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LA VALTELINE RÉUNIE A L*ITALIE

presque tous du parti de l'opposition et leurs alliés les Doux, eurent beau se gendarmer, en appeler aux quatre cantons protecteurs de l'abbaye et à la diète de Frauenfeld. Ils durent en passer par là. Mais le calme ne rentra pas dans les esprits ; car les chefs du mouvemeot, à commencer par Kûnzie, se rendirent quelque temps après si impopulaires que, tremblant pour leur vie, ils durent avoir recours à la protection du prince-abbé. Ce dernier l'accorda généreusement et prit même fait et cause pour eux contre les Doux. Mais usé par les luttes et le chagrin, le débonnaire prélat s'éteignait le 19 mai 1796, en laissant sa principauté en proie à la tourmente révolutionnaire dont il avait cru la sauver par sa mansuétude.

Le moine qui lui succéda. Pancrace Forster, fils d'un cordonnier de Wyl, était un homme d'un tout autre caractère. Il avait été le plus grand ennemi de son prédécesseur et de ses concessions qui n'étaient à ses yeux et à ceux de son parti que des actes d'une coupable faiblesse. Aussi, à peine sur le siège abbatial, le vit-on proscrire la tenue des assemblées communales, et chercher à reprendre à Kûnzle les pouvoirs de capitaine du pays (landeshauptmann), avec les sceaux que Béda lui avait confiés pour la validation des actes de la landsgemeinde. De nouveaux troubles éclatèrent ; les gens de Gossau prirent les armes. Cette fois, les cantons protecteurs intervinrent, ainsi que la diète de Frauenfeld. Mais les États confédérés n'étaient pas d'accord entre eux : Zurich et Lucerne inclinaient pour l'abbé et les Doux, pendant que Schwyz et Claris favorisaient les Durs. Après quinze séances inutiles de la diète de Frauenfeld, voyant lanarchie faire des progrès, l'abbé s'avisa, à Texemple de certains de ses prédécesseurs, de recourir à l'empereur d'Allemagne, comme k son suzerain. Mais, voyant l'inanité de ce recours, il se ravise et consent à apposer son sceau à un projet de convention qui était tout à l'avantage des Durs, car il consacrait l'établissement de ce même Grand Conseil ou Landrath accordé par Béda. Le 16 août 1797, le nouveau Grand Conseil se réunit et élut pour président Kûnzle, au milieu de l'allégresse générale. Des arbres de liberté aux rubans rouges et bleus fêtèrent l'avènement d'une démocratie qui n'était limitée que par l'autorité affaiblie laissée au prince-abbé et qui ne devait pas tarder à disparaître '.

L'esprit d'indépendance gagna aussi la Valteline, sujette des Grisons.

Napoléon Bonaparte, dont les brillantes victoires avaient jeté à bas

^ Gerold Meyer, de Knonau, Eidg. Ahschiede^ de 1778 à 1798, 245 et 8uiv. — A. Henné, Schweizer'Chronicky II, 870. — 0. Henné, Geschichie des ScktœizervolîceSy II, 544^ et m, 23.

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