‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 78 sur 127 · CONSTITUTIONS CANTONALES · texte numérisé non relu

CONSTITUTIONS CANTONALES

mes et des coutumes et où l'àge du vote était fixé à 17 ans, les juridictioDS et communes élisaient librement leurs députés au grand conseil et avaient le droit de discuter, d'accepter ou de rejeter les lois projetées par les autorités cantonales.

Pareils aux anciens districts de Schwyz, les sept dizains du Haut- Vallais avaient repris leur ancienne prépondérance sur ceux du Bas- Vallais, en dépit de la supériorité numérique de ce dernier. Plus rapprochés des cantons démocratiques, St-Gall, Argovie, Thurgovie, Tessin et Vaud« inclinaient au gouvernement des riches, dont l'influence ne se faisait nullement plus sentir qu'été Thurgovie, où il dégénérait en véritable ploutocratie. Un système électoral des plus compliqués venait encore s'ajouter aux autres causes d'impopularité de es système. L'esprit confessionnel, attiédi sous l'Acte de médiation, avait pris un nouvel essor sous l'empire de la restauration, et s'était traduit par la division des grands conseils des États paritétiqties ', St-Gall, Argovie et Grisons en corps on collèges distincts, pour la direction des affaires de culte et d'école.

Dans la plupart des cantons tout s'était fait par la volonté des hommes influents; personne n'avait songé à consulter le peuple, ni à lui soumettre les nouvelles constitutions.

c L'arbitraire, comme dit le plus récent historien du droit fédéral, «. avait présidé à l'œuvre de la restauration, attentive seulement à

< sauver les apparences et se donner un cachet de légitimité, à faire « sonner bien haut les droits du pouvoir et à se couvrir du prestige des

< anciens titres. Ce régime n'avait qu'un seul avantage réel, celui du

< bon marché, car le principe des hommes d'État d'alors était que les

< emplois pubUcs doivent être acceptés pour l'honneur, principe dont « l'application leur était d'autant plus facile qu'ils appartenaient, pour « la plupart, aux classes aisées. L^administration publique tout entière « était fondée sur l'économie, et de même qu'on se gardait comme du « feu d'imposer de nouvelles charges au peuple, on ne voyait pas non « plus la nécessité de se livrer à des entreprises coûteuses d'utilité publiât que. Les gouvernants estimaient avoir mis le comble à leur sagesse « s'ils avaient accru le trésor public \ »

Au point de vue moral et politique, l'idéal des magistrats du temps est la prédominance des classes. supérieures ou de la bureaucratie, avec le dessein avoué défaire le bonheur du peuple, mais sans lui. « Tout pour le

* On appelle ainsi en Suisse les cantons où le gonvemement est divisé d'après les confessions.

* Meyer(Johannes), Gesch. des sckweiserischen Bundesrechies. Winterthour, II, 34.

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