ÉMANCIPATION COMPLÈTE: DE NEUGHATEL
éclaté au combat de Gislikon contre le Sonderbund. Le 4 septembre, à la pointe du jour, l'armée républicaine pénètre dans le château et s'en empare, ainsi que de ses défenseurs, parmi lesquels se trouvait le chef de 1 expédition, M. Pourtalès-Steiger, que le colonel Denzler arracha des mains des soldats qui voulaient le massacrer. M. de Meuron et Pourtalès-Sandoz et d'autres chefs s'étaient enfuis avant l'arrivée des assaillants. Las deux premiers avaient réussi à gagner la rive fribourgeoise; mais ils y furent arrêtés par les gendarmes de ce canton et livrés par le préfet d'Estavayer, à celui de Neuchâtel, venu en personne pour en réclamer l'extradition, comme s'il se fût agi de malfaiteurs ordinaires et non de fugitifs politiques.
Dès le 3 au soir, des commissaires fédéraux étaient arrivés à Neuchâtel et avaient parlementé avec les insurgés qui venaient de capituler lorsque tes républicains montèrent à l'assaut du château que les royalistes ne songeaient plus, disaient-ils, à défendre. Dans la nuit du 4 au 5, les troupes fédérales arrivèrent à point nommé pour rétablir l'ordre qui avait été troublé pendant la journée par quelques désordres et le saccage d'une imprimerie royaliste, dont tout le matériel avait été brisé ou jeté dans le lac.
Le Conseil fédéral avait décidé de mettre en accusation les auteurs et fauteurs du mouvement. Mais sur 667 prisonniers, 28 seulement Turent retenus dans les prisons. Les autres furent mis en liberté, sous caution, ou sur leur parole d'honneur, le plus grand nombre sans condition. Enthousiasmés de la conduite énergique des républicains neuchàtelois, les démocrates de Fribourg, Vaud et Genève les gratifièrent de drapeaux d'honneur.
La remise de ces étendards, le i9 octobre, fut Toccasion d'une fête rehaussée par la présence d'un martyr de la liberté neuchâteloise, le docteur Rœssinger, dont la tête blanchie reçut une couronne civique.
Mais, résolue sur le terrain populaire et national, la question neuchâteloise se posait pour la première fois d'une façon sérieuse devant la diplomatie européenne. Sydow, que son caractère d'ambassadeur mettait à l'abri de toute poursuite, avait déjà protesté, le 7 septembre, contre la violation des droits souverains de S. M. prussienne. Il se rendit en personne à Berne auprès de M. Staempfli, président du Conseil fédéral, et, de concert avec plusieurs ambassadeurs des autres puissances, il sollicita du chef de la Confédération la mise en liberté sous caution des prisonniers et la suspension de la procédure dirigée contre eux. La mort de deux membres éminents du Conseil fédéral, Druey et Munziuger, jointe à l'étimination de M. Ochsenbein, avait considà'ablement