CESSION DE NEUGHATEL A LA FRANGE
négociants suisses, plas avides de gain que soucieui du sort de leur patrie, jetèrent dans ce pays pour 6 millions de marchandises anglaises destinées à entrer en contrebande en France, où Napoléon en avait défendu l'importation sous las peines les plus sévères. Pour calmer lem- . pereur, le bourgmestre André Mérian, de Bàle, qui présidait alors aux destinées de la Suisse (4806), incarcéra les négociants coupables et fit rendre par la Diète un décret qui prohibait l'entrée en Suisse des marchandises anglaises, au grand détriment du commerce indigène. Avant la cession de Neuchàtel au prince Berthier, le conseil avait été donné au bourgmestre Mérian de tenter une démarche auprès de Tempereur pour obtenir la réunion de ce pays à la Suisse. Mérian trouva la démarche hasardeuse et n'osa pas s'y risquer. Mais de nouvelles idées d'annexion germaient dans Tesprit de Napoléon et trouvaient faveur auprès de certains mécontents de la Suisse, lorsque Jean de Muller, consulté par l'empereur sur cette question décisive, opposa à de mauvais conseils cette simple et mâle parole : « Les vrais Suisses ne veulent pas d'annexion. Un changement de ce genre n'aboutirait qu'à faire de la Suisse une Vendée. » Si Ton en croit quelques historiens, Jean de Muller n'aurait cependant pas soutenu ce noble langage, et se serait laissé aller, un moment du moins, à l'idée d'incorporer la Suisse au grand-duché de Bade, créé par le protecteur de la Confédération du Rhin (Rheinbund).
Aux Suisses douteux de cette époque, appartenait le ministre suisse à Paris lui-même, Constantin de Maillardoz, que sa qualité de chef provisoire de l'organisation miUtaire des Suisses en France et son admiration aveugle pour l'empereur mirent en opposition flagrante avec son rôle naturel de défenseur des intérêts et de l'indépendance de sa patrie et loi attirèrent des paroles sévères du landamman Mérian \
Instruits du mécontentement de Napoléon, l'ancien abbé de St-Gall et plusieurs moines crurent le moment propice pour recouvrer leur pouvoir temporel. Un mouvement dans ce sens se manifesta parmi le clergé et le peuple de la campagne. La cour de Rome, alors en crédit auprès de Napoléon, appuyait les prétentions de l'abbé. Mais l'ancien
^ < J'estime, écrivait Mérian à Maillardoz, qne vous avez entièrement oublié votre « position vis-à-vis da landamman et des cantons, et peut-être vos devoirs envers «la patrie > (2 janvier 1807). Maillardoz, à la lecture de cette lettre, songeait à donner sa démission; mais Reinhard, qui succédait à Mérian, l'engagea à continuer. Dans ses lettres à Mérian, Maillardoz demandait que chaque canton fût tenu de fournir à la France le quart de son contingent fédéral en hommes, et se chargeât de le recruter (30 oct. 1806). Corresp. inédite de MaiUardoz avec d'Afry.
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