INVASION DE LA FRANCHE-GOMTE
helvétique au XVI"« siècle, et Tincorporation de ces contrées eût donné à la Confédération tout le bassin du Léman avec la frontière militaire dont elle avait besoin pour défendre son indépendance. Mais la Suisse, imprévoyante et divisée, se borna à stipuler la neuti*alité de ces provinces, avec la faculté de les occuper en cas de guerre. Même le pays de Gex, dont Thabile et généreux diplomate genevois, M. Pictet de Rochemont, avait obtenu d'abord la cession ou plutôt la restitution à la Suisse, demeura réuni à la France. M. Pictet obtint, en revanche, à Paris, la démolition de la forteresse d'Huningue et la reconnaissance de l'intégrité du territoire helvétique.
Mais au moment où les affaires suisses étaient en train de recevoir une solution définitive à Vienne, Napoléon, relégué par les souverains à riie d'Elbe (depuis le 20 avril 181 4), s'échappait de sa prison et rentrait en France aux acclamations de l'armée, qui passa en majeure partie du camp des Bourbons dans celui de l'empereur. Presque seuls, les régiments suisses, entre autres celui que commandait Charles d'Âffry, un des héros de la Bérésina, résistèrent à lentraînement général et demeurèrent fidèles au serment prêté à Louis XVIIL La crainte que le retour de Napoléon ne fît courir de nouveaux périls à la neutralité helvétique, engagea la Diète à mettre sur pied une armée de 30,000 hommes, placée sous les ordres du vieux général Bachmann, de Glaris, qui avait battu les troupes helvétiques en 1802. Mais la fameuse bataille de Waterloo (16-18 juin) et la captivité de Napoléon à l'île de Sainte- Hélène vinrent mettre un terme aux aventures inouïes de cet homme unique dans l'histoire.
La France se vil alors envahie pour la seconde fois par les alhés. La Suisse fût sans doute restée neutre sans les provocations des troupes françaises. Pendant que les unes pillaient des villages de l'ancien évèché de Bàle et attaquaient les avant-postes de l'armée fédérale, le général français Barbanègre lançait plusieurs bombes sur la ville de Bile sans avertissements préliminaires. La Diète se borna d'abord à protester contre ces violences. Mais influencée par des officiers ambitieux de jouer un rôle, la Confédération eut la faiblesse de joindre ses troupes à celles des ennemis de Napoléon. Vingt-cinq mille hommes, placés sous le commandement en chef de Bachmann, avec deux patriciens fribourgeois, Nicolas Castella de Berlens pour major général et Nicolas de Gady comme chef de division, pénétrèrent dans la Franche-Comté. Un autre corps de 6000 hommes, sous Charles d'Affry, coopérait au siège de Huningue formé par les Autrichiens, aux ordres de l'archiduc Jean, frère du prince Charles (28 août).