HJBTOIRK SUISSE, TOUE II
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secrétaire d'État. Ce personnage était alors l'un des chefs du parti radical et le rédacteur du journal de ce bord, intitulé la Volhzeùung, condamné par le clergé d'Uri comme anti-catholique \ Mgr de Ângeiis transférait sa résidence à Schwyz et y marquait son passage par l'introduction des jésuites, au mépris du décret rendu par la landsgemeinde de 1 758, qui défendait à tout jamais de présenter une motion tendant à l'appel de cet ordre religieux.
Dans sa lutte contre Tultramontanisme, le gouvernement lucernois avait pour lui un certain nombre d'ecclésiastiques (48 environ contre 90). Mais l'adhésion des prêtres libéraux ne faisait qu'irriter le zèle des ultramontains et du plus ardent d'entre eux, le chanoine et professeur .Schiumpf, rédacteur de la Gazette ecclésiastique (Kirchenzeitung). Le gouvernement crut faire merveille en destituant Schiumpf et en l'exilant du canton. Mais ce dernier n'était pas homme à se laisser désarçonner de cette façon et, transportant à Schwyz le centre de son activité religieuse et politique, il se vengea du libéralisme ou radicalisme lucernois en travaillant avec le nonce à la création d'un collège de jésuites dans ce canton ^
Le contre-coup de l'émotion produite par la conférence de Baden se fit sentir aussi dans le canton de Fribourg. Le gouvernement libéral de cet État, formé en 1831 de cinq anciens conseillers d'État patriciens et de huit plébéiens, dont quatre citoyens de la pastorale Gruyère (c'était la revanche de Chenaux), s'était brouillé avec le parti ultramontain, le jour où Ton avait refusé le droit de siéger dans la Constituante k l'évêque Yenny, élu par le district de Rue. La suppression, en 1835, de la fêle commémorative de Villmergen, rétablie par ce prélat en 1817, n'avait pas réconcilié ce dernier avec le nouveau régime. La création d'une école moyenne centrale, soustraite à l'autorité épiscopale en ce qui concernait le choix des livres et des professeurs, avait consommé la scission à laquelle travaillaient depuis longtemps les carlistes français, qui rédigeaieirt le Véridique avec quelques jésuites du collège Saint-Michel. L'expulsion d'un de ces derniers, le père Ferrand, coupable d'avoir, du haut de la chaire, déclaré la souveraineté du peuple un principe protes-
* Siegwart-Muller, Ratlisherr Leu von Ebersol^ der Kampf gunschen Bechi tmd GetDalt, Altdorf, 18G3. Le premier volume de cet ouvrage a 1133 pages et renferme, en dépit de ses réticences calculées, beaucoup de choses instructives.
' Joseph Imhof, Professer der katholischen Théologie, Die Jestdien in Luterti^ St-6allen, Scheitlinund Zollikofer, zweite Auflage, 1848, 12 et suivants. L'auteur de cet écrit, facile à reconnaître sous ce pseudonyme transparent pour quiconque connaît Lucerne, n^était autre que Bourcard Leu, le savant et courageux prévôt de la collégiale et professeur de théologie au lycée de Lucerne.
tant, avait contribué à exalter les esprits. Averti par les élections de 1834, qui avaient déjà fait subir une modification notable au Grand Conseil nommé en 1831, le Conseild'État s'abstint prudemment de toute participation à la conférence de Baden. Mais la neutralité du gouvernement fut taxée de connivence secrète par les hommes de la sacristie ; ils se liguèrent avec l'aristocratie déchue, aux élections de 1836, qui se firent, comme celles de 1834, sous l'influence de Mgr Yenny. Le nonce de Angelis félicitait le prélat de ses victoires signalées sur les ennemis de rÉglise, par lettres du 22 mai 1834 et du 18 juin 1836.
Ces félicitations étaient d'autant plus à leur place que, dans la séance du 31 mai, le Grand Conseil renouvelé avait adopté, par 39 voix contre 10, la proposition qui lui avait été adressée par l'évêque, de faire une déclaration publique d'improbation à l'endroit des articles de Baden. Parmi les orateurs qui avaiept tonné contre la conférence, on avait vu avec surprise l'ancien avoyer Charles Schaller, qui depuis quatorze ans représentait son canton à la Diète fédérale comme premier ou second député. L'argumentation de cet homme d'État, aussi adroit qu'éloquent, consistait à dire que les gouvernements n'avaient pas le droit de régler les affaires religieuses sans le concours du clergé et que l'opinion, cetle reine du monde, condamnait les articles en question. Mais en dépit de son respect pour l'opinion dominante, Schaller, abandonné par les libéraux, et auquel les ultramontains préféraient un des leurs, ne fut pas réélu les années suivantes à la Diète, où il fut remplacé par l'ancien colonel de la garde suisse Philippe de Maillardoz, un des modérés de ce parti.
La question de la réforme du Pacte n'avait pas été enterrée par le rejet du pacte Rossi. Elle revenait de temps en temps sur le tapis, au sein de la Diète, convaincue de plus en plus de l'impossibilité de marcher avec le Pacte suranné de 1815. Dans l'été de 1834, une grande commission de 14 membres avait été nommée pour s'occuper de la chose. Mais sur ces 14 députés, cinq seulement, Melchior Hirzel de Zurich, Casimir Pfyffer, Kern de Thurgovie, Baumgartner, Zschokke, se prononcèrent pour un changement dans le mode de composition de la Diète et dans le sens d'une représentation proportionnelle à la population des cantons. Tous les autres États, dont l'avoyer Schaller de Fribourg se fît l'interprète, pensaient que la Suisse étant une « Confédération formée par l'adhésion successive de pays libres et indé- < pendants les uns des autres, on ne pouvait raisonnablement exiger « qu'ils renonçassent à la conséquence naturelle et légitime de cette « indépendance, Yégalité dans les chaires communes. Il serait, » ajoutait