ANNEXION DU VALLAIS ET DU TESSLN A LA FRANCE
elle l'aYâit déjà été au commencement de Tannée par le passage d'un régiment français à Bàle (en mars). Les plaintes patriotiques du landamman d'AiTry et les réclamations qu'il fit porter au général Molilor par son second fils Guillaume et son ami Nicolas de Gady, capitaine général des troupes fribourgeoises, demeurèrent sans résultat. Mais ce magistrat n'en infligea pas moins un blAme mérité au gouvernement bâiois pour s'être prêté complaisamment au passage des troupes françaises.
Le joug de la France, déguisé en médiation, devenait tous les jours plus écrasant, et pesait tout particulièrement sur la presse. Les journa* listes les plus spirituels du temps, et sans distinction d'opinion, Zschokke, Hopfner, MuUer-Friedberg, eurent à se plaindre des entraves et des rigueurs de la France qui supprimait à son gré les journaux et en faisait incarcérer les auteurs. Le Vallais, détaché déjà de la République helvétique en 1802, malgré les supplications de ses habitants, fut définitivement incorporé à la France en 1810, sous prétexte d'une entente qui aurait existé entre le Vallais et le Tyrol insurgé. Trente mille hommes, aux ordres de Berthier, prince de Neuchâtel, occupèrent ce pays (12 novembre), transformé en département du Simplon. En prenant possession du pays, Berthier, cet Épbestion du nouvel Alexandre, avait promis au nom de ce dernier d'épargner le pays, de n'y faire aucune réquisition et de payer exactement les troupes. « Les Vallaisans, dit l'historien vallaisan Furrer, ne virent se réaliser « aucune des promesses dorées du prince de Neuch&tel. Le préfet établi « par Napoléon se montra un despote sans bornes, accabla le Vallais c de contributions et se fit livrer chaque année cent hommes dont la c plupart restèrent dans les batailles de Leipzig et de Hanau V »
Le même sort était réservé au Tessin. Les plaintes du peuple de ce canton, pas plus que les protestations de l'avoyer Wattenwyl (landamman de la Suis^^e pour Tannée 1810), ne purent empêcher que ce pays ne fût subitement envahi par les troupes de Napoléon, aux ordres du général FontaneUi, dans le but d'extorquer à la Diète la cession de ses anciens bailliages italiens. Alors déjà (comme l'Autriche en 1855) la France prit pour prétexte de cette occupation iniqUe le langage de certains journaux et la propagande des réfugiés lombards dont ce coin de terre était l'asile.
A la tyrannie poHtique se joignit bientôt une tyrannie commerciale extraordinaire. Napoléon réclama comme sa propriété toutes les denrée coloniales qui étaient en Suisse, et, par suite de cette mesure inique,
* Furrer, Gesch. von Waïlia, 1870, 1, 417.