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RÉSISTANCE DES POUVOIRS PUBLICS AUX PROCONSULS

interdites, le général Lorgos chassa les membres du club bernois du lieu de leurs séances. On en vint à exiger de chaque citoyen suisse un passeport pour sortir de son canton, et un permis de Rapinat en personne pour voyager à Tétranger. C'était un crime que de se plaindre des incessantes réquisitions de vivres, des charrois et des logemeols militaires qui ruinaient villes et villages. Les Conseils de la nation, qui auraient dû s'opposer aux actes arbitraires de Rapinat, étaient, aux deux tiers, composés d'hommes exaltés, sans culture, dont quelquesuns même savaient à peine hre et écrire. Sur 216 sénateurs et députés, on n'en comptait qu'environ soixante qui fussent vraiment lettrés et capables.

Parmi ces derniers, la tyrannie de Rapinat et des agents français rencontrait cependant une vive opposition de la part des chefs du parti modéré, qu'on appelait le parti républicain par opposition aux patriotes ou partisans des Français et des mesures extrêmes : « On nous « traite comme un peuple conquis, » s*écriait Kouhn de Berne, aussi courageux au Grand Conseil helvétique qu'il 1 avait été sur le champ de bataille de Neueneck. <c II faut nous adresser au Directoire français, « pour qu'il déclare si nous sommes un peuple libre ou non. » — « Je c n'aurais jamais cru, it> disait Souter de ZoOngue, « que nous eussions « à défendre la liberté contre ses champions. » — « Notre devoir, » s'écriait Conrad Escher de Zurich (celui qui sera plus tard si célèbre sous le nom de Escher de la I ânth), « est de lutter avec énergie et a d'agir en peuple indépendant. » Le même langage était tenu par les sénateurs Luthy de Soleure, Barras de Fribourg, le Lucernois Pierre Genhard, avoyer de Sempach, Charles Reding de Biberegg, du canton des Waldstaetten et le médecin zuricois Paul Usleri, l'ami de Escher et associé à ce dernier pour la publication du Républicain, l'organe du parli unitaire modéré. Au Grand Conseil, les mêmes idées étaient représentées par TArgovien Herzog d'Effingen, le colonel Graffenried de Berne, l'ancien chef des Bernois à Neueneck, Koch, autre vaillant officier de cette guerre et Nucé du Vallais, bien qu'animé d'une haine extrême contre les Hauts- Vallaisans qui l'avaient proscrit en 1791. Le sénateur Luthy de Soleure aussi avait été persécuté par l'aristocratie

hard, de Berne, furent supprimés, Haller contraint de se dérober par la fuite à la colère des gouvernants. On fut sur le point d'en faire autant à la GazeUt du Vendredi de Bilrkli, de Zurich, et même au Bépublicain publié dans la même ville par Conrad Escher et Paul Usteri, deux des principaux magistrats du régime unitaire. Le rédacteur du Nouvelliste vaudois, organe du parti modéré de son canton, eut à subir la prison. Par compensation, le Bégénèrateur, feuille ultra-révolutionnaire de Reymondin, fut l'objet de quelques poursuites.

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