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LA SUISSE THÉÂTRE DE LA GUERRE EUROPÉENNE

2. IjS Suisse théAire de la guerre enropéeuue (mars 4 oeto* bre 1799).— InsnrrecUons populaires.— I^es deux batailles de Zurich. — I^uite des partis an seiu du gouTeruemeut helvétique : Patriotes et Républicains. — Coups d*état du 7 Janvier et du 7 août ISOO. — Unitaires et fédéraUstes. — Guerre civile. — Intervention de Napoléon. — Consulta de Paris (1799 à 1808).

L'année 1799 est entre toutes mémorable dans l'histoire de la Suisse par les calamités sans nombre qui résultent d'une guerre étrangère, alliée aux maux de la guerre civile.

A la suite de l'odieux assassinat des plénipotentiaires de la France, revenant du congrès de Rastadt, commis par des hussards autrichiens, la guerre avait recommencé entre ces deux puissances. Dans cette huitième guerre, où les Autrichiens étaient coalisés avec les Anglais et les Russes, ces derniers envahirent l'Italie sous le fameux général Souworow, l'exterminateur des Polonais et des Turcs. Un autre grand capitaine, l'archiduc Charles, frère de l'empereur François II d'Allemagne, entrait en Suisse au commencement du mois de mars, à la tête d'une armée autrichienne que soutenait une seconde armée russe commandée par le général Korsakow. Un officier suisse d'un grand mérite, Jean- Conrad Hotz, originaire de Richterschwyl au canton de Zurich, commandait une des ailes de l'armée autrichienne. Les Français opposaient aux Austro-Russes le vainqueur des Autrichiens à Rivoli, Masséna, Italien de naissance comme Napoléon, mais Français de cœur, secondé par des heutenants dont plusieurs étaient appelés à une plus ou moins grande renommée, comme Oudinot, Soult, Ney, Lecourbe. Le Directoire helvétique se vit contraint de faire cause commune avec la France et d'ordonner une levée de 20,000 hommes, dont une partie ne prenaient les armes qu'à regret. Augustin Relier, de Soleure, officier qui s'était distingué en empêchant la descente des Anglais à Ostende en 1796, avait été choisi pour les commander. Il y avait des Suisses aussi dans l'armée autrichienne. L'avant-garde de Hotz était formée par un corps de volontaires aux ordres de Rovéréa, l'ancien chef de la légion fidèle, et dont la bannière portait ces mots : Mourir pour Dieu et la Patrie. L'ancien avoyer de la république bernoise, Frédéric de Steiger, se trouvait parmi les émigrés dont il était l'âme au point de vue politique. Son but, comme celui de f aixhiduc Charles, son protecteur, était de restaurer l'ancienne Confédération. L'historien Jean de Muller, que nous avons vu si favorable à la révolution helvétique et en grande relation avec les agents français au début de la crise, avait fini par se rallier à ce plan comme le seul

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