LA SUISSE, THEATRE DE LA GUERBE EUROPÉENNE
moyen de soustraire la Suisse aux calamités qui pesaient sur elle. Un autre ré?olutionnaire converti, Charles MuUer de Friedberg, l'ancien bailli du Toggenbourg, avait également adhéré à ce système, que défendait de ses conseils et de sa plume un troisième converti politique, Charles-Louis de Haller, devenu secrétaire de l'archiduc Charles et auquel ou doit une relation en allemand des campagnes des Autrichiens en Suisse en i799^ D'abord au nombre de 700 et mal équipés, les volontaires suisses comptaient à la fin de la guerre 5000 hommes bien organisés et répartis entre quatre régiments à la solde de l'Angleterre, les régiments Rovéréa, Bachmann, Salis et Courten. « Mais les émigrés « suisses, 9 écrivait le général Hotz, « ne sont pas plus raisonnables
< dans leurs projets de contre-révolution que les émigrés français. Je ^ ne fais d'exception, » ajoutait-il, « que pour Steiger, c'est un noble
< caractère '. »
Parmi les projets insensés que caressaient ces émigrés, on trouve celui de donner à la Suisse une sorte de lieutenant-général ou de statbouder à la hollandaise, dans la personne de l'archiduc d'Autriche, Jean, le frère de l'archiduc Charles. Entre leurs chefs d'ailleurs, comme entre les émigrés français, il y avait toute espèce de rivalités et de jalousies.
Les opérations militaires s'ouvrirent le l^'mars 1799 dans les Grisons. Ce pays, toujours troublé par la perte de la Valtehne, était de nouveau en proie à deux factions acharnées, dont l'une réclamait la réunion des trois Ligues à la République helvétique, pendant que l'autre n'en voulait pas et demandait la protection de l'Autriche. La majorité de la diète s'était prononcée pour la réunion à la Suisse que recommandait l'agent français Guyot. Mais la majorité des conseils et des communes ayant rejeté la réunion, le parti autrichien, dirigé par Ulysse de Salis-Marschlins, le proscrit de 4 794, rétablit les tribunaux criminels contre le parti contraire , à la tête duquel était Jean-Baptiste de Tscharner, avec des Bavier, des Planta et Gaudenz de Sahs-Seewis, poète et militaire. Un autre écrivain de grand talent, Henri Zschokke, originaire de Magdebourg dans la Saxe prussienne et naturalisé grisou, marquait aussi parmi les chefs du parti franco-suisse. Mais 600 citoyens de ce parti sont obligés de fuir leur patrie et de chercher un asile dans les cantons dévoués au nouveau régime.
Le général autrichien Âuffenberg occupait les Grisons, où il avait
^ E. L. Ton HaUer, Geachichie der Wirkungen und Folgen des ôsterreicfUschen Ftldsugs in der Schweiz. Weimar, 1801.
' Schaler, Thaien und Sitten der Eidgenossen^ YII, 252.
HISTOIBB 8UI88E, TOME n. 21
pénétré avec 4000 hommes par le Luciensteig (48 cet. 4798). Mais ce passage fameux est pris par les Français le 6 mars 1 799, Auffenberg fait prisonnier et Coire occupée le jour suivant. Masséna dirigeait en personne les opérations, ayant sous ses ordres Oudinot, Lecoorbe, Ney, Demont, Grison de naissance. Mais battus à Feldkirch et à Stockach (23 et 25 mars) par l'archiduc Charles, les Français ne se maintiennent qu'à grand'peine à Diessenhofen, Winterthour, Frauenfeld (le 25 mars). Dans ces chaudes journées, l'adjudant général bernois Wd)er, l'un des héros de Neueneck, reçut une balle mortelle à la tête en conduisant au combat la légion helvétique. Pendant que Weber, décrié comme m aristocrate par les patriotes outrés, mourait au champ d'honneur, son chef, Augustin Relier, le patriote par excellence, s'enivrait i Fauberge. Il fut destitué par le Directoire et condamné à un an de prison. Le général vaudois Debons, qui avait vaillamment combattu avec les Français^ fut nommé à la place de Relier.
Au combat de Winterthour, le général Michel Ney, alors, comme nous l'avons dit, simple lieutenant de Masséna, avait reçu une blessure qui l'obligea d'aller se faire soigner à Colmar. Mais dans le trajet, où il prit des chevaux de réquisition, il faillit être égorgé par les paysans de Sissach ameutés. A la suite de cet incident, Ney écrivait au général Souhara : <r Les enfants de Tell égorgent en plusieurs « endroits les Helvétiens et les Français, surtout dans les petits « cantons. »
Une proclamation de l'archiduc Charles, datée du 30 mars, où il annonçait aux Suisses qu'il venait les affranchir et non les soumettre. se colportait de village en village et n'avait pas peu contribué à soutever les populations, irritées au suprême degré par la levée de 20,000 hommes qu'avait ordonnée le Directoire. Des séditions éclatèrent successivement dans le pays de Saint-Gall, à Claris (6 mars), dans rOberland, le Seeland, le pays allemand de Fribourg, Soleure, Uri (26 avril), Zoug, Lucerne, Schwyz (28 avril), Lugano (29), dans leNidwald, le Vallais (H mai) et les Crisons (12 mai). Un moment on put croire que toute l'Helvétie prendrait les armes contre les oppresseurs.
Dans le canton de St-Call, l'insurrection avait été étouffée par un corps composé de 400 Français et de 1000 Zuricois dévoués au régime helvétique, sous les ordres du colonel et poète Sahs, qui remplissait les fondions d'inspecteur général. A Boutschweil, les habitants essuyèrent des traitements indignes. Pour les punir d'avoir abattu l'arbre de la liberté, on les contraignit à le rétablir et à danser autour. Les prêtres
INSDRREGTIONS POPULAIRES. 323
durent en faire le tour trois fois et crier : Vive la répiAUque helvéUque! A Zoug, la bourgeoisie de la ville s'était alliée aux Français pour comprimer la révolte des communes rurales.
A Glaris, dans le canton de la Linth, le soulèvement éclata à Toccasien de la levée des milices ou élites, comme on les nommait. Les jeunes gens refusaient de marcher et le peuple délivrait les réfractaires quand on voulait les mettre en prison. Pour dompter la rébellion, le gouvernement helvétique, à la prière du préfet national Haeussi, fit occuper la contrée par des troupes françaises, arrêter beaucoup de monde et déporter s^t des principaux magistrats, parmi lesquels trois Tschoudi, un Bloumer, un Freuler (4 août). Mais les dispositions du populaire, loin de changer par ces rigueurs, n'en devinrent que plus hostiles à l'ordre de choses qui recourait à de semblables mesures '.
Dans le canton d'Oberlaiid, créé par Lecarlier, l'associé de Rapinat, pour affaiblir celui de Berne, le mécontentement était aussi grand qu'à Glaris et avait le même motif, la levée des milices. Les autorités helvétiques furent chassées et l'exemple de TOberland entraîna les vallées voisines, y compris Frutigen et le Simmenthal. Mais comme il n'y avait aucune entente entre les chefs de ces peuplades, il suffit pour les réduire d'un petit corps de troupes françaises et helvétiques. Le chef de ce corps était le colonel de hussards, Jean Dolder, sabreur de profession et qui se donna le triste plaisir de tuer quelques paysans de sa main.
Les succès des Autrichiens, colportés de village en village et de maison en maison, avec le portrait de l'archiduc, produisaient depuis quelques semaines une grande fermentation dans la partie allemande catholique du canton de Fribourg. Le pays protestant de Morat et la Gruyère elle-même, cette terre natale des patriotes les plus ardents, de Chenaux et de Castella, qui par parenthèse était rentré au pays et remplissait les fonctions de sous-préfet, associèrent leurs griefs avec ceux du pays allemand, situé entre Fribourg et Berne. Tout à coup, on apprend que Gapany, agissant en qualité de commissaire du gouvernement, avait fait arrêter et incarcérer au couvent des Cordeliers un capucin, un chanoine et 1 7 magistrats de l'ancien régime, pour excitation à la révolte (12 avril). L'insurrection éclate alors par des voies de fait contre les fonctionnaires helvétiques ; on arrête comme otages les médiateurs qu'envoyait le gouvernement. 4000 hommes, Lémans et Français sont
^ J. Heer, Der Kanton Olarus unter der Helvetik. Jàhrbuch des historischen Ver: eins, V, 81.
réunis à la hâte sous les ordres du général français Hardy. Mais un corps détaché de la garnison est battu à Heitenried (14 avril) où quelques hommes perdirent la vie. Nouveau combat quelques jours après à Rechthalten (en français Dirlaret) où les insurgés sont battus, à leur tour, et laissent sur le carreau plusieurs des leurs, ainsi que leurs adversaires (17 avril).
Mais les paysans exaspérés ne se rendaient point et des forces plus nombreuses marchaient contre eux. Jean de Montenach, qui avait été élu sous-préfet du canton, et un autre patiicien populaire, le commandant Stoutz, cherchent en vain à arrêter la marche des troupes, lis courent alors aux insurgés, leur font connaître la soumission de TOberland et les supplient d'épargner au pays les horreurs de la guerre civile. Les séditieux, touchés, se soumettent et livrent leurs chefs, dont deux, Nussberger et Schmutz, sont condamnés à mort par un conseil de guerre, mais graciés par le Directoire.
Gapany prit sa revanche sur les 19 personnes arrêtées qu'il fil conduire sous escorte à ce même château de Chillon qu'il avait appelé jadis la Bastille de la Suisse (27 avril). Jean de Montenach, ayant cherché à obtenir un sursis et s'étant rendu suspect aux patriotes en accusant Gapany d'avoir, sans nécessité, donné l'ordre d'attaquer les insurgés du pays allemand, fut révoqué de ses fonctions (\^' mai). La colère de Gapany se fit sentir encore à une sage-femme, nommée Babelon Schinner (Broughet), une véritable héroïne de la charité, et dont le crime consistait à prodiguer les soins les plus touchants aux blassés russes et autrichiens qui lui baisaient les mains et l'appelaient maman.
 Lucerne, ce fut l'incarcération de quelques réfractaires qui donna le signal de la révolte (1 1 avril). La ville, menacée d'un coup de main par les paysans du canton, auxquels s'étaient joints des Ârgoviens, se met en état de défense avec l'appui de 800 Lémans, 1000 Zuricois et de la garnison française, qui compriment la révolte. Mais le 14 avril, les paysans se soulevaient de nouveau à Rousswyl et, armés de fusils et de massues, se retranchaient dans une forêt et y soutenaient un combat de plusieurs heures contre les troupes qui les attaquaient (18 avril). Le préfet de Lucerne, Vincent Ruttimann, que le général Brune avait exempté de l'ostracisme prononcé contre les patriciens, contribua beaucoup au rétablissement de l'ordre par sa modération et sa présence d'esprit.
Nulle part la levée des milices ne rencontra plus d'obstacles que dans le canton de Soleure, où les jeunes gens se cachaient dans les forêts et les gorges du Jura pour ne pas servir. « S'il nous faut servir, » disaient
les paysans, < nous combattrons avec l'empereur plutôt qu'avec la « France. » Aussi la nouvelle de l'arrivée prochaine des Impériaux (Kayserlik) enhardissant les mécontents, l'un d'eux, Bohner de Herbetschwyl, scia l'arbre de la liberté. Il fut condamné à mort par le conseil de guerre, mais gracié aux instances de deux magistrats du nouveau régime, Luthy et Cartier. Un autre mécontent, nommé Stâmpfli, riche boulanger du même village, qui avait cuit du pain pour les Autrichiens dont on lui avait annoncé l'approche, avait été également condamné à mort ; il fut exécuté en dépit des cris de sa fille éplorée et des sourds gémissements de la foule qui suivit le convoi du supplicié à Malzendorf *.
Dans toutes ces contrées, l'insurrection était étouffée dans son germe.
Il n'en fut pas de même dans les petits cantons et dans les cantons populaires des Grisons et du Vallais.
A Uri, les paysans, parés de l'ancienne cocarde du pays, jaune et noire, s'assemblèrent en landsgemeinde au mépris de la constitution unitaire. Un jeune homme exalté et d'un orgueil de famille excessif, Vincent Schmid, s'était mis à la tête du mouvement. Les Français de la garnison de Lucerne, qui voulurent comprimer la révolte, se trouvèrent exposés au feu des insurgés, embusqués par pelotons de 50 à 60 derrière les rochers. Quelques soldats français, qui s'étaient aventurés dans la contrée, furent massacrés à Attinghausen et Erstfelden.
Le riche bourg d'Altorf, dont la population n'était pas favorable à l'insurrection et recommandait la paix, avait été réduit en cendres le 3 avril précédent, au grand contentement des paysans, dont quelquesnns allumèrent leurs pipes au feu qui dévorait le chef -lieu de leur vallée, accusé de pactiser avec l'ennemi.
A Sch^7z, l'insurrection devint plus générale et les armaillis ou vachers étaient descendus de leurs chalets, vêtus de leurs sarraux, pour tomber sur les Français. Aloïs Reding, refusant de combattre à leur lêle, fut saisi à la gorge et menacé de mort. Mais le Directoire helvétique, d'accord avec les Français, fit cerner les abords du canton. Pendant que, par ses ordres, les milices zuricoises s'emparaient des hauteurs de Horgen et de Scbindellegi, le général Soult, plus tard si connu sous le nom de maréchal et duc de Dalmatie, occupait Einsiedeln et entrait à Schwyz le 3 mai. La aussi, l'insurrection était vaincue.
Le Nidwald, obéissant à un chef audacieux, Ignace Odermatt, ancien soldat et marchand d'amadou (de là le nom d'Ignace Tamadou, Ziin-
* Schuler, Vn, 41, 197; Fiala, Urkundio, Solothurn, 1857. I, 155.
delnazi que lui donnait le peuple) songeait à fondre sur Stanz, lorsque le Directoire fit occuper ce cheMieu de la vallée. Ignace Odermatt n'eut d'autre parti à prendre que de se réfugier dans le canton d'Uri, où il se joignit à Vincent Schmid, le chef des inswgés de ce pays.
Maître de Schwyz, le général Soult se jeta sur ces derniers. Au premier coup de feu, Vincent Schmid tomba. Mais continuant à combattre, ses soldats se retranchèrent derrière les décombres d'Âltorf. Délogés par les Français^ après un sanglant combat, ils remontèrent la Reuss et livrèrent un nouveau combat à Wasen, situé entre des rochers et d'épaisses forêts (9 mai). Ils étaient là au nombre de 900, y compris les réfugiés de Zoug, Schwyz, Underwald et 200 paysans de la Levantine, anciens sujets d'Uri et dévoués à leurs maîtres. 400 Vallaisans arrivèrent encore à leur secours pendant la lutte. Mais toute la valeur des montagnards ne les empêcha pas d'être battus encore par Soult qui les poursuivit jusqu'à Hospenthal et les dispersa, après une nouvelle affaire. Ce général avait montré dans ses diverses opérations autant d'humanité que d'habileté militaire.
Dans les ligues des Grisons, les paysans révoltés avaient massacré des troupes françaises, chargées de les réduire. Le général Ménard, celui qui avait précédé Brune dans le commandement de l'armée d'Helvétie, les défit dans deux sanglants combats, livrés près de Dissentis. 3000 paysans grisons y furent tués sur place. Le dernier combat avait fini par une boucherie (le 3 et 5 mai).
Le Vallais avait eu aussi ses scènes de carnage. Conduits par le comte Eugène deCourten, les Haut- Vallaisans avaient repoussé jusqu'à Martigny les Français, unis aux Vaudois et aux Bas- Vallaisans, les éternels ennemis de leurs maîtres du Haut. Ces derniers fusillant sans pitié les prisonniers, le Directoire helvétique usa de représailles. Le général français Xaintrailles parvint à déloger les Haut- Vallaisans de toutes leurs positions. Mais plus cruel encore que Ménard, il laissa ses soldats commettre des horreurs qui surpassaient celles du Nidwald et des Grisons. Vingt villages furent livrés aux flammes, les crétins égorgés et une femme pendue par les pieds à Brigue. La révolte du Haut- Vallais était noyée dans le sang \
Les paysans fanatisés des anciens bailliages italiens, enhardis par l'insurrection de leurs voisins et les victoires remportées en Italie sur les Français par le fameux Souworow, se soulevaient à leur tour contre le
^ On prétend que, renouvelant les saturnales de la déesse Raison, Xaintrailles avait mis sur l'autel une dame Wetter.
gouvernement helvétique et euvahissaieut la ville de Lugano, sous les ordres d'un chef nommé Pietro Rossi. Trente maisons appartenant aux patriotes étaient livrées au pillage. Rossi cherche en vain à arrêter les excès de ses bandes indisciplinées. L'abbé Vanelli, rédacteur d'une feuille patriote, l'avocat Papi et l'ofGcier Castelli sont attachés à l'arbre de la Uberté et fusillés sans pitié (29 avril). Un gouvernement provisoire était installé par les paysans. Les autres parties des bailliages italiens, Bellinzona, Locarno et la Levantine étaient également en révolution. L'arrivée de 4000 Autrichiens à Lugano (le 10 mai) fut saluée par les cris de joie des ennemis du régime helvétique. Mais la contribution de 40,000 fr. imposée k la contrée par le chef des Autrichiens qoi était un émigré français, le prince de Rohan, jeta de l'eau froide sur cet enthousiasme qui s'évanouit complètement à l'arrivée d'une armée française, à la fin de l'année 1 799.
On peut se faire une idée de la situation que l'invasion rudse et toutes les révoltes que nous venons de retracer avaient faites au gouvernement helvétique. Le séjour de Luceroe étant devenu dangereux par la proximité des Waldststten, il jugea à propos de se transporter à Berne, dont la population n'était cependant rien moins que favorable au gouvernement unitaire, qu'elle ne recevait qu'à regret dans son sein.
Persuadé que l'énergie et l'audace pouvaient seules sauver le nouveau régime, le Directoire helvétique que dominait La Harpe s'était fait donner par les deux conseils des pouvoirs dictatoriaux. Il en usa de la façon la plus violente: après avoir expulsé du sol suisse les sujets anglais, autrichiens, il bâillonna la presse, viola le secret des lettres, décréta la peine de mort pour tout déserteur réfractaire, tout auteur et fauteur d'insurrection et déporta à Salins et Huningue beaucoup d'anciens magistrats de Zurich, Berne, Lucerne, Soleure, sans parler de ceux qu'il fit ensuite enfermer à Aarbourg et Chillon. De ce nombre se trouvait Aloïs Reding. Le généreux pasteur Lavater subit aussi une déportation de deux mois à Bàle pour deux écrits très incisifs contre les mesures despotiques du Directoire (16 mars). Pour assurer le succès de ces mesures, un camp de 40,000 hommes avait été formé à Matran, à une lieue de Fribourg et assez près de Berne pour rassurer, contre un coup de main de ses ennemis, le gouvernement unitaire.
Mais tous ces actes de terrorisme, loin de sauver le régime helvétique, semblaient devoir en hftter la chute, en portant au comble la haine qu'il inspirait. La fortune, d'ailleurs, avait cessé de sourire aux Français et dans une bataille acharnée, livrée près de Zurich, le 4 juin, l'archiduc