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DIÈTES OPPOSÉES DE ZURICH ET DE LUGERNE

Tscharner, Planta et Sprecher réussirent cependant à maîtriser le mouvement et à empêcher la séparation.

Le Tessin, troublé par la guerre civile et la révolte de quelques districts contre le gouvernement, était occupé par les troupes fédérales aux ordres du colonel lucernois de Sonnenberg. Les commissaires fédéraux se succédaient dans ce canton sans parvenir à y rétablir l'ordre. Sonnenberg seul montra de la fermeté et avec quelques cents hommes tint tète à 15,000 insurgés, mais ne put les empêcher d'occuper à plusieurs reprises Bellinzona et Lugano, où le sang coula dans les rues. Un nouveau commissaire plus énergique, le conseiller J.-Jacques Hirzel de Zurich, s'appuyant sur Sonnenberg, rétablit Tordre. Mais ce fut pour imposer au Tessin une constitution qui créait l'aristocratie corruptrice des iUmtiissimi signori. Les chefs de la guerre civile, Âiroldi, Rusconi, Stoppani, furent jetés en prison où on trouva le dernier percé de coups de couteau qu'il s'était donnés lui-même ou qu'il avait reçus d'une main restée inconnue.

L'esprit de réaction s'étendit à tous les cantons auxquels la révolution avait fait perdre quelque propriété ou droit souverain. Pendant que Berne revendique Vaud et Ârgovie qui lèvent des troupes pour protéger leur indépendance, Uri revendique la Levantine unie au Tessin, Schwyz, la Marche, Uznach, Sargans annexés à St-Gall. L'abbé de St-Gall, de son côté, prot&ste contre la sécularisation de sa principauté (13 mars 1814).

La Diète de Zurich, sous Reinhard, écarta toutes ces réclamations. Mais Berne lui opposa une diète séparée. Huit des plus anciens cantons se réunirent à Lucerne, présidés par l'avoyer Ruttimann *.

La Suisse offrit alors un spectacle bien déplorable ; c'était celui de deux diètes hostiles invoquant chacune l'appui des puissances étrangères. Ces dernières, dont l'attitude en cette circonstance fait autant d'honneur à leur loyauté qu'à leur hbéralisme, mirent fin à ce scandale, en ordonnant à la diète séparée de Lucerne de se dissoudre. Les députés de Berne et de Fribourg essayèrent bien encore de résister. Mais l'avoyer lucernois Ruttimann, qui présidait ce Sonderbund, leva la séance.

Toute la Suisse alors se réunit le 6 avril à Zurich pour élaborer un nouveau pacte qui consacrait l'indépendance des 19 États de l'Acte de médiation, plus, des trois nouveaux cantons de Vallais, Neuchàtel et Genève.

^ C'étaient Uri, Schwyz, Underwald, Lucerne, Berne, Zoug, Friboarg et Soleare. Moyer de Knonau, Handlmch der Geachichte der Èidgenossetiackajt, II, 749.

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