TROUBLES DU JURA CATHOLIQUE
chanté la palinodie. La conduite de cet État dans les questions intérieures et les affaires religieuses en particulier est marquée au moins de la même faiblesse.
Après l'adoption des articles de Baden par le Grand Conseil de Berne, en février 4836, une grande fermentation s'était manifestée dans le Jura, où le journal ultramontain, VAmi de la justice, avait paru encadré de noir. Trois ecclésiastiques, le provicaire Cuttat, son vicaire Spahr et Tabbé Bélet étaient Tâme de l'agitation. Des manifestations séditieuses eurent lieu. Des placards affichés aux coins des rues portaient ces mots : « Séparation du canton de Berne! A bas les huguenots ! Vivre catholiques ou mourir ! » Ces mots étaient répétés sur les arbres de religion que des femmes avaient plantés et autour desquels elles faisaient la garde, leurs tabliers pleins de sable pour le jeter aux yeux des téméraires qui tenteraient de les enlever. Des cris de mort au conseiller d'État Stockmar et à Choffat, préfet de Porrenlruy, se faisaient entendre; on en voulait à ces deux hommes politiques de leur dévouement à Berne et aux articles de Baden. Un autre grief contre Stockmar était de s'être laissé nommer au Conseil d'État en remplacement de Vautrey qui, après avoir représenté Berne à la conférence de Baden, s'était prononcé contre l'adoption des fameux articles et avait payé ce revirement de son élimination du pouvoir exécutif. Le gouvernement réprima par la force les troubles du Jura catholique et envoya des bataillons occuper ce pays (9 mars). Cuttat s'était mis à l'abri en se réfugiant sur le territoire français, ainsi que son vicaire Spahr. Mais Bélet fut arrêté k Bienne et subit une détention assez longue. Le préfet Choffat ayant pris sur lui de supprimer VAmi de la justice, organe du parti ultramontain, fut désavoué par le pouvoir. En revanche, les trois autres préfets du Jura catholique, accusés d'avoir manqué d'énergie dans 1 exercice de leurs fonctions, furent révoqués.
Mais l'énergie manquait de plus en plus au gouvernement lui-même entièrement soumis à l'influence de l'amba^^sadeur de France. Le dernier jour de juin, le duc de Montebello réveillait à minuit l'avoyer Tscharner et faisait convoquer le Conseil exécutif pour lui annoncer que s'il ne prenait pas l'engagement de proposer au Grand Conseil le retrait des articles de Baden, les régiments français entreraient dans le Jura catholique, dont la population avait invoqué la protection de la France. L'avoyer Tscharner et la majorité du Conseil exécutif cédèrent à la menace. Le Grand Conseil lui-même, convoqué le 2 juillet, vota la suppression des fameux articles par 111 voix contre 18. Parmi les opposants, on voyait figurer les conseillers d'État Charles Neuhaus, Kaiser,