‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 72 sur 127 · ABOLITION DE L'AGTE DE MÉDIATION · texte numérisé non relu

ABOLITION DE L'AGTE DE MÉDIATION

Mais la Suisse, envahie par les Alliés, n'avait pas recouvré le droit de disposer librement de ses destinées. Le nouveau pacte dut être soumis à la sanction des souverains réunis en congrès à Vienne pour régler le sort de l'Europe bouleversée par les événements des quinze dernières années. Le corps helvétique s'y fit représenter par trois députés, dont l'un, le circonspect Reinhard, défendit le pacte tel qu'il était sorti des délibérations de Zurich, tandis que le fougueux et subtil Jean de MoDtenach travaillait à restaurer la vieille ligue des XIII cantons et formula même un jour le vœu de voir établir une république distincte, composée des quatre cantons aristocratiques avec Berne pour Vorort. A côté des députés fédéraux, il y avait un délégué bernois, Zeerleder, chargé de soutenir les prétentions de son gouvernement sur Vaud et Ârgovie. Mais Berne comptait sans César de La Harpe, Jomini et leur puissant protecteur, l'empereur de Russie. Argovie, dont la cause était identique à celle de Vaud, se fit représenter par l'ancien ministre helvétique Rengger. « L'Argovie, » écrivait ce dernier à Castlereagh, le ministre anglais qui représentait Georges III à Vienne, < ne se lais- < sera incorporer à Berne que par les baïonnettes. ^

Après de nombreux pourparlers, le congrès confirma in globo l'acte fédéral conçu à Zurich ; mais, comme il l'avait fait pour d'autres États, il disposa sans façon de plusieurs contrées et territoires. Ainsi, pour indemniser Berne de la perte de Vaud et d' Argovie, on réunit à son territoire la ville de Bienne et le Jura ou ancien évècbé de Bàle, sans tenir compte de la différence de langue et de religion et contre le vœu formel exprimé par les habitants de ce dernier pays de former un canton distinct \ L'annexion de Gersau au canton de Schwyz avait été votée en Diète par 1 7 voix contre 6 favorables au maintien de cette république microscopique, la plus petite du globe, et qui avait 700 ans d'existence ^

Genève reçut un accroissement considérable par la réunion de Versoix, Carouge et onze communes catholiques détachées de la Savoie. Trois provinces de ce dernier pays, le Chablais, le Faucigny et le Genevois, demandaient à être suisses ; elles avaient fait partie du territoire

^ Rengger, alors à Vienne, avait cherché en vain à gagner le premier ministre de Prusse, Hardenberg, à Pidée de joindre l'Ajoie ou pays de Porrentmy au canton de Neneh&tel. Lettre de Rengger à Feer, dans l'ouvrage cité : Lehen und Brieftoechael nm Albrecht Bengger, II, 209. Cette lettre est datée du 11 janvier 1815.

' On a parlé d'une république composée de 12 maisons dans les Grisons ; c'est la commune de Qnsclia, qui n'avait avec les Grisons qu'un traité d'alliance. Mais ce village, si escarpé qu'aucun cheval ne peut y parvenir et où les mères, dit-on, attachent leurs enfants quand elles doivent sortir de la maison, n'a pas d'histoire.

Page 1