‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 12 sur 127 · NEUCUATEL ADJUGÉ AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

NEUCUATEL ADJUGÉ AU ROI DE PRUSSE

« un célèbre écrivain français, que la protection éclatante accordée « pendant plus de vingt ans par un petit État en faveur de quelques < hommes juges d'un roi et poursuivis par le roi son fils ^ »

A la même époque, la Suisse donnait asile au fameux gentilhomme et patriote livonien Patkul, condamné à mort par le roi de Suède Charles XI, pour avoir osé aller réclamer auprès de ce prince à Stockholm contre l'oppression de sa patrie, conquise par les armes suédoises (1694). Malheureusement pour Patkul, il quitta la Suisse au bout de quelques années et rentra en Livonie, où il fut Uvré au roi Charles XII qui lui fit expier sur la roue son dévouement à son pays (1707).

Les dragonnades avaient soulevé contre Louis XIV toute l'Europe protestante. Son orgueil et son ambition lui donnèrent encore pour ennemis le pape et le duc de Savoie. Presque toutes les puissances s'armèrent contre lui. De grandes batailles se livrèrent derechef sur les bords du Rhin, et le manque d'union entre les Confédérés amena de nouvelles violations de territoire. Enfin, ils parvinrent à s'entendre et 30,000 hommes bordèrent la frontière de Genève à Bregenz (1689- 1 704). Le parti national ou antifrançais prit le dessus à Berne et dans les cantons protestants. Le banneretNicolasDachselhoferàBerne, auquel succéda l'avoyer Willading, et le bourgmestre Henri Escher à Zurich étaient l'âme de ce parti. Ils conclurent une alliance avec le général vaudois Saint-Saphorin, qui représentait l'Angleterre et les autres puissances hostiles à Louis XIV.

Ce triumvirat fort actif conçut le projet d'occuper la Savoie , envahie par Louis XFV, de reprendre la Franche-Comté, de détruire le fort d'Huningue, d'enlever Neuch&tel aux princes français qui avaient succédé à Longueville et d'en former le quatorzième canton de la Ligue helvétique. Aucun de ces plans ne réussit complètement. Mais les efforts du parti national contribuèrent au moins à briser le despotisme de la France en Europe et à sauver la Hollande, Venise et Genève menacées par Louis XIV. Car Genève aussi faillit subir le sort de Strasbourg et n'échappa que gr.ice à l'énergie de Berne et des cantons évangéliques. Les cantons catholiques, soumis à l'influence du nonce Baldeschi,

Ludlow aimait cependant bien son pays, et chercha à y rentrer en 1688, lorsque Goillaume m d'Orange monta sur le trdne. Mais le vieux proscrit fut contraint d'en sortir au plus tôt et revint mourir à Vevey (1697), Voir, pour Ludlow, ses propres Mémoires, l'intéressante étude de M. Jules Ghavannes, Lausanne 1872, et sa biographie dans Guizot.

^ Guizot, Études biographiques sur la révolution cP Angleterre^ I, p. 83.

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