‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 39 sur 127 · S82 TROUBLES DANS LE PAYS DE SAINT-GALL · texte numérisé non relu

S82 TROUBLES DANS LE PAYS DE SAINT-GALL

aussi à ceprince-abbé ou à son ministre, Thabile homme d'Étal glaron nais François-Joseph Muller, qu'il avait anobli, en ajoutant von Friedberg à son nom. Bienveillant pour tousses sujets sans différence de confession, Béda avait fait disparaître du nouveau catéchisme qu'il avait introduit toute expression blessante pour les protestants. Mais il y avait une ombre au tableau des bienfaits de ce règne, c'étaient les dépenses excessives du prince qui grevaient l'abbaye naguère si florissante. Irrités par les concessions de Béda et plus encore par sas prodigalités, les moines les plus influents se liguèrent contre leur supérieur, qui se vit contraint de les reléguer dans le Brisgau où le couvent avait des possessions. Mais quand il en eut flni avec les moines, c'est avec ses sujets que Béda entra en lutte. Une partie des paysans des terres abbatiales étaient encore sujets à la corvée; les communes de certaines contrées ne jouissaient d'aucune autonomie. Les possessions disséminées de l'abbaye étaient administrées, de l'aveu d'un hôte même de cette maison religieuse, par des moines hautains et méprisants pour les préposés de village \ Mais ce qui avait paru supportable dans les temps antérieurs ne Tétait plus à une époque où tout le monde parlait de liberté et d'égalité. Un agitateur populaire se rencontra dans la personne d'un nommé Jean Kunzie, de Gossau, à deux lieues de Saint-Gall, simple facteur aux lettres, mais doué d*un certain esprit naturel et nourri de la lecture des écrits du temps. Kûnzie provoqua, dans le courant des années i 793 et 1 794, des assemblées tumultueuses où Ton demandait à grands cris, avec la destitution de Muller de Friedberg, l'abolition du servage et la participation du peuple aux affaires publiques. Les moines les plus instruits étaient d'avis de résister à ces exigences et de traiter en rebelles les pétitionnaires qui s'étaient donnés le nom de Rudes par opposition aux Doux ou partisans de Tordre et de Tobéissanc-e. Mais tout moyen violent répugnait au caractère pacifique et humain de Tabbé Béda. Il préféra négocier avec les Rudes et finit par leur accorder, avec la démission de son ministre impopulaire, le droit de tenir des landsgemeinden, d'établir un landrath, d'organiser le militaire, de nommer leurs chefs de commune, la remise d'une partie des charges publiques et l'abolition de la corvée. A la landsgemeinde qui eut lieu à Gossau, le 23 novembre 1795 et à laquelle assistaient 16,000 citoyens et Tabbé Béda, lui-même, l'arrangement ou traité à Vamiable (der gûtliche Vertrag) fut voté à Tunanimité et au milieu de la jubilation populaire. Les moines,

* Weidmann, Stift und Landachaft St. GaUen nnter den zwei letzten FOrst* àbten. St. Gallen, 1834-85. — 0. Henné, Geschichte van St GalUn, 1863. - A. Henné, Schweizer-Chronick, St-6all, 1840.

Page 1