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LES DEUX BATAILLES DE ZURICH

On se battait aussi autour de Zurich. Une tentative de Tarchiduc pour frapper un coup décisif avant de quitter la Suisse et passer TAar à Dettingen, échoua par Timpéritie des pontonniers et devant les balles des carabiniers zuricois, les plus habiles tireurs de l'armée franco-suisse (16 au 17 août). Une brouillerie du général russe Korsakow avec le général autrichien et qui les empêchait d'agir de concert, vint encore favoriser les desseins de Masséna. En chef habile, ce dernier se décide à prévenir l'arrivée de Souworow et livre aux Russes et aux Autrichiens, commandés par Korsakow et Hotz, une nouvelle bataille de deux jours entre Zurich et Schànis, où Hotz est tué en faisant une reconnaissance (le 25 septembre) et les Austro-Russes mis en déroute le lendemain (26 septembre).

« La perte de Hotz, » dit un historien, « était un plus grand malheur « pour sa cause que celle de la bataille de Zurich \ i>

Cette bataille, un des plus beaux faits d armes de l'histoire miU taire de France, sauva la république helvétique. Mais Zurich, coupable aux yeux du vainqueur de connivence avec les vaincus, fut traitée comme une ville prise d'assaut. Les rues étaient jonchées de cadavres. L'illustre pasteur Lavater, sorti de sa maison pour assister les mourants, reçut à bout portant le coup de feu d'un grenadier helvétique. Il en mourut quinze mois plus tard (le 2 janvier 1801). Le vieil avoyer Steiger, courbé par le chagrin, avait quitté la ville avec les débris de l'armée de Korsakow ; il alla mourir à Augsbourg sur terre allemande.

Le jour même de la seconde bataille de Zurich, Souworow sorti vainqueur, mais affaibli de ses luttes avec les Français de Lecourbe et de Gudin dans les Hautes Alpes, arrivait à Altorf, suivi de 1 8,000 hommes d'infanterie et de 4000 Cosaques avec leurs longues lances et leurs petits chevaux rapides comme le vent. Mais ce fut pour y apprendre la déroute de ses compatriotes et alUés, et leur rétraite qu'il se flattait encore de pouvoir arrêter. Les Autrichiens, défaits de nouveau par Molitor et Masséna, à Wesen et dans la vallée de la Linth, se repliaient vers les Grisons, et Souworow lui-même, faute de barques pour se rendre à Lucerne, dut gravir le Kinzigkulm pour gagner le Muottathal, ou il était assailli par les forces réunies de Masséna et de Lecourbe, et y éprouvait une défaite qui rougissait le torrent et obstruait la vallée de cadavres (!•' octobre). Le combat de Naefels, où la demi-brigade hel-

' Schaler, YII, 138. Le portrait de Hotz a été tracé en ces termes expressifs par ^. Meyer : « Son impétuosité le portait à affronter le péril sur le champ de < bataille, il montrait le plus grand mépris de la mort. La franchise et la loyauté « étaient le fond de son caractère. »

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