‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 25 sur 127 · NOUVEAUX TROUBLES DANS LE TOGGENBOURG · texte numérisé non relu

NOUVEAUX TROUBLES DANS LE TOGGENBOURG

lins, contre des tuteurs avides, les fonctionnaires levanlins, intéressés au maintien des abus, représentèrent la nouvelle loi comme une atteinte aux privilèges de la vallée et réussirent à soulever tout le peuple, c Soyons unis, allaient disant ces démagogues de village on village ; • nous tiendrons bien tête au petit canton d*Uri. » En parlant ainsi, ils oubliaient que, derrière Uri, il y avait la Confédération tout entière. Ils comptaient peut-être aussi sur les neiges qui obstruent les passages de la vallée pendant l'hiver et sur lanimosité qui divisait les gouvernements de Schwyz et d'Uri. Schwyz, en effet, ne prit les armes que pour la forme et ne fut prêt à marcher que lorsque tout était fini et la rébellion comprimée. Mais il suffit de la vue du taureau noir d'Uri sur son champ jaune et des deux bannii'res rouge et blanche du Haut et du Bas-Underwald pour glacer le courage des Levantins. Lorsque ces bannières et celle de Lucerne, en tout 3,000 hommes, firent leur entrée en bon ordre à Airolo, le 21 mai, et à Faido, le 22, sous les ordres du capitaine-général Schmid, tout ce peuple, si insolent la veille, se soumit presque sans coup férir aux magistrats d'Uri.

Les chefs de ce canton avaient décidé de faire un exemple. Le 2 juin, tout le peuple de la vallée, convoqué à Faido et cerné par les troupes de la Confédération, dut entendre la sentence qui le privait de toutes ses franchises, prêtera genoux serment de fidélité, et assister au supplice des chefs delà rébellion. C'étaient le banneret Forno, le conseiller et avocat Sartori et le capitaine général Orso, arraché du sanctuaire des capucins, où il avait cherché un refuge (2 juin). Huit autres malheureux furent conduits enchaînés devant la troupe jusqu'à Altorf, où le spectacle de leur exécution fut donné au peuple souverain.

Une insurrection mal calculée a toujours pour résultat de river les fers d'un peuple au lieu de l'émanciper.

5. Svlte des monTements réTolntioniiftires. — Troubles du Toggenbonrg. — I^es Knlin h Einsledeln. — Émeute 1^ HeuchAtel* — Waser h Znricli. — lies Représentants et les Nésatifli h Genève. — Clienaiu: h Fribonrg (1760 h 1790).

La paix (de Baden, en refusant aux Toggenbourgeois le bienfait de l'indépendance, n'avait fait qu'accroître leur désir de l'obtenir à tout prix. Le demi-siècle qui suit cette paix est marqué par des troubles N'ins fin et des soulèvements populaires, dirigés tantôt contre l'abbé, tantôt contre les deux conseils du pays (landrath), catholique et proteslant,itantQl contre les magistrats abbatiaux. L'abbé Joseph, qui gouvernail la principauté de Saint-Gall, de 1718 à 1736, était pourtant un

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prince éclairé, juste et économe des deniers publics. Mais il fallait payer des dettes qui s'élevaient à soixante-dix-mille florins. De toutes paits aussi on élevait des prétentions plus ou moins légitimes à Tautonomie el à l'indépendance. La petite ville de Wyl ne rêvait pas moins que Fémaiicipation complète et parlait de se donner un patriciat. Le droit de lever des troupes et de les conduire à la guerre de son chef, sans rassenliment du souverain, était réclamé par le Toggenbourg. Des hommes violents et ambitieux siégeaient dans les deux landrath et semaient la discx)rde dans le pays. Pénétrant leurs mobiles, le prince-abbé donna k deux d'entre eux, Rûdlinger et Keller, les principaux emplois. Mais d'autres démagogues (Erb, Wetter) surgirent alors et excitèrent d'.jffreux désordres. Les anciens agitateurs, Rûdlinger et ^Keller, dont le premier était protestant et le second catholique, ayant été proscrits par la landsgemeinde, furent assaillis par une horde furieuse qui les traîna dans un bois et leur donna la mort de la façon la plus cruelle (8 déc. 1735). Les principaux auteurs du crime qui se comparaient audacieusemenl à Guillaume Tell, ne furent punis par le landrath que de l'exil et de la perte dés droits civiques ; ils n'eussent même pas été châtiés du tout sans l'intervention de la France, de l'empereur et de plusieurs cantons favorables au prince-abbé Joseph. La mort de ce dernier (1740) n'amé- Uora pas la situation. L'abbé Célestin fut chassé avec sa cour de la landsgemeinde de Wattwyl où il se présentait pour recevoir le serment des citoyens et le prêter lui-même à son peuple. Un doyen protestant qui blâmait ces excès, fut arraché de la tribune et traîné par les cheveux. Catholiques et réformés rivalisaient de violence. Berne et Zurich, dans des vues de politique et d'ambition, entretenaient sous main la rébellion. L'ambassadeur de France, au contraire, protégeait l'abbé, des terres duquel il espérait tirer des auxiliaires pour l'armée française. A la fin, ces trois États s'entendirent pour dicter la paix aux Toggenbourgeois. Mais ils ne parvinrent à la faire accepter par ce peuple indomptable qu'en 1759, après de nouveaux troubles. L'ignare et séditieux banneret Wetter, qui les avait excités, fut frappé d'une amende de huit cents florins. Une amnistie générale passa l'éponge sur les autres délits.

Schwyz agit différemment avec les habitants d'Einsiedeln (1766). Ces derniers étaient mécontents du prince-abbé de Notre-Dame qui, disaient-ils, ne respectait pas leurs franchises, et de la landsgemeinde de Schwyz qui n'avait pas voulu les confirmer par un acte authentique. Ils eurent des réunions au Cheval-Blanc et à Trachslau, chez les Kœlin, et refusèrent de payer l'impôt cantonal. Schwyz les ayant fait citer inutilement par ses agents, dont quelques-uns furent maltraités, occupa le

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