rouges ou radicaux prononcés, alliés aux mirs ou ultramontains. Le chef de cette coalition contre nature était l'avocat Guillaume de Vigier que sa naissance aristocratique n'empêchait pas d'être un ardent démocrate, plein d'intelligence et d'énergie dans sa petite (aille. Devenu chef du gouvernement et landamman, Vigier, cela va sans dire, tourna le dos à la sacristie qui avait contribué au renversement des politiques de l'école de Munzinger.

L'Argovie avait été témoin des vaines tentatives du parti uUramontain pour obtenir du Grand Conseil le rétablissement des couvents, la séparation confessionnelle et l'élimination des chefs radicaux, Keller, Walier, Wieland et Frey-Hérosée. Tous les efforts du professeur Schleuniger, l'un des chefs du parti catholique, échouèrent. De 1850 à 1852, ce canton souffrait de l'enfantement laborieux d'un révision que le peuple rejetait par trois fois et qui aboutissait enfin à l'acceptation d'une loi fondamentale qui statuait, comme à Berne, la faculté, pour le peuple, de révoquer son Grand Conseil et l'incompatibilité des fonctions publiques avec la qualité de membre du Grand Conseil.

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La Thurgovie, où les couveots avaient été supprimés comme en Argovie, avait introduit le vote populaire à l'instar de Saint-Gall» centralisé Tinstruction publique et procédé à des réformes judiciaires. Le vieux tribun de i83i, Bornhauser, avait coopéré à ce mouvement. Mais la direction des affaires publiques restait aux mains des hommes de loi. en tête M. Kern,

La lutte des intérêts matériels produisit des conflits regrettables entre deux États voisins et amis, Fribourg et Yaud. La décision de rassemblée fédérale qui donnait gain de cause à la ligne Berne-Fribourg-Oron -Lausanne, fut mal accueillie par le gouvernement de Yaud, une partie du peuple vaudois, et même par une minorité fribourgeoise, dont Tintérêt local s'accommodait mieux de la ligne Morat-Payerne ou Fribourg-Payerne. De folles pensées de résistance couvèrent un moment dans les têtes les plus échauffées.

Au reste, les conflits relatifs aux voies ferrées ont eu une grande influence sur la politique des cantons et ont produit des résultats bien différents selon les circonstances. A Fribourg, par exemple, la question du chemin de fer avait rapproché conservateurs et radicaux sur le terrain de Tutilité commune. A Neuchâtel, au contraire, c^tte même question scinda bientôt le parti républicain en gouvernementaux et en indépendants et faillit compromettre l'existence de la république naissante ' .

En 1848, lorsque la Diète eut reconnu la république neuchâteloise, le roi de Prusse, dont le trône était ébranlé par la révolution, avait en quelque sorte délié ses sujets neuchàtelois de leur serment de fidélité et parlait même, dans une lettre du 5 avril, de nommer des commissaires chargés de régler, de concert avec l'autorité fédérale, la position du nouveau canton. Une partie des royalistes, à leur tête Henri-Florian Calame, orateur et publiciste de talent, se rallièrent à la nouvelle constitution. Les plus prononcés, au contraire, montrèrent pour tous les actes de la république un dédain profond qui leur valut le nom d'abstentionnistes. Sollicité par ce parti et par lambassadeur prussien en Suisse, Sydow, le grand protecteur des royalistes neuchàtelois, Frédéric-Guillaume IV, que les événements de Tannée i849 avaient raf-

' De 1848 à 1856, le gouvernement neuchàtelois a fait preuve d'une grande activité ; il a aboli les dîmes et redevances féodales, établi un impôt direct et proportionnel sur la fortune et le revenu, créé une caisse hypothécaire et une banque cantonale, émancipé la presse, promulgué un code civil et un code pénal, œuvres du président du Conseil d'État, Alexis-Marie Piaget, établi un grand nombre de routes et de travaux d'utilité publique, etc.

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fermi sur son trône, repoussa avec dédain les propositions d'arrangement que lui fit cette même année le Conseil fédéral sous date du 8 novembre.

Deux ans après, le cabinet noir (on appelait ainsi les chefs du paiti abstentionniste) organisa un pèlerinage à Sigmaringen où 65 royalistes purs, à leur tête le comte Petilpierre-Wesdehlen et le pasteur Guillebert, allèrent assurer de leur dévouement inaltérable S. M. prussienne (21 août 1851). Touché de leurs efforts, Frédéric-Guillaume promit de ne pas abandonner des sujets aussi dévoués. Il saisit l'occasion d'un congrès des puissances pour faire connaître ses droits souverains sur Neuchàtel, et se fit donner acte de c^tte déclaration au protocole de Londies (24 mai 1852).

Enhardis par cette reconnaissance et espérant provoquer une intervention en leur faveur, les royahstes se réunirent en assemblée populaire à Valangin, au nombre de 2500 à 3000. Mais opposant assemblée à assemblée, les républicains se réunirent le même jour et à la même heure à Valangin, et arrivèrent de toutes parts en colonnes serrées et au nombre de près de 9000 (6 juillet). L'effet de cette manifestation imposante fut d'amortir pour quelque temps le feu de l'exaltation monarchique. Mais les divisions qu'avait fait naître dans le camp républicain la question des chemins de fer, ayant relevé toutes les espérances des abstentionnistes, un conciliabule eut lieu le 14 août 1856, à la Sagne, village de la montagne et véritable Vendée neuchàleloise. A la suite de cette entrevue, le comte Pourtalès-Steiger, principal chef militaire du parti, partit pour Berlin et revint avec l'ordre d'agir, qu'il se hâta d'exécuter de son mieux. La Sagne, les Ponts, la Brévine, la Chau.x-du-Miheu et les Ëplatures fournirent le plus de gens dévoués à l'expédition qui se préparait dans le mystère, sauf à la Sagne, où l'unanimité des opinions permit de faire de plein jour les préparatifs de l'insurrection. La nuit du 2 au 3 septembre vit éclater le mouvement. Pendant que M. Pourtalès-Steiger occupait le Locle, le colonel de Meuron-Terrisse s'emparait du château de Neuchàtel vers les trois heures du matin et faisait prisonniers les membres du Conseil d'État.

Mais déjà sur tous les points du canton le tocsin appelait aux aimes les républicains. Attaqué par une colonne de la Chaux-de-Fonds, Pourtalès quittait précipitamment le Locle et rétrogradait vers Neuchàtel. Le 3 septembre au soir, les colonnes républicaines des montagnes, âous les ordres d'Ami Girard, formaient leur jonction à Rochefort avec celles du Val-de-Travers, sous les ordres du colonel fédéral Denzier, officier zuricois, naturalisé neuchàtelois, et dont la bravoure avait

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