‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 115 sur 127 · ÉMANCIPATION COMPLÈTE DE NEUCHATEL · texte numérisé non relu

ÉMANCIPATION COMPLÈTE DE NEUCHATEL

position unanime du Conseil exécutif, le Grand Conseil unanime vola le crédit illimité pour la mise sur pied des troupes bernoises.

Le vote de Berne entraîna celui des autres cantons. Tous, sans distinction, votèrent de même un crédit illimité pour les frais de guerre. Radicaux et conservateurs, auparavant si acharnés, semblaient n'avoir qu'un cœur et qu'une âme pour la défense nationale. En quelques jours, la Confédération fut transformée en un vaste camp. Le canton des Grisons seul arma 2000 carabiniers. Les cantons du Sonderbund rivalisaient d'ardeur avec leurs antagonistes de 1847. Dans les hameaux comme dans les villes, dans les ateliers, les écoles et jusque dans les égUses, retentissaient les mâles accents du chant national : Rufst du mein Vaterland.

Les Chambres réunies, le 27 novembre, présentèrent la même unanimité que le Grand Conseil de Berne. Les 110 membres du Conseil national et les 44 députés aux États, réunis en assemblée fédérale, votèrent les crédits illimités et les emprunts réclamés par l'autorité fédérale, au milieu d'un silence solennel et saisissant. A six heures du soir, en présence d'un public nohibreux, le général Dufour fut nommé, au scrutin secret, général en chef, et prêta serment aux acclamations du peuple et de l'armée, heureuse de s'incliner devant ses cheveux blancs couronnés par la victoire. Une première levée de 30,000 hommes couvrit la frontière du Rhin, de Bâle à Romanshorn. Une proclamation signée du nom alors honoré de Fornerod, président du Conseil fédéral*, exhortait l'armée à marcher avec un grand courage et une ferme confiance en Dieu (8 janvier 1857). L'enthousiasme qui animait toutes les classes de la population se manifesta par de nombreux envois d'argent, d'habillements, de linge pour les soldats pauvres, pour les blessés; etc. Les Suisses établis à l'étranger ne restèrent pas en arrière, et pendant que les plus belliqueux se disposaient à courir à la défense de la patrie menacée, ceux que retenaient leur âge et les circonstances souscrivaient pour 332,000 fr. Deux généreux citoyens domiciliés à Paris, MM. des Arts de Genève, et de Graffenried de Berne, signèrent chacun pour 1 00,000 fr. en cas de guerre.

I^e spectacle que donnait la Suisse dans le péril changea les dispositions des puissances. L'empereur des Français, en particulier, revint à des dispositions plus favorables. Le Conseil fédéral en profita pour donner de nouvelles instructions à son envoyé ordinaire à Paris, M. Barman, auquel il adjoignit comme envoyé extraordinaire, M. Kern, de

^ M. Fornerod, originaire d'Avenches, était entré an Conseil fédéral après la mort de Druey, en 1855.

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