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d'une administration éclairée et d'une législation humaine. Le code pénal, bien que singulièrement adouci depuis ces dernières années, laisse encore à désirer, dans certains cantons allemands surtout. En 1848, la peine de mort avait été abolie dans la Constitution fribourgeoise par le conseil de Stockmar. Mais la Constitution de i858 avait laissé au législateur la latitude de la rétablir. En 1854, Neuchàtel Tabolit également sur la proposition de M. Georges Guillaume (1854). La Constitution fédérale de 1848 n'avait pas osé statuer à cet égard. Mais ce que la Constitution de 1848 n'avait pas osé faire, celle de i874 Ta accompli, non sans opposition. Un progrès notable de la législation criminelle, c'est l'introduction du système pénitentiaire moderne dans onze cantons * sans compter Genève qui a gardé son système spécial. Une société pour la réforme pénitentiaire a été fondée en 1867 et a pour chefs Kùhne et le docteur Louis Guillaume, directeurs des pénitenciers de St-Gall et de Neuchàtel.
La haute culture intellectuelle est aussi le seul moyen de maintenir une politique élevée, nationale, victorieuse de ce fanatisme religieux ou [politique, étranger a toute tolérance, qui tant de fois a failli déchirer le lien sacré de l'alliance éternelle ^ La politique d'expédients abaisse un I peuple et met aux mains du plus souple le gouvernail de la chose publique. Plus triste encore est la politique sans conscience qui prend pour règle unique l'opinion dominante, suit tous les caprices et sert toutes les passions, bonnes ou mauvaises, de la multitude. « Je ne « connais rien de plus odieux, dit un publiciste suisse éminent, que la « tyrannie du nombre, ce joug imposé par la majorité ignorante à la « minorité éclairée*. »
Celui-là n'est pas un homme d'État républicain et démocrate, qui consacre par son vote ou laisse commettre de sang-froid une injustice, fût-ce au détriment du dernier citoyen.
En POLITIQUE MÊME, IL Y A UNE JUSTICE et qiiicouque la méconnaît n'est plus que le serviteur aveugle d'une faction et l'ennemi de son pays qui ne peut prospérer qu'appuyé sur la liberté et sur la justice.
Sur le monument élevé, dans la ville deSchafThouse,à Jean de Muller, on lit ces mémorables paroles de l'éloquent historien des Suisses : « Je « n'ai jamais appartenu à aucun parti; j'ai toujours combattu pour le « droit et la vérité. » Jean de Muller lui-même n'a pas toujours été
^ Zarich, ArgoWe, Bàle-ViUe, Neachfttel, Yaud, Tessin, Thurgovie, Schtffbouse, Uri, Soleure, Grisons.
* c PoliHêcher toie reUgHtser Fanatismw kennt keine Duldung^» disait Zschokke. ' Antoine Cherbuliez, De la Démocratie en Suisse, l, 112. Genève, 1843.
aussi impartial qu'on pourrait le croire d'après ces paroles, et a dû plus d'une fois prendre parti dans les luttes qui agitaient ses concitoyens. Mais c'est déjà quelque chose, c'est beaucoup que de chercher à être juste dans l'appréciation des hommes et des choses, car il n'est pas di;;ne d'écrire ou de professer celui qui ne se sent pas capable de rendre justice à son adversaire ou qui falsifie les événements dans l'intérêt de son opinion et fait ainsi mentir Thistoire, cette conscience du genre