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LA VALTELINË RÉUNIE A L*ITALIE

la puissance autrichienne en Italie, venait d'y fonder la république cisalpine à Milan (juill. 1797). Les trois provinces de Ghiavenna, Bormio et Sondrio, toujours pressurées par les fonctionnaires et podestats grisons, députèrent au quartier général du jeune héros qui était alors à Montebello, pour demander à être protégées contre leprs maitres et incorporées à la Cisalpine. Les Grisons députèrent de leur côté à Bonaparte, réclamant sa médiation dans l'intérêt de la conservation de leurs provinces. Usant d'une bonne foi qu'il ne montra pas toujours par la suite, Bonaparte conseilla aux Grisons de faire de la Valteline un État libre, une quatrième ligue, car un peuple, écmait-il aux Grisons, ne saurcUl avoir pour sujet un autre peuple sans violer les principes du droit public et naturel (10 octobre 1797).

Mais les Grisons ne pouvaient se résoudre à considérer comme leurs égaux ceux qu'ils avaient eus jusqu'alors pour sujets. Divisés d'ailleurs d'opinion, ils consumèrent en discussions stériles le délai qui leur avait été accordé par Bonaparte. Le châtiment suivit la faute; la Valteline fut déclarée, par l'arbitre de l'Italie, partie intégrante du pays dont elle avait été démembrée trois siècles auparavant. Toutes les réclamations des Grisons et de la diète suisse elle-même échouèrent contre la volonté bien arrêtée du fameux général qui créait alors des républiques comme il créa plus tard des trônes.

On put croire un moment que l'exemple de la Valteline serait suivi par les bailliages italiens que gouvernaient encore plus mal les baillis rapaces qu'y envoyaient les cantons. Pendant son séjour à Milan. Bonaparte n'y avait pas ménagé les excitations et avait fait mettre des soldats et des barques canonnières sur le lac de Lugano, soidisant pour empêcher la contrebande et la désertion des soldats autrichiens. « Les Suisses d'aujourd'hui, écrivait Bonaparte au directoire, « ne sont plus les Suisses du XIV"' siècle; ils ne sont fiers que lors- « qu'on les cajole trop; ils sont humbles et bas lorsqu'on leur fait « sentir qu'on n'a pas besoin d'eux. Si nous ne les secourions pas du «r côté du Milanais, ils mourraient de faim. Nous avons donc le droit « d'exiger qu*ils se conduisent avec égards. » Ces égards, lui, il était loin de les observer à l'endroit des bailliages italiens dont il entravait de toute manière l'approvisionnement et la circulation. Un arbre de liberté fut planté à Campione, enclave italienne, près de Lugano, aux cris de vica la liberià et les personnes du parti contraire se virent contraintes de danser autour par les révolutionnaires de Côme, aidés des soldats français. Les cantons, propriétaires de^ bailliages d'outre-mont, ayant envoyé à deux reprises des députés en réclamation auprès du vainqueur

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