‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 38 sur 127 · TROUBLES DANS LE PAYS DE SAL\T-GALL · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS LE PAYS DE SAL\T-GALL

Telle Tour. Labourgeoisie de Zurich était altérée de yengeance et demandait la mort des coupables. Mais le pasteur Lavater, toujours grand et généreux, bravant les haines de ses combourgeois, éleva sa voix respectée en faveur de Thumanité et de la clémence. II fut secondé par Tancien président de la société helvétique, le vénérable médecin de la ville, J.-G. Hirzel. Les esprits se calmèrent un peu. On Gt grâce de la vie à Bodmer et à ses compagnons d'infortune. Mais les citadins se donnèrent la satisfaction de faire conduire le boursier de Stasfa au lieu du gibet où le bourreau brandit son glaive sur sa tête sexagénaire avant de renfermer au Wellenberg où il était condamné à finir ses jours. Les cinq autres prisonniers furent condamnés à assister tète nue à ce simulacre d'exécution et à partager pour un temps plus ou moins long la captivité de celui qu'on envisageait comme l'auteur principal de la révolte*. Comme le fait observer un historien zuricois, le gouvernement qui se conduisait de cette façon n'était pas un des plus mauvais gouvernements de la Suisse et se distinguait par l'esprit pubUc et la bienfaisance. Il comptait dans son sein des magistrats d'un grand mérite, pareils à ce bourgmestre Heidegger pour la mort duquel l'État deSoleure prit le deuil et fit célébrer un service funèbre (1778). Zélé promoteur des institutions de crédit et du progrès scolaire, Heidegger n'était pas moins favorable au bien-être des campagnards et avait fait rendre une loi en vertu de laquelle chaque père de famille recevrait uç terrain pour y planter des pommes de terre. La réconciliation de Zurich et de Berne avait été son ouvrage.

De Zurich, la révolution gagna les pays du prince-abbé de Saint-Gall, espèce de monarchie aristocratique dont le souverain était un prélat. L'un de ces princes, l'abbé Célestin II avait laissé, avec un trésor bien garni, quelques monuments remarquables, comme la halle aux blés de Rorschach, la bibliothèque et la grande église de St-Gall (aujourd'hui cathédrale).

Son successeur, le noble et humain Béda Anghern, auquel on doit une reconstruction du cloître qui sert aujourd'hui d'hôtel-de-ville pour les autorités cantonales, avait pourvu aux besoins du peuple en temps de disette par des approvisionnements et des achats de blé faits en Italie. Les premières belles routes construites dans cette partie de la Suisse datent de son administration. La première école normale établie en Suisse est due

' Meyer yoq Knonau, Handbuch der Geschichte der Schweii. Eidgenoasenschaft, II, 508. — Hottinger, Vorlesungen ûber die Geschichte des Unter gangs der Schtœig. Eidgenossensehaft. Zurich, 1866, 1, 125-171. — Bluntschli, StacUs- und Eechtsgeschichie der Stadt und Landschafl Zurich, 1838, II, 22.

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