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TROUBLES DU JURA CATHOLIQUE

Slockroar et le directeur des établissements de Hofwyl, Emmanuel de Fellenberg.

Les articles de Baden n'étaient pas plus heureux à Saint-GalL où ils avaient succombé sous le veto populaire, au commencement de Tannée précédente. À la suite d'une polémique très ardente et d'une assemblée populaire, où s'était signalé le doyen Popp, 18000 citoyens se prononçaient contre la loi (janvier 1835). Une réaction dans le sens ultramontain s'accomplissait dans ce canton, où le conseil d'éducation que présidait le doyen Greith suspendait l'historien et libre penseur Henné de ses fonctions de professeur et soutenait une lutte très vive avec le curé hbéral Fédérer, chef et champion de l'école cantonale mixte. Les articles de Baden avaient été aussi abandonnés à Soleure, dont le gouvernement avait déjà sur les bras un conflit avec Rome au sujet du prévôlde la Collégiale; le chanoine Kaiser, élu par le gouvernement, n'avait pas obtenu du saint-siége l'institution canonique. Plusieurs hommes d'État de ce canton déploraient l'aliment donné aux passions religieuses par la conférence de Baden dont las effets s'étaient fait sentir dans les élections au Grand Conseil. Au nombre des nouveaux membres figurait le fameux agitateur Ch.-L. de Haller, qu'un récent pamphlet intitulé : Satan et la Révolution, avait signalé comme un de ses coryphées à l'opinion ullramontaine.

L'agitation était encore plus vive en Argovie, où le gouvernement était entré en lutte avec l'évêque Salzmann, prélat d'ailleurs modéré et conciliant, au sujet d'une proclamation dont l'autorité civile av.iit imposé aux curés la lecture en chaire et que treize d'entre eux avaient refusé de lire. Ces ecclésiastiques ayant été frappés de destitution, révoque protesta. Les articles de Baden, le serment constitutionnel exigé du clergé et la mise sous tutelle des biens des couvents, étaient un autre sujet d'irritation. On parlait ouvertement de marcher sur Aarau. Un capucin grison, connu par son éloquence, le père Théodore Florentini, entraînait les populations des Freien-Aemler dans cette croisade contre les protestants argoviens et les radicaux catholiques qui faisaient cause commune avec les premiers. Les milices du canton ne suffisant pas pour contenir les séditieux, le gouvernement dut faire appel aux troupes zuricoises, qui s'avancèrent jusqu'à Bremgarten.

Pendant ce temps le gouvernement lucernois, résistant aux conseils du gouvernement bernois, refusait de retirer les articles de Baden et de se joindre à lui pour négocier avec le pape l'étabUssement d'un concordat; il exilait le nonce de son territoire, par décret du H mars 18ÎI6. Ce décret était rédigé de la main de Siegwart-Muller, en quaUté desous-

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