LES DEUX BATAILLES DE ZURICH
Charles, à la tête des Austro-Russes, battait Masséna. Hotz, quoique blessé à la tète et mis hors de combat en escaladant l'Uetliberg dès le début de l'action, avait eu, au dire de l'archiduc, la principale part à la victoire *.
Cédant au vœu de la municipaUté de Zurich, qui tremblait pour le sort de cette ville, le général vaincu jugea à propos de se replier sur l'Âlbis et rUetliberg. Les Autrichiens firent leur entrée à Zurich avec la légion helvétique et le vieil avoyer Steiger. Quelque temps api*ès, les Français éprouvaient de nouveaux revers dans le canton de Schwyz, où les Glaronnais, qui combattaient avec les Autrichiens sous Gaspard Zwicki et Conrad Schindier, se couvrirent de gloire, comme à Wollerau, l'année précédente \ Une grande partie de l'Helvétie se trouvait alors occupée par les troupes austro-russes. Les Suisses de l'armée française l'abandonnaient en foule pour rentrer dans leurs foyers. On ne doutait pas que, profitant de la victoire, l'archiduc Charles ne marchât sur Berne où Tavoyer Steiger devait être mis k la tête de la Confédération. Déjà dans tous les cantons occupés par ses soldats (Schaffhouse, Claris, Appenzell, Zurich), l'archiduc Charles avait installé des gouvernements provisoires pour remplacer les préfets du régime helvétique. Les landsgemeinden se rétablissaient dans plusieurs cantons. Le prince-abbé de St-Gall, revenu en Suisse à la suite des armées autrichiennes, reprenait momentanément possession de sa principauté. Le vainqueur de l'Italie, Souworow, devait pénétrer en Suisse par le Gothard pour achever la déroute des Français ; mais la mésintelligence des cabinets de Vienne et de Pélersbourg et la jalousie de l'empereur contre son frère Charles firent évanouir toutes ces combinaisons. Un armistice de deux mois fut accordé à Masséna et lui permit de se renforcer avant la reprise des hostilités.
D'un autre côté, l'archiduc Charles recevait, en pleurant de dépit et de douleur, l'ordre de quitter sans retard la Suisse avec une grande partie de son armée et de rentrer en Allemagne.
Quand la guerre se rouvrit, le 13 août, elle eut pour théâtre le massif du St-Gothard, où plusieurs des plus habiles capitaines du siècle, Lecourbe, Molilor, Soult, Gudin, Loyson d'un côté, Holz, Jellachich, Souworow de l'autre, se firent une guerre savante et terrible, qui s'étendit jusqu'aux recoins les plus sauvages du Vallais et des Waldstaetten.
» Schuler, VII, 88. - • ,
^ « Il est glorieux aujourd'hui de s'appeler Glaronnais, écrivait Muller-Friedberg à Jean de MuUer ; les Zuricois, au contraire, se battent avec fureur pour les Français, qui leur assignent les postes les plus périlleux. > (Lettre du 14 juillet.)