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TROUBLES A GENÈVE ET A PORRENTRUY

jouissant, comme tels, d'aucun droit politique. Exclus même du commerce, des professions libérales et des honneurs militaires, ils formaient comme une classe à part et tout à fait inférieure à celle des citoyens proprement dits. Ils s'^étaient unis d'abord aux Représentants ou partisans de la bourgeoisie, dans l'espoir que ces derniers les associeraient à quelques-uns des privilèges de leur classe. Déçus dans leur attente, ils se rallièrent au parti des magistrats contre les Représentants, dont plusieurs furent mis en jugement. La guerre civile éclate alors dans la ville, divisée en deux quartiers hostiles, la cité et la ville basse. Plusieurs citoyens furent tués, le syndic Des Arts, qui intervenait en médiateur, fut percé d'une balle à la main et Thôtel de ville assiégé par lés Représentants (21 août 1737).

Les troubles de Genève attirèrent l'attention des cantons de Berne, Zurich et de la France, qui avait donné asile aux magistrats exilés. Malgré l'opposition de quelques-uns des gouvernants et des citoyens attachés avant tout à l'indépendance de leur ville, une médiation de la part de ces trois États eut lieu. L'ordre fut rétabli a Genève; un édit de paciGcation, élaboré par les médiateurs, et dont J.-J. Rousseau admirait la sagesse, fixa les di*oits de^ deux conseils et du conseil général \ Cet édit, voté en conseil général, fut accepté par une majorité de 1316 citoyens contre 39 (8 mai 1738). « Les vingt-cinq années qui suivirent Tédit de pacification, dit un écrivain genevois, forment une des périodes les plus heureuses de l'existence de Genève, une de celles où les arts, l'industrie et les sciences firent les plus rapides progrès \ »

Dans le même temps, l'intervention de la France apportait un dénouement tragique aux querelles de droits qui, depuis le commencement du siècle agitaient les États du prince-évêque de Bàle. Déjà en 1705, un courageux défenseur des droits de la prévôté de Moutier- Grandval, le banneret Visard, avait été destitué de ses emplois. Les Bernois intervinrent, par les armes, en faveur de Moulier (1706-11). La même lutte se reproduisit à Courtelary et à Rienne. Berne dut intervenir également. A Neuveville la lutte prit une tournure plus grave. Deux citoyens honorables, Petitmaître et Himmly avaient signalé des désordres dans les comptes et l'administration locale. Himmly, condamné à la détention perpétuelle, parvint à s'enfuir. Petitmaître, enfermé dans la tour, devait être décapité, après avoir eu la langue percée pour ses propos hardis contre l evêque. Six cents hommes de

* Les médiateurs étaient le comte Lautrec pour la France, Hofmeister et J.-6. Escher pour Zurich, l'ancien avoyer Isaac Steiger et le trésorier Watteville de Berne.

* M** de la Rive, Histoire abrégée de la Confédération, 306.

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