‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 37 sur 127 · TROUBLES DE ST^EFA DANS LE CANTON DE ZURICH · texte numérisé non relu

TROUBLES DE ST^EFA DANS LE CANTON DE ZURICH

tants de Staefa, le chirurgien Pfenninger et le boulanger Ryfel, composèrent un mémoire destiné à être présenté au gouvernement et où ils demandaient la suppression du monopole industriel et commercial de la ville souveraine qui pesait sur les campagnes '. Les délégués de 1 4 communes rurales devaient se réunir à Meilen pour signer le mémoire. Informé du fait, le gouvernement interdit la réunion et mit sous les verrous les trois auteurs de la pétition (décembre 1794). Au bout de quelques semaines, le Grand Conseil condamnait Neracher comme le rédacteur du mémoire à six ans d'exil de la Confédération, Pfentiinger et Staub de Pfaefficon, un des propagateurs de la pétition à 4 ans, et Stapfer, boursier de Horgen, à une amende de 400 marcs d'argent et â la perte de sa place de juge de la campagne. 60 autres citoyens étaient passibles de peines moindres (13 janvier 1795).

Le gouvernement croyait avoir mis de l'indulgence dans ses jugements, car les gens de métier ou abbayes de Zurich étaient bien autrement violents et trouvaient trop douces les condamnations prononcées. Les campagnards de leur côté ne se tinrent pas pour battus, et sans se laisser intimider par le sort des pétitionnaires de Staefa, ils se livrèrent à des recherches concernant les actes et documents octroyés aux paysans au temps de Waldmann et de la guerre de Cappel. Jean -Jacques Bodmer, boursier de Slaefa, homme de bien et considéré, ayant retrouvé ces titres, en fit faire des copies qui se répandirent dans le pays. Le gouvernement eut beau déclarer ces actes périmés, de nulle valeur et interdire toute recherche à ce sujet, les gens de Staefa n'obéirent point. Ils décidèrent que, sans se départir de la légalité, ils recourraient auprès du gouvernement et se lièrent par serment. Le gouvernement se résolut alors à sévir tout de bon et commença par chasser de Zurich et même des hôpitaux de la ville tous les ressortissants de la commune de Stœfa. En même temps toute communication avec cet endroit était défendue aux autres communes. Après ce début, le village fut occupé par 1800 hommes avec 12 pièces d'artillerie. C'était le 5 juillet au moment du service divin. Le général Steiner, chef des troupes d'occupation, désarma les habitants, les frappa d'une contribution de 250,000 florins et emmena garrottés à Zurich une bonne partie des récalcitrants. Bodmer, dont on disait que la funeste curiosité avait le plus contribué à allumer l'incendie, et quatre de ses afïîdés furent jetés dans le Wellenberg et la Nou-

^ Ce monopole était tel que l'habitant de la campagne ne pouvait acheter que des bourgeois et nulle part ailleurs le tabac, le sucre, le café et le coton, matière première de son industrie. Puis le coton, une fois filé et tissé, devait être blanchi dans la ville et ne pouvait être vendu qu'à un bourgeois.

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