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CESSION DE NEUCHATEL A LA FRANCE

Mais Napoléon \ tout occupé de Tagrandissement de son empire, n'eut pas le loisir de s'occuper des réclamations de la Diète.

Peu de temps après, Tannexion à Tempire français des républiques italienne et hollandaise causa aux Suisses les plus vives alarmes. On craignait une réunion analogue ou l'établissement d'un prince, tout au moins d'un landamman à vie que s'était pris à désirer le ministre suisse à Paris, dans l'espoir que le choix du Premier Consul tomberait sur d'Affry, son parent, ami et protecteur ^ Napoléon prit soin de rassurer les esprits et se montra même disposé à restituer à la Confédération la vallée des Dappes qu'il s'était fait céder par le ca.nton de Vaud en 1802. Mais l'indiscrétion du conseiller zuricois Usteri, qui donna à ce dessein une publicité prématurée dans un journal d'Allemagne, blessa l'empereur et fit manquer la négociation.

En 1805, les envahissements de Napoléon provoquèrent une coalition formidable, de l'Autriche, de l'Angleterre et de la Russie. La Diète, convoquée à Soleure par Tavoyer Gloutz, landamman de la Suisse pour cette année, ordonna une première levée de 5000 hommes pour la défense des frontières et désigna l'ancien landamman ^Yattenwyl pour en prendre le commandement. Celui-ci porta aussitôt à douze le nombre des colonels fédéraux, qui n'était que de quatre auparavant, mit sur pied 26 bataillons, et mérita une épée d'honneur pour la manière décidée dont il préserva les limites de la Suisse, menacées par les armées du Tyrol et du Vorariberg. Au début de cette guerre, l'archiduc Jean d'Autriche, prince favorable aux Suisses et ami de leur historien national, Jean de Muller, avait promis de respecter la neutralité du sol suisse, si les Français la respectaient de leur côté. Le landamman Gloutz envoya son prédécesseur d'Affry à l'empereur pour solliciter cette garantie. Mais Napoléon, irriié contre la Diète parce qu'elle avait préféré Wattenwyl pour commander les troupes fédérales, à d'Affry qu'il avait désigné lui-même pour ce poste, reçut avec colère l'envoyé suisse et refusa la garantie.

Une autre affaire porta au comble le mécontentement de Bonaparte et faillit avoir les suites les plus graves pour l'indépendance helvétique. Vainqueur de la coalition à Austerlitz, l'empereur des Français avait obtenu du roi de Prusse la cession de Neuch&tel et en avait fait don à un de ses généraux favoris, le maréchal Berthier (30 mars i 806). Des

^ Les autres membres de la députation suisse étaient Reinhard de Zurich» Zell* weger, landamman d'Appenzell, Heer, landamman de Glaris, Salis des Grisons, Reding d*Argovie, le colonel Gady (Nicolas) de Fribourg, comme secrétaire.

* Corresp. officielle (inédite) de Maillardoz avec d'Affry, nov. 1803.— Join 1804.

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