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LES SUISSES DANS LES ARMÉES DE NAPOLEON

bailli Mûller-Friedberg, devenu laadamman du nouveau canton* tint tête à l'orage. Napoléon s'étant prononcé pour le maintien de la sécularisation, les agitateurs furent mis en prison, et la suppression de l'abbaye princière définitivement prononcée. Elle avait duré 4200 ans. La question des cens et de certains droits féodaux provoqua la même année des mouvements révolutionnaires dans plusieurs villages du canton de Fribourg (Aumont, Granges de Vesin, Broc, Gumefens). Dans ce canton, comme à Zurich l'année précédente, on s'étayait de la protection de l'ambassadeur de France. On dut faire occuper ces villages par des troupes.

L'année 1806 fut attristée encore par l'horrible éboulement de Goldau qui, en cinq minutes, détruisit quatre villages et engloutit 457 personnes (2 septembre).

Déjà sous le consulat de d'Aifry, comme on l'a vu plus haut, la Diète suisse avait été contrainte par Napoléon de renouveler la capitulation militaire qui maintenait TobUgation pour les cantons d'entretenir sous les drapeaux français un corps de i 6,000 auxiliaires. Mais le peu d'exactitude que montrait la France à payer les pensions arriérées des anciens militaires et les dispositions hostiles d'une partie des populations rendaient le recrutement très difficile dans certains cantons. Malgré toutes les entraves et toutes les défenses, beaucoup d'officiers et de soldats continuaient à s'enrôler pour l'Espagne ou pour l'Angleterre. Au commencement de l'année 4807, sur 16,000 hommes que la Suisse devait fournir à Napoléon, il en manquait environ 8000. L'ambassadeur Vial déclara au bourgmestre Hans Reinhard, de Zurich, qui remplissait les fonctions de landamman de la Suisse, que l'empereur se verrait obligé d'établir l'enrôlement forcé ou la conscription dans les cantons, si les quatre régiments auxiliaires ne se trouvaient pas au complet pour le mois de mai suivant. Il fallut vider les prisons et organiser une presse ou enrôlement forcé qui atteignit tous les mauvais sujets et tapageurs d'auberges.

On parvint à grand'peine, par ces moyens violents, à compléter les cadres de 12,000 hommes, qui allèrent rougir de leur sang les plaines de l'Allemagne, les rochers de la Calabre, en Italie, et les monts Cantabres en Espagne. Prodigues, comme toujours, du sang des Suisses, les généraux français avaient grand soin de placer leurs bataillons à l'avantgarde, où leurs uniformes rouges trompaient l'œil des populations et les faisaient prendre pour des Anglais, méprise chèrement payée plus d'une fois par les populations espagnoles ou napolitaines.

L'année 1808 commença par de beaux discours de la Diète de Lu-

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