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CONJURATION DE SOLEURE

L avoyer magnanime auquel les catholiques soleurois devaient une Tictoire pure du sang de leurs frères et la Confédération un exemple d humanité, resta, pendant 17 ans, à la tête de la république \

Soleure a érigé un bloc de granit k la mémoire du grand magistrat ; mais il s'en est élevé un plus durable dans les cœurs et les chants populaires des Confédérés.

La nouvelle des événements de Soleure venant s'ajouter à celle de la victoire de Cappel fut accueillie avec une grande joie à Milan, soit par le duc François II Sforza, soit par le nonce et l'ambassadeur impérial Carraciolo. Ils en complimentèrent les cantons catholiques, en y ajoutant leurs offres de services. Le pape Clément VU ne tarda pas à les féliciter à son tour de la victoire remportée sur les machinations de V impiété (13 décembre I533)^

Heureux du retour de Soleure à l'ancienne croyance, les cinq cantons se bercèrent un instant de l'espoir qu'ils obtiendraient le même résultat à Claris. Ils s^unirent dans ce dessein à leurs coreligionnaires des Grisons et à Tabbé de Sainl-Gall. Dirigés par Égide Tschoudi, les catholiques glaronnais parvinrent à rétablir la messe dans quatre paroisses, mais durent renoncer k l'espérance de reconquérir tout le pays k l'unité catholique.

Les efforts des cinq cantons eurent plus de succès dans les pays qui séparent le lac de Zurich de celui de Constance. Le Gaster, le Toggenbourg, Rapperschwyl et Sargans virent se rétablir l'ancien culte. L'abbé de Saint-Gall rentra en possession de sa principauté, k l'exception de la ville de ce nom. Les gens du Rheinthal durent prêter serment au bailli qu'ils avaient chassé et qui était du canton d'Underwald. Le caihohcisme fut rétabli également k Dissentis et dans d'autres endroits des Grisons où il avait fait place.k la nouvelle doctrine. Mais ces changements ne s'accomplirent pas sans de grandes violences exercées contre les individus et les pays récalcitrants. Le Gaster fut un des plus mal-

^ De 1529 à 154G. Il fut inhumé avec le casque et Tépée, comme le dernier de sa race. Il est à noter que ni la copieuse chronique du greffier lucernois Salât, ni les rapports des députés des cantons catholiques à leurs gouvernements, du 3 novembre 1533, ne font mention de Pavoyer Wcngi dans leur récit de la conjuration. Ils ne nomment pas davantage les chefs du complot ou les huit proscrits. Les noms de ces chefs sont cités, ei^ revanche, dans une missive des députés des cinq cantons catholiques, plus Fribourg, à leurs supérieurs, en date du 4 novembre. C'étaient Hans Hugi, l'ancien banneret, élu trésorier à la place de Wengi le 13 janvier 1533, Hans Roggenbach, Rodolphe Roggenbach, Ours Stark, Winkel, Ours Durs, Heini von Arx et Hans Hubler. Archio fur Befomiationsgeschichle, I, 624.

' Archivfûr die Beformationsgeschichte^ II, 22.

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